La condamnation de Michael Spavor secoue la classe politique canadienne
Raphaël Pirro
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La condamnation à 11 ans de pénitencier pour l’homme d’affaires canadien Michael Spavor par la justice chinoise a provoqué de vives réactions à Ottawa, tant au niveau du gouvernement que du côté des oppositions.
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Erin O’Toole, le leader conservateur, juge «inacceptable» la décision de la justice chinoise, et a déploré que la Chine se «serve d’un de nos citoyens pour une manœuvre diplomatique».
«Le Canada est une plus petite nation [que la Chine] au niveau économique et démographique, mais nous sommes un géant lorsqu’il en vient à nos valeurs, et nous devons nous lever», a-t-il lancé lors d’un point de presse mardi matin.

La sortie du chef conservateur arrivait au moment où Marc Garneau, ministre des Affaires étrangères, tenait un point de presse lors duquel il a confirmé l’intention du gouvernement de porter la décision en appel.
De son côté, le Bloc québécois regrette la condamnation, rendue «au terme d’un simulacre de procès».
Stéphane Bergeron, porte-parole bloquiste en Affaires étrangères et Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole en Droits de la personne, ont aussi dénoncé le rejet de l’appel dans le dossier de Robert Schellenberg, un citoyen canadien condamné à mort pour trafic de drogue.
«Une telle condamnation ne peut être tolérée et aurait très certainement pu être évitée. Ces condamnations porteront grand tort aux relations entre la Chine et le Canada», ont indiqué les deux députés.
Au NPD, on juge la décision des tribunaux chinois «déchirante et inacceptable».
«Le gouvernement canadien doit utiliser tous les outils diplomatiques dont il dispose pour ramener les citoyens canadiens détenus par la Chine. C'est une priorité. Le Canada doit travailler sur le plan international avec ses alliés pour ramener les Canadiens chez eux, près de leur famille, sains et saufs», a fait savoir le parti dans une déclaration écrite.
La détention de Michael Spavor, ainsi que celle de Michael Kovrig, autre Canadien détenu depuis 2018, est perçue par le Canada et ses alliés comme relevant d’une décision arbitraire, ayant pour but de répondre à l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei.