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Ottawa confisquera 26 millions US$ à un oligarque russe, une première

Raphaël Pirro

2022-12-19T16:27:16Z
2022-12-20T03:37:45Z

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Pour la première fois, Ottawa a annoncé lundi qu’elle procédera au gel et à la confiscation de 26 millions $ américains issus d’une société «détenue ou contrôlée» par Roman Abramovitch, un des oligarques russes les plus en vue. 

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À travers son entreprise Granite Capital Holdings, M. Abramovitch deviendra le premier oligarque russe à subir le couperet des sanctions imposées par le Canada en raison de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Par communiqué, le ministère des Affaires étrangères explique que sa ministre Mélanie Joly «envisagera maintenant de présenter une demande au tribunal pour confisquer définitivement les biens au profit de la Couronne».

«S’ils sont confisqués, les recettes générées pourront être utilisées pour la reconstruction de l’Ukraine et l’indemnisation des victimes de l’invasion illégale et injustifiable du régime de Poutine», est-il indiqué.

Selon le bureau de la ministre Joly, la requête sera faite dans les 30 prochains jours devant une cour supérieure provinciale, là où les biens de M. Abramovitch seraient situés. Il a été impossible de confirmer dans quelle province les biens étaient situés.

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Roman Abramovitch pourrait bientôt avoir de la compagnie: depuis le début de la guerre en Urkaine, le 24 février, Ottawa a imposé des sanctions similaires à plus de 1500 personnes et entités surtout russes, mais aussi ukrainiennes et bélarussiennes.

Le cas Mordashov

Malgré cette imposante liste noire, un homme d’affaires en particulier continue de passer à travers les mailles du filet canadien.

Alexei Mordashov, un proche de Vladimir Poutine considéré comme l’un des hommes les plus riches de Russie, n’est pas visé par les sanctions d’Ottawa. M. Mordashov a fait fortune dans l’acier et détient, à titre personnel ou au nom de sa famille, des intérêts dans plusieurs projets miniers au Canada, révélait le «Journal de Montréal» en mars dernier.

La position du Canada dans ce dossier détonne de celle adoptée par ses alliés, puisque l’oligarque a déjà été sanctionné par l’Union européenne et la Maison-Blanche moins d’un mois après l’invasion de l’Ukraine. Son yacht Lady M, d’une valeur de 55 millions $ américains, a été saisi par les autorités italiennes dès le début du mois de mars.

«Je n’ai absolument rien à voir avec les tensions géopolitiques actuelles et je ne comprends pas pourquoi l’UE m’a imposé des sanctions», déclarait M. Mordachov par voie de communiqué à l’époque.

Le bureau de la ministre Joly martèle que «personne n’est à l’abri», sans entrer dans le cas spécifique d’Alexei Mordashov.

«Les oligarques de Poutine sont complices de l'invasion illégale et barbare de l'Ukraine par la Russie. Le Canada ne sera pas un refuge pour leurs biens mal acquis et l'annonce d'aujourd'hui démontre notre détermination à faire en sorte que les élites de la Russie paient le prix de leur soutien au régime brutal de Poutine», a déclaré par communiqué la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

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