Pandémie: il est temps de penser aux jeunes


Richard Martineau
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Parmi les nombreux effets pervers de cette pandémie, il y en a un dont on parle très peu, mais qui est pourtant très important : l’accroissement des tensions entre les générations.
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Hier, à l’émission que j’anime à QUB radio, l’essayiste et journaliste Jérôme Blanchet-Gravel (qui porte un regard très critique sur la façon dont le gouvernement Legault gère la lutte à la pandémie) a effleuré le sujet.
« Depuis un an, le Québec est gouverné en fonction des personnes de 65 ans et plus, m’a-t-il dit. Ce qui est parfaitement compréhensible étant donné qu’elles sont les plus vulnérables. Mais on ne peut continuer comme ça bien longtemps. Un moment donné, va falloir dire aux gens âgés de rester chez eux, et permettre aux plus jeunes, qui sont moins à risque, de mener un semblant de vie normale... »
Oui, je sais : la question est taboue. On aborde ici un sujet délicat.
Mais reste que de plus en plus de gens se demandent pourquoi on confine les jeunes (même les jeunes du primaire !), alors que ce sont les aînés qui sont à risque.
- Écoutez l'entrevue d'Éric Duhaime au micro de Richard Martineau sur QUB radio:
OK, BOOMER ?
En France, c’est un journaliste économique qui a osé briser le silence.
Dans un texte publié dans le magazine Marianne, Denis Lafay affirme qu’il est grand temps que les gens aux cheveux blancs fassent preuve de solidarité intergénérationnelle.
« Les retraités constituent l’un des rares groupes sociaux dont les revenus directs sont immuables et traversent le tsunami sans chanceler. Ils concentrent aussi “la” population au nom de laquelle “toute” la population est sommée de renoncer, défaillir, sombrer. N’ont-ils pas la responsabilité morale de participer à l’effort de solidarité dont ils sont, aujourd’hui, les bénéficiaires ?
« Les seniors ne sont, bien sûr, pas responsables de la déflagration pandémique, et toute tentation stigmatisante exige d’être combattue. Mais ils ont la responsabilité de participer à la pacification du climat et au colmatage des brèches ouvertes avec les générations qui leur succéderont.
« Lesquelles, en plus de payer la facture climatique et environnementale en grande partie émise par leurs aînées, devront régler celle de la crise pandémique. »
LA FIN DU MUR À MUR
Rassurez-vous : il ne s’agit pas de demander aux retraités de mettre la main dans leurs poches et d’ouvrir leur portefeuille (après tout, ce n’est pas parce qu’on a les cheveux blancs qu’on est à l’aise financièrement, comme la réalité ne cesse de nous le rappeler).
Juste d’assouplir les règles de confinement pour permettre aux plus jeunes de respirer.
Citant une enquête qui affirme qu’une majorité de Français (56 %) redoute l’émergence d’un conflit intergénérationnel à la suite de cette maudite pandémie, Denis Lafay suggère aux gouvernements d’arrêter d’imposer un confinement mur à mur qui ne fait qu’exacerber les tensions et le ressentiment des jeunes envers les plus vieux, pour demander aux personnes les plus à risque (gens de 65 ans et plus en tête) de s’auto-isoler.
Comme je l’ai dit plus haut, c’est une question délicate qui est loin de faire l’unanimité.
Mais pourrait-on au moins en parler ?
Les jeunes ont fait preuve de solidarité envers les plus vieux.
Il est temps que le mouvement s’inverse.