Paiements différés: les agents de joueurs de la LNH ont d’autres stratégies pour faire réduire l’impôt des joueurs évoluant au Canada


Kevin Dubé
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Les agents de la LNH utilisent déjà des stratégies fiscales qui permettent aux joueurs de réduire l’impôt et qui sont plus intéressantes que les paiements différés, et qui font en sorte que «les équipes canadiennes deviennent plus avantageuses sur le plan fiscal que certaines équipes américaines», selon un agent de joueurs.
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La stratégie fiscale utilisée par Frank Vatrano avec les Ducks d’Anaheim n’est donc pas la meilleure pour les marchés canadiens, selon trois agents consultés.
Plusieurs joueurs qui signent dans un marché canadien utilisent une convention de retraite (CR), un régime d’épargne permettant aux joueurs de déposer des fonds qui demeurent en fiducie et qu’ils peuvent extraire lors de leur retraite, à un taux d’imposition deux fois moins élevé.
Ces fonds doivent toutefois être décaissés à l’extérieur du Canada.
«C’est un REER boosté aux stéroïdes», image un agent en riant.
«Ça vaut vraiment la peine»
Des joueurs peuvent donc y placer jusqu’à la moitié de leur salaire annuel, se sauvant ainsi partiellement d’un taux d’imposition pouvant frôler les 53%.
Cette stratégie fait en sorte que l’impact du taux d’imposition est parfois un peu exagéré parmi les arguments qui nuisent au Canada.
«On ne se le cachera pas, les équipes en Floride, à Nashville, à Vegas ou à Seattle, ça va toujours être plus avantageux. Personne ne peut battre ça. Par contre, au Canada, avec le CR, plusieurs équipes deviennent plus intéressantes sur le plan fiscal que bien d’autres marchés américains.
«Pour un joueur qui gagne 5 M$ par année, il peut placer 2,5 M$ dans son CR et être en masse capable de vivre avec l’autre 2,5 M$ brut. Ensuite, il se dit que quand il va prendre sa retraite, au lieu de payer 53% d’impôt au Québec, il va en payer entre 15% et 25% aux États-Unis. Ça vaut vraiment la peine.»
Contesté par l’ARC
Cette pratique est commune et utilisée par plusieurs athlètes et artistes qui travaillent au Canada pendant une certaine période.
Elle a notamment fait jaser dans les dernières années alors que les anciens joueurs des Blue Jays de Toronto Russell Martin et Josh Donaldson s’étaient retrouvés dans les nouvelles alors que l’Agence du revenu du Canada (ARC) remettait en doute la manière de calculer leur revenu imposable, eux qui s’étaient prévalus d’une convention de retraite.
Les deux anciens joueurs ont toutefois eu gain de cause, en décembre dernier. Une défaite aurait eu d’importantes conséquences sur le monde du sport professionnel au Canada.