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Où placer son argent en pleine crise?

Photo portrait de Michel Girard

Michel Girard

2020-10-03T04:00:00Z

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Devant la menace d’une deuxième vague de COVID-19, nous traversons une période économique hautement risquée et il est très difficile de choisir des placements appropriés en fonction de nos besoins financiers et, surtout, de notre degré de tolérance au risque.

• À lire aussi: Protégez votre argent contre la COVID-19

 Les épargnants sont actuellement pris en souricière entre des « placements conservateurs » qui ne rapportent presque rien et des « placements potentiellement lucratifs » qui risquent de foirer.

Que faire ? Placer son épargne sous le matelas en attendant que les taux d’intérêt grimpent ? Geler ses économies dans des dépôts à terme qui rapportent moins de 1 % de rendement ? Ou investir son argent en Bourse dans des fonds communs et des portefeuilles d’actions en sachant pertinemment qu’ils peuvent fondre substantiellement ?

Tout un dilemme, j’en conviens !

Concrètement, voici ce que le monde du placement nous offre ces temps-ci.

LES PLACEMENTS CONSERVATEURS

Sachez qu’en laissant traîner vos épargnes dans les comptes bancaires, ça ne vous rapportera pas une « cenne » ou presque. Pour les dépôts d’un an ? Autour de 0,5 %.

Pour leur part, les obligations offertes par Épargne Placements Québec sont un peu plus « payantes » que les certificats de placement garanti (CPG) des banques et des caisses Desjardins. L’obligation à taux fixe d’un an rapporte 0,85 %. Et si l’épargne est placée dans les REER, FEER, CRI ou FRV, les clients recevront une bonification de 1 % la première année, ce qui porte le rendement de l’an 1 du placement à 1,85 %.

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Je vous rappelle que les « Credit Union » de l’Ouest canadien sont nettement plus généreuses que Desjardins et nos grandes banques canadiennes.

Pour un placement garanti d’un terme d’un an, Accelerate Financial offre présentement 1,6 %, Implicity Financial 1,4 %, Achieva Financial 1,65 %, Outlook Financial 1,6 % et Cambrian 1,5 %. Pour en savoir davantage sur ces placements, je vous invite à consulter leurs sites internet respectifs.

LE MARCHÉ OBLIGATAIRE

Le marché des obligations négociables a enregistré depuis le début de l’année une performance remarquable.

En date du 30 septembre dernier, les principaux indices obligataires canadiens affichaient des gains étonnants, soit 8 % pour l’indice Obligations univers, un gros 11 % pour l’indice Obligations à long terme, et même du 11 % pour l’indice Obligations à rendement réel.

La remarquable performance du marché obligataire est attribuable à la baisse marquée du taux directeur de la Banque du Canada, laquelle a entraîné une chute généralisée des taux d’intérêt. Il faut garder en tête que la valeur marchande des obligations négociables grimpe lorsque les taux baissent et vice-versa.

Le problème ? Il est aujourd’hui risqué d’investir dans le marché obligataire, car les taux d’intérêt sont historiquement à leur plus bas niveau. Par conséquent, les taux ne peuvent qu’augmenter éventuellement, ce qui exercera une pression à la baisse sur la valeur marchande des obligations.

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LE MARCHÉ BOURSIER

Un petit conseil : si vous voulez investir en Bourse, soit directement dans l’achat d’actions ou d’indices boursiers (fonds négociés en Bourse), soit indirectement par l’entremise des fonds communs d’actions et équilibrés, je vous conseille d’échelonner vos investissements sur plusieurs trimestres. Simple question de protéger votre portefeuille en cas de sévère correction boursière.

Depuis le début de l’année, je vous rappelle qu’on a atteint des records historiques en février, lesquels ont été suivis d’une magistrale déconfiture de 30 à 40 % en mars. Par la suite, on a profité d’une solide reprise haussière. Et depuis un mois, une correction ébranle de nouveau la confiance des investisseurs.

Quoi qu’il en soit, nombre de facteurs soulèvent des inquiétudes en Bourse par les temps qui courent.  

  • Qui, de Donald Trump ou Joe Biden, gagnera la prochaine présidentielle américaine ?  
  • La deuxième vague de COVID-19 causera-t-elle autant de dommages à nos économies respectives que la première ?  
  • Les Bourses canadienne et américaine sont présentement surévaluées par rapport à la moyenne des ratios cours/bénéfices des 10 dernières années.  
  • Le surendettement des divers gouvernements à travers le monde ne risque-t-il pas de déstabiliser l’économie mondiale ?  
  • Imprimer de l’argent pour permettre aux gouvernements de se surendetter par-dessus la tête, est-ce vraiment sécuritaire de la part des banques centrales comme la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ?  
  • Le grand nombre d’entreprises en difficultés financières génère de lourdes pertes pour les institutions bancaires.    

L’aversion au risque a nettement ressurgi ces dernières semaines. Et cela risque de s’amplifier d’ici le 3 novembre prochain, jour J de la présidentielle américaine. 

RENDEMENT DES INDICES FINANCIERS
AU 30 SEPTEMBRE 2020

Indices À date 1 an 3 ans 5 ans 10 ans
S&P/TSX -3,1 0 4,3 7,2 5,8
S&P 500 8,5 16,0 14,8 14,1 16,7
MSCI Monde 4,8 11,4 10,1 10,4 12,3
MSCI Europe -6,1 0,1 1,6 4,2 7,0
MSCI Pacifique -1,2 3,5 5,1 7,2 8,2
Marchés émergents 1,8 11,5 4,7 8,9 5,2
Obligations univers 8,0 7,1 6,1 4,3 4,4
Obligations long terme 11,0 8,9 9,7 6,9 6,8

 Tous les rendements sont en dollars canadiens. Source : Aubin Actuaire Conseil

Bonne chance dans vos placements !

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