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Pannes fréquentes depuis trois ans: 135 municipalités ont contacté Hydro-Québec pour se plaindre

Photo d’archives, Agence QMI
Photo portrait de Vincent Desbiens

Vincent Desbiens

2026-05-18T04:00:00Z

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Qui sont les Québécois qui manquent le plus souvent d’électricité ? Grâce à des données inédites de l’Université de Montréal, notre Bureau d’enquête a réussi à savoir exactement quelles sont les adresses qui subissent les pires pannes. Nous présentons les témoignages de familles qui sont souvent dans le noir, d’élus exaspérés ainsi qu’une carte interactive pour consulter les endroits exacts où les pannes se produisent le plus souvent.


Pas moins de 135 élus municipaux québécois ont écrit officiellement à Hydro-Québec pour se plaindre de pannes fréquentes au cours des trois dernières années.

Alors que des milliers de villes et villages de la province sont touchés chaque année par des interruptions de courant, une demande d’accès à l’information a permis d’apprendre que plus d’une centaine d’entre eux a dénoncé la situation à la société d’État pour que changent les choses.

« Je les ai challengés à toutes les occasions que j’ai eues de leur parler, raconte le maire d’Amherst, dans les Laurentides, Jean-Guy Galipeau, qui avait adressé une lettre à Hydro-Québec en 2023. Ils sont venus faire de l’élagage par petits bouts. On voit une amélioration, mais c’est loin d’être parfait parce qu’il y avait eu un trop grand laisser-aller. »

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Pour sa part, le maire de Repentigny, Nicolas Dufour, a « talonné Hydro-Québec depuis [son] entrée en poste en 2021 » et s’est fait répéter que des changements arrivaient, sans résultats.

Il a donc décidé d’aller plus loin et de décrier les nombreuses pannes dont sont victimes ses concitoyens dans les pages du Journal en décembre dernier pour essayer de « brasser Hydro-Québec ».

« Dans les semaines suivantes, il y avait des centaines d’employés à pied d’œuvre pour élaguer et ça fait beaucoup de bien, même si tout n’est pas réglé. [...] C’est dommage d’avoir à se battre de la sorte avec une société d’État pour qu’elle effectue son travail », déplore-t-il.

Le maire de Repentigny, Nicolas Dufour, assure qu’une présence policière «plus musclée» sera assurée dans le secteur de l’école secondaire de l’Horizon jusqu’à la fin de l’année.
Le maire de Repentigny, Nicolas Dufour, assure qu’une présence policière «plus musclée» sera assurée dans le secteur de l’école secondaire de l’Horizon jusqu’à la fin de l’année. Audrey Ruel-Manseau/Agence QMI
Réseau vétuste

À leur passage, les travailleurs du réseau électrique ont appris à M. Dufour que certains équipements dans le secteur Du Boisé, le plus touché par les pannes à Repentigny, dataient de plusieurs dizaines d’années.

« Par exemple, il n’y avait aucune protection “antiécureuil” sur certains transformateurs comme on voit sur ceux qu’on installe maintenant. Ça causait des problèmes de fiabilité. »

Comme son homologue de Repentigny, le maire de Lanoraie, André Villeneuve, estime que la société d’État doit mettre les bouchées doubles pour remplacer ses vieux équipements.

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« On n’a pas suffisamment investi et il y a un problème de vétusté à la grandeur du Québec, alors on accueille favorablement les efforts d’Hydro-Québec pour y remédier. La situation ne se réglera pas avec seulement de l’élagage et de l’abattage pour améliorer la qualité du service », fait valoir celui qui fait partie des 135 élus à s’être plaint de pannes fréquentes dans sa municipalité.

Équilibre

Le directeur principal de la conception intégrée et de gestion de l’actif d’Hydro-Québec, Maxime Lajoie, entend les préoccupations des maires et mairesses et souhaite réduire le nombre de pannes.

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL
MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Il rappelle toutefois que son organisation doit maintenir un équilibre fragile entre les investissements massifs pour améliorer le réseau et le maintien de tarifs parmi les plus abordables en Amérique du Nord pour sa clientèle.

« On doit travailler avec cette contrainte-là et respecter la capacité de payer des Québécois. Quand on regarde le plan de fiabilité, on voit que des investissements sont nécessaires. Il faut simplement s’assurer qu’on fait les meilleurs gestes aux meilleurs endroits », conclut-il.

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