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Le nombre de décrocheurs a explosé en raison de la pandémie, surtout à Montréal

Photo d'archives, Agence QMI

Daphnée Dion-Viens, Agence QMI

2021-06-28T12:13:21Z

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La pandémie a fait grimper en flèche le nombre de décrocheurs dans plusieurs écoles du Québec. Au Centre de services scolaire de Montréal, ils sont même deux fois plus nombreux que l’an dernier, a appris Le Journal.

En date du 1er juin, 430 jeunes fréquentant une école du CSSDM avaient abandonné leurs études depuis la rentrée, comparativement à 209 pour l’année 2019-2020.

Ces chiffres ne tiennent pas compte des élèves qui sont partis pour des «raisons personnelles», qui sont aussi en hausse, ou encore de ceux qui n’ont pas voulu préciser le motif de leur départ.

«C’est vraiment très préoccupant, mais ça ne nous étonne pas, lance Mélanie Marsolais, directrice du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage. On voit que les jeunes sont en grande détresse.»

Encore pire

Ces chiffres ne sont que «la pointe de l’iceberg», ajoute-t-elle, puisqu’il s’agit «d’abandons scolaires officiels», comptabilisés après plusieurs semaines d’absence.

Un jeune qui va à l’école une ou deux fois par semaine ne sera pas pris en compte dans ces statistiques, même s’il est «décroché mentalement», illustre Mme Marsolais.

Au CSSDM, l’inscription d’un élève est annulée après 20 jours d’absence consécutifs. Son porte-parole Alain Perron précise toutefois qu’en matière d’abandon scolaire, «chaque cas est différent. Les raisons qui motivent l’abandon chez certains élèves sont multiples, mais nous ne pouvons écarter que la pandémie a sûrement été un facteur déterminant.»

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Ailleurs au Québec

La hausse du décrochage scolaire se fait aussi sentir ailleurs dans la province, comme en Outaouais, sur la Côte-Nord et au Lac-Saint-Jean (voir ci-bas).

Dans la région de la Capitale-Nationale, l’impact de la pandémie sur la persévérance scolaire est « flagrant », selon Valérie Lampron, directrice de Vallée Jeunesse, un organisme qui vient en aide à des jeunes ayant un parcours scolaire difficile.

La demande pour leurs services est en forte hausse. «On a accueilli plus de jeunes cette année, et malgré ça, on a une liste d’attente. C’est la première fois que je vois ça depuis que je suis ici», laisse tomber Mme Lampron, qui œuvre pour cet organisme depuis une douzaine d’années.

En cette année de pandémie, le passage à l’enseignement virtuel une journée sur deux pour une majorité d’élèves de la fin du secondaire en a découragé plusieurs, rappelle Mélanie Marsolais.

Or il est permis d’espérer que ces jeunes qui ont décroché en raison de l’école en ligne soient de retour sur les bancs d’école l’automne prochain, si le retour à la normale se concrétise. «Mais si le jeune a décroché parce qu’il est en échec et que la montagne a l’air insurmontable, ça va être plus difficile», laisse-t-elle tomber.

Nombre de jeunes qui ont abandonné l'école (quelques exemples) 

Centre de services scolaire de Montréal  

  • Au 1er juin 2021 : 430  
  • 2019-2020 : 209   

Centre de services scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais  

  • Au 1er juin 2021 : 30  
  • 2019-2020 : 13   

Centre de services scolaire de l’Estuaire (Côte-Nord)  

  • 2021 : 12 élèves  
  • 2020 : 6 élèves   

Centre de services scolaire du Lac-Saint-Jean  

  • 2020-2021 : 13  
  • 2019-2020 : 7   

Centre de services scolaire de la Côte-du-Sud (Chaudière-Appalaches)  

  • Au 1er juin 2021 : 31 élèves  
  • Juin 2020 : 19 élèves   

Centre de services scolaire des Affluents (Lanaudière)  

  • 2020-2021 : 103  
  • 2019-2020 : 72   
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