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«Parfaites»: dans l’intimité de l’équipe canadienne de nage synchronisée

Malik Cocherel

2026-01-29T11:00:00Z

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Le réalisateur Jérémie Battaglia a suivi pendant de longs mois l’équipe canadienne de natation artistique dans leur quête d’une qualification olympique. Son documentaire, Parfaites, nous plonge dans un sport encore méconnu du grand public, à travers le portrait sensible d’athlètes prêtes à tous les sacrifices pour réaliser leur rêve.

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Longtemps cantonnée aux clichés et parfois tournée en dérision, la natation synchronisée — aujourd’hui appelée natation artistique — traîne une réputation injuste. Les enchaînements gracieux exécutés dans l’eau masquent l’ampleur des efforts nécessaires pour atteindre une telle précision collective. Chaque mouvement est le fruit d’heures d’entraînement, d’apnées prolongées et d’une synchronisation millimétrée. Derrière les visages maquillés des nageuses se cache ainsi une discipline d’une exigence extrême, où la recherche de la beauté chorégraphique se conjugue à une rigueur physique et mentale qui repousse les limites du corps.

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Parfaites a le mérite de mettre en lumière l’ampleur de ces efforts en nous plongeant dans l’intimité de l’équipe canadienne de natation artistique. Pendant plusieurs mois, Jérémie Battaglia a suivi la capitaine Marie-Lou Morin et ses coéquipières — Claudia Holzner, Jacqueline Simoneau, Gabriella Brisson, Rebecca Maule, Samantha Nealon, Janelle Ball et Annabelle Frappier — au plus près de leur quotidien. Entraînées d’une main de fer par leur coach, Meng Chen, les athlètes nourrissent un même rêve: décrocher une qualification pour les Jeux de Rio. Mais le chemin vers cet objectif s’annonce long et éprouvant, jalonné d’obstacles et de remises en question.

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Des espoirs déçus

Tout commence par les essais nationaux à Montréal, une étape décisive au cours de laquelle 60 nageuses sont évaluées individuellement afin de constituer le noyau dur de l’équipe. Les athlètes retenues s’envolent ensuite pour la Slovaquie, où les attend un camp d’entraînement éprouvant. L’intensité des séances met les corps et les nerfs à rude épreuve. Devant la caméra, les jeunes femmes se livrent sans détour, partageant leurs doutes, leurs moments de découragement, mais aussi les nombreuses blessures qui ont jalonné leur parcours, de la dislocation d’un genou à la commotion cérébrale.

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La tension atteint son paroxysme lors des championnats du monde, disputés à Kazan, en Russie. Malgré une performance solide, Marie-Lou Morin et les siennes doivent se contenter d’une sixième place. Ce résultat, en décalage avec leurs attentes et les sacrifices consentis, agit comme un coup de massue. Au regard des efforts accomplis jusque-là, la déception est immense, d’autant plus que la qualification pour les Jeux de Rio se trouve désormais compromise. À l’amertume s’ajoute l’incompréhension: les Canadiennes peinent à saisir les critères ayant conduit les juges à les classer derrière l’Italie et l’Espagne, et dénoncent un système de notation qui manque cruellement de clarté.

Une nageuse en eaux troubles

L’équipe est pourtant loin de baisser les bras. Les Jeux panaméricains de 2015, disputés à Toronto, servent de catalyseur et permettent de remobiliser les troupes. Cette fois, les filles s’imposent et décrochent l’or, ravivant l’espoir d’une qualification olympique. De retour à Montréal, l’entraîneuse Meng Chen n’hésite pas à repartir de zéro, en modifiant intégralement la routine afin de maximiser leurs chances d’obtenir un billet pour Rio.

L’épreuve prend une tournure plus personnelle pour Marie-Lou Morin, contrainte d’assister aux entraînements depuis le bord du bassin en raison d’une commotion cérébrale qui l’oblige à suivre un strict protocole de rétablissement. Cette mise à l’écart forcée amène la capitaine à se confier sur ses troubles alimentaires et la pression constante de devoir contrôler son poids. Un moment particulièrement touchant qui en dit long sur la force mentale nécessaire pour évoluer au plus haut niveau dans ce sport exigeant.

Parfaites à voir à Télé-Québec le dimanche 1er février à 20 h.

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