Osias s’est battu au péril de sa santé
Il a retardé un traitement médical


Dave Lévesque
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Imaginez une passion si dévorante qu’elle vous pousse à laisser de côté une recommandation de votre médecin. C’est ce qu’est la boxe pour Terry Osias.
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Le Longueuillois continue de se remettre de sa défaite par mise hors de combat contre Jean Pascal samedi dernier, mais il doit maintenant recommencer à penser à sa santé.
«Je reviens de loin, j’ai été atteint d’un lymphome en début 2023. J’ai dû faire un traitement de chimiothérapie jusqu’en août 2023. J’ai eu besoin de six mois pour me remettre en forme», rappelle-t-il lors d’une visioconférence.
Même s’il va bien, il n’est pas encore entièrement sorti du bois et il va devoir retourner faire un tour dans l’engrenage du système de la santé.
Autre traitement
«Malgré que mon combat [contre le cancer] était fini et que j’étais en rémission, mon oncologue m’avait imposé un autre traitement pour m’assurer que ça ne revienne pas. Je ne pouvais pas mettre ma carrière sur la glace aussi longtemps», a-t-il plaidé.
Il a donc tenté sa chance en reportant le traitement afin de se préparer à affronter Jean Pascal le week-end dernier. C’était un saut dans le vide face à la vie en quelque sorte.
«De faire ce pari sur moi, c’est ce qui fait mal», souffle-t-il en faisant allusion à la défaite subie au Colisée de Laval.
«Je suis tombé, mais ce n’est pas la première fois et je vais me relever», assure-t-il.
Un mois à l’hôpital
Dès vendredi, Osias va reprendre le combat contre son adversaire invisible afin de s’assurer qu’il ne revienne pas pour un affrontement revanche.
«Je commence par des examens d’ici deux semaines et je vais avoir un mois intense à l’hôpital enfermé dans une salle stérile pour faire un traitement choc. C’est comme un camp d’entraînement et j’aurais aimé le faire avec une ceinture à la taille, mais c’est partie remise.»
D’ici à ce qu’il entre à l’hôpital, il va s’occuper l’esprit comme il sait bien le faire.
«Je vais continuer à travailler à mon gym. Je veux aussi faire quelque chose pour la cause, peut-être amasser des fonds. Je voudrais m’attacher à une cause pour le cancer.»
Être seul
À travers l’épreuve qu’il a vécue, Terry Osias se dit qu’il n’était pas seul même si l’on n’est jamais complètement accompagné.
«Vivre ça seul, ça doit faire mal. J’étais bien entouré par ma famille et mes amis. Mais à la fin de la journée, quand tu te couches, tu vis ça seul, comme à la boxe.»
Heureusement, il a la tête dure et une détermination à toute épreuve, laquelle est stimulée par son désir de boxer et de le faire un jour pour un titre mondial.
«J’ai refusé d’être malade. J’avais un objectif en tête d’être champion du monde et ça m’a gardé concentré sur la tâche.»
Il est depuis animé par une résilience implacable qui est devenue son moteur.
«J’ai failli mourir, il y a eu un changement de mentalité chez moi depuis ce cancer.»