Opération «Furie épique» en Iran: «La vraie situation va se passer au sol», soutient un ancien colonel de l'armée canadienne

Samuel Roberge
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Les dommages causés par les frappes israélo-américaines menées lors des cinq premiers jours de l’opération en Iran sont substantiels, mais il ne suffit pas de décapiter un régime pour qu’il tombe, rappellent des experts militaires.
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« Il va y avoir probablement un chaos qui va s’installer et l’envoi de troupes, ça va devenir problématique », explique Pierre St-Cyr, colonel à la retraite des Forces armées canadiennes (FAC), en entrevue à l’émission de Mario Dumont, jeudi.
« La vraie situation va se passer au sol », ajoute-t-il.
Les succès des frappes menées par les troupes américaines et israéliennes en Iran restent néanmoins « évidents », notamment avec l’élimination de nombreux hauts responsables iraniens, dont le chef suprême de la République islamique, Ali Khamenei.
"100 Hours" of Operation Epic Fury. pic.twitter.com/XW5ZnRAJJL
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 4, 2026
« L’aviation iranienne est anéantie. Les défenses antiaériennes, les radars qui sont utilisés pour la défense antiaérienne, ainsi que les systèmes et les missiles sont très diminués », indique le colonel St-Cyr.
Or, il reste à savoir si une intervention avec des troupes au sol sera nécessaire.
« Si c’est le cas, ça peut être différent parce que les Gardiens de la révolution en Iran, c’est quand même une organisation qui est relativement puissante. Et les forces armées iraniennes aussi [...] sont une force militaire assez puissante, souligne l’ancien militaire. Donc, c’est un autre domaine, on parle d’autres défis puis actuellement ce n’est pas vraiment évident d’avoir une idée très claire de ce qui pourrait se passer. »

Selon ce que soutient le professeur de science politique à l’Université de Chicago, Robert Page, spécialisé dans les questions de sécurité, éliminer la tête d’un régime n’est pas synonyme d’éliminer le régime lui-même.
« L’histoire suggère le contraire. La puissance aérienne est extraordinairement efficace pour détruire des infrastructures et éliminer des individus. Elle est beaucoup moins fiable comme outil pour remodeler des systèmes politiques », a-t-il mentionné dans une entrevue avec le média Vox, citée dans une chronique militaire du major général australien à la retraite et stratège militaire Mick Ryan.
« Il n’y a jamais eu d’opérations de changement de régime réussies menées uniquement par voie aérienne », a rappelé le professeur Page.
De son côté, Donald Trump ne s’est pas objecté catégoriquement à l’envoi de soldats américains sur le sol iranien. Il s’est d’ailleurs dit prêt à le faire « si c’était nécessaire », mais une telle décision pourrait être difficile à avaler pour les Américains après les traumatismes laissés par des années de guerre en Irak et en Afghanistan.