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Oui, il existe un effet Laine

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-12-11T00:00:00Z

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La direction du Canadien a pris soin de ne pas présenter Patrik Laine comme un sauveur quand elle a fait son acquisition. C’était la chose à faire. Le nouveau venu sortait du programme d’aide aux joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH), pour des motifs de santé mentale.

Laine devait se recentrer. Il fallait lui laisser le temps de retomber sur ses pattes. Malheureusement, le sort a voulu qu’une blessure à un genou subie dans un match préparatoire contre les Maple Leafs de Toronto retarde de deux mois ses débuts officiels avec le Tricolore.

Aujourd’hui, on peut dire que l’attente en valait la peine. Laine n’est peut-être pas un messie. Mais il représente un sacré beau cadeau de Noël pour les amateurs et pour ses coéquipiers.

Ce gars-là a un ascendant sur son équipe et sur la foule du Centre Bell. Montréal, que trop de joueurs et trop de gens considèrent comme la Sibérie du hockey, plaît visiblement à Laine.

C’est peut-être la ville qui lui fallait pour relancer sa carrière. Il dit ne pas mériter la grande estime qui les amateurs lui témoignent, mais ça lui fait sûrement le plus grand bien après les années difficiles qu’il a connues. Il doit se sentir renaître.

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Il s’agit là d’un effet positif que Montréal peut produire sur un joueur en mal d’affection.

Ça s’est vu dans le passé.

Le grand Frank

En 1971, le Canadien comptait plusieurs recrues dans ses rangs après avoir raté les séries pour la première fois en 22 ans l’année précédente.

À la demande expresse de Sam Pollock, Jean Béliveau avait accepté de rester une dernière année pour guider les jeunes. L’équipe se débrouillait assez bien, mais c’était l’année des Big Bad Bruins et de leurs meneurs offensifs Bobby Orr et Phil Esposito.

En janvier, Pollock fit l’acquisition de Frank Mahovlich des Red Wings de Detroit, un joueur semblable à Laine qui a été peut-être le premier joueur de la LNH à faire les manchettes pour des ennuis de santé mentale.

George «Punch» Imlach, son entraîneur précédent avec les Maple Leafs de Toronto, le soumettait à une torture psychologique constante. Tellement que Mahovlich avait été hospitalisé pour dépression nerveuse et fatigue excessive.

Le grand François, comme l’appelait Serge Savard, a connu de bons moments à Detroit, aux côtés de Gordie Howe et Alex Delvecchio. Mais c’est à Montréal qu’il a renoué avec la gloire, aidant le Canadien à remporter la coupe Stanley deux fois en quatre ans.

Nouvelle dimension

Le Canadien actuel n’en est pas là, mais pour Laine, le bonheur se trouve à Montréal. Le grand attaquant finlandais n’est pas spectaculaire comme Alex Kovalev pouvait l’être, mais il a l’œil pour le filet. Son gabarit imposant lui permet de sortir avec la rondelle le long des rampes.

Je ne sais pas comment il était avec les médias à Winnipeg et à Columbus. J’ignore si c’est nouveau chez lui, mais il dit les vraies choses.

L’avez-vous entendu pendant le premier entracte du match de lundi soir contre les Ducks d’Anaheim? Il n’a pas fait dans la dentelle en parlant de la piètre qualité du jeu des siens en première période. Il était en beau maudit!

Ça aurait été intéressant de le suivre dans le vestiaire.

Il apporte manifestement une dimension qui manquait au Tricolore depuis les départs de Carey Price et de Shea Weber.

Un quintette intéressant

Je m’en voudrais de ne pas parler aussi de Samuel Montembeault, de Nick Suzuki, de Cole Caufield et de Lane Hutson. En ajoutant Laine, on parle d’un quintette intéressant.

Montembeault a retrouvé ses repères.

Attendons encore un peu avant de dire qu’il sera le troisième gardien de l’équipe canadienne à la Confrontation des 4 nations.

Suzuki est redevenu visible à tous les matchs ou presque. Son acolyte Caufield remplit le filet et on n’a encore rien vu avec Hutson.

Ça devrait nous aider à passer l’hiver, dans l’attente de jours meilleurs.

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