Ovechkin: les deux éléments principaux derrière ses succès

Anthony Martineau
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WASHINGTON | 5 octobre 2005, Alex Ovechkin décoche, face aux Blue Jackets de Columbus, un imparable lancer sur réception (quelqu’un est surpris?) depuis l’enclave et marque son premier but dans la Ligue nationale de hockey.
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Sa célébration est belle à voir et témoigne évidemment d’un immense sentiment de joie, d’accomplissement personnel. Après tout, un premier but dans la LNH, ça n’arrive pas tous les jours!
Mais près de 20 ans et 872 buts (!) plus tard, l’attaquant russe, qui deviendra sous peu le meilleur buteur de l’histoire du circuit Bettman, est toujours aussi expressif. Toujours aussi affamé.
Ce matin, je faisais justement remarquer à l’entraîneur des Capitals, Spencer Carberry, qu’«Ovie» semblait afficher la même passion qu’à ses débuts. La réponse et le sourire du sympathique instructeur m’ont confirmé que je n’étais pas fou.
«Tu as parfaitement raison! En fait, je ne l’ai jamais vu avoir une journée où il est de mauvaise humeur lorsqu’il touche la glace. J’aimerais avoir le pouvoir d’appuyer sur un bouton pour avoir devant moi en même temps le Alex Ovechkin de sa saison recrue et le Alex Ovechkin d’aujourd’hui, à 39 ans. Parce que comme tu l’as dit, je suis certain qu’il n’y aurait aucune différence quant à son enthousiasme.
«Et c’est la même chose pour ce qui est de sa passion pour marquer des buts. Tu colles la vidéo de son premier but dans la LNH à côté de celle de son plus récent et la réaction est identique! Honnêtement, je crois fermement que cet amour pour son sport est l’une des principales raisons derrière son succès.»

Dans le vestiaire des Capitals, Pierre-Luc Dubois avait le regard pétillant en parlant de son spectaculaire coéquipier.
«De le voir dans le vestiaire et de le côtoyer chaque jour, c’est une joie. Il est tellement souriant, tellement blagueur. Il contribue à ce que l’atmosphère dans la chambre soit saine. Je le regarde jouer depuis que je suis tout petit et de pouvoir jouer avec lui, c’est juste... spécial.»
Quand j’ai rapporté les propos de Carberry et Dubois à Martin St-Louis, le coach du Canadien, qui a affronté Ovechkin en tant que joueur pendant plusieurs saisons, n’a pas hésité à abonder dans le même sens.
«Tu ne joueras pas jusqu’à 39 ans si tu n’aimes pas ce que tu fais. Tu vois tout de suite que c’est un passionné de la game. Ce qui m’impressionne de lui, c’est que quand tu regardes sa carrière, tu peux dire qu’il pouvait te battre de plein de façons. Si tu voulais jouer physique avec lui, il pouvait répondre, si tu voulais jouer de finesse, il savait aussi répliquer. C’est un gars qui a beaucoup d’outils et surtout, il sait quand les utiliser.»
«Le meilleur tireur de l’histoire»
Évidemment, ne marque pas 872 buts dans la LNH qui veut.
Parmi les «nombreux outils» d’Ovechkin, un lancer absolument formidable. Incomparable. Qu’on ne reverra peut-être plus jamais.
«Tu dois constamment savoir où il se trouve sur la glace. C’est le meilleur tireur de l’histoire!» nous lançait ce matin sans détour Alexandre Carrier, à quelques heures d’un choc contre le gros numéro huit.
Pierre-Luc Dubois est allé encore plus loin.
«Certains gars sont proclamés “légendes” après leur carrière, mais lui, c’est une légende qui joue encore! Parfois, tu le vois marquer et tu te dis que si ce tir était venu de toi, il n’aurait jamais battu le gardien, mais lui, son lancer, c’est un cadeau. Il est exceptionnel.»
Un bâton spécial... et très important
L’aspect intéressant derrière un voyage sur la route en tant que journaliste affecté au Canadien est cette possibilité de voir certaines choses et d’avoir certaines discussions que tu ne pourrais probablement jamais voir/avoir en restant à Montréal.
Parmi celles-ci, cette découverte concernant le bâton d’Ovechkin.
À 6 pieds 3 pouces, le Russe est l’un des plus grands joueurs de son équipe. Mais regardez à quel point son bâton est court comparativement à ceux de Dubois et Jacob Chychrun, par exemple.
«Alex trouve que la sensation est meilleure lorsqu’il décoche», m’a confié ce matin un membre des Capitals.

Ovechkin utilise depuis quelques mois des bâtons faits sur mesure par la compagnie Pro Stock Hockey. Il est d’ailleurs le seul joueur des Capitals à faire de même.
«Récemment, CCM et Bauer ont cessé de produire des bâtons qui respectaient ses normes en matière de confort de flexibilité. Il a donc décidé de prendre les choses en main», a ajouté cette source.
De mon point de vue, Ovechkin trouverait le moyen de marquer avec une branche d’arbre. Mais pourquoi se priver d’un confort absolu quand on est à quelques semaines de pulvériser un record du monde?