Pacioretty à Montréal pour un dernier tour de piste?

Jean-Charles Lajoie
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Être ou ne pas être un Leaf de Toronto? Poser la question, c’est bien entendu répondre... ne pas être un maudit Leaf de Toronto.
Le lent mais certain déclin de Montréal et du Québec au profit de Toronto et de l’Ontario, amorcé lors de l’élection du Parti Québécois de René Lévesque en 1976, continue de nous apprendre à la dure comment mieux détester la Ville reine.
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Quand même pas banal... Montréal est passée du statut de métropole du Canada à celui de ville seconde, pleine de trous, de pauvreté, de crimes dans les rues et quoi encore.
Bref, être ou ne pas être un Leaf de Toronto. Assurément, ne pas en être un... sauf que... mépriser ou respecter les Leafs? Alors là, force est de dire: respecter les Leafs de Toronto.
Ce que j’étais incapable de faire encore il y a tout juste un an. J’ai de tout temps aimé mépriser les Leafs, sauf peut-être les quelques années où mon regretté ami Pat Burns était à la barre de l’équipe.
Mais essentiellement, pour tout ce que Toronto représente de domination économique sur Montréal depuis bientôt un demi-siècle, je ne serai jamais capable d’aimer les Leafs.
Les respecter, c’est toutefois autre chose et, dans ce cas, je me dois de m’incliner devant la courbe ascendante de l’équipe cette saison.
Craig Berube est débarqué à Toronto et plusieurs ont rigolé en se disant que la récréation venait de se terminer pour le country club de joueurs hypertalentueux mais désengagés de l’équipe.

C’était mal connaître Berube, qui fut un adversaire redoutable, chien à souhait sur la glace, mais qui n’en conserve que l’allure de tocson, avec le regard sévère.
Dans les faits, il est un coach bien de son temps, un entraîneur proche de ses joueurs. Il en impose, mais ne dépasse jamais la ligne.
Il obtient au change une valeur ajoutée de ses hommes, qui lui reconnaissent des valeurs de respect, de transparence et de justice. Berube aime le dernier de ses joueurs autant que le premier, ce qui est rarissime, mais tellement pertinent.
Je regarde aller Matthews, Marner et Nylander, et je me dis que si ça a finalement à être un jour l’année des Leafs, ça ne peut être que cette année. John Tavares joue comme s’il avait 27 ans, ce que Berube fait avec Simon Benoit est colossal. Max Pacioretty joue comme s’il voulait sauver son entraîneur de la noyade.
D’ailleurs, Max... «patio-ready or not ready»? L’ex-capitaine du Canadien est actuellement en parfaite forme physique, il a retrouvé ses jambes, lui qui n’a jamais perdu ses mains.
Ses 37 ans le tiennent loin de la gêne de ses débuts, les traumatismes des blessures majeures ont disparu. Même pas certain qu’il se rappelle la tentative d’assassinat dont il a été victime par Zdeno Chara en plein Centre Bell, ici à Montréal. Le gros bonhomme frappe fort, il patine comme le vent, il fabrique des jeux et peut toujours se fier sur un tir des ligues majeures.
Ce qui m’amène à une question que vous allez sans doute élaguer rapidement, mais je vous demande tout de même d’y réfléchir un brin: comme il ne s’agit pas de grand-chose... une entente d’une saison, deux au pis aller?
Est-ce qu’à votre avis, Kent Hughes doit tenter de le mettre sous contrat afin de meubler la profondeur chez le Canadien, en même temps de lui permettre d’y terminer sa carrière? Ma réponse est claire... s’il parvient à sortir Patrik Laine de Montréal, je rentrerais Pacioretty avec grand plaisir cet été!