Voici la raison pour laquelle la Floride sera de plus en plus ravagée par les ouragans


Gabriel Ouimet
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Connaissez-vous les ondes de tempête? Ce phénomène, appelé à s’intensifier à cause des changements climatiques, est à l’origine des inondations et des dommages survenus lors du passage de l’ouragan Helene en Floride. On vous explique pourquoi la destination prisée des vacanciers québécois continuera d’y goûter dans les années à venir.
Quand un ouragan s’approche d’une côte, les vents et la pression atmosphérique compriment l’eau de l’océan et la poussent vers la terre. C’est ce qu’on appelle l’onde de tempête.
Large de près de 600 km avec des vents soufflant à 225 km/h au moment de toucher terre en Floride, jeudi soir, Helene était propice à la création d’une onde de tempête particulièrement dangereuse.

«Plus les vents de l’ouragan sont forts et plus il est large, plus il y a de danger que l’onde de tempête soit importante et qu’elle provoque des inondations, surtout quand le niveau du sol est aussi bas que dans les zones touchées en Floride», explique le spécialiste en simulations et analyses climatiques chez Ouranos, Christopher McCray.
Dans ce contexte, six villes côtières de la Floride ont subi des ondes de tempête exceptionnelles, battant les records établis l’an dernier lors du passage de l’ouragan Idalia.

Le niveau de l’eau s’est élevé à plus de 15 pi (environ 4,5 m) au-dessus du niveau du sol dans certaines zones de la région de Big Bend, selon le National Hurricane Center.
La baie de Tampa a également été inondée par une onde de tempête massive qui a fait monter l’eau jusqu’aux greniers à plusieurs endroits, rapporte CBS News.
Un décompte effectué par CNN indique qu’au moins 15 personnes sont mortes en Floride depuis jeudi, dont plusieurs noyées.
Le réchauffement climatique en cause
Les villes qui bordent le golfe du Mexique, dont celles de la grande région de la baie de Tampa, qui est prisée des Québécois, sont particulièrement susceptibles de subir les dommages causés par des ouragans intenses comme Helene, explique Christopher McCray.
«Plus les océans se réchauffent, plus elles vont fournir l’énergie dont se nourrissent les ouragans. C’est ce qui s’est produit avec Helene. La température de l’eau dans le golfe du Mexique était particulièrement chaude, ce qui explique que l’ouragan s’est intensifié très rapidement», souligne-t-il.
L’année dernière, la température de l’eau en surface du golfe du Mexique a atteint un record de 88 degrés Fahrenheit (environ 31 degrés Celsius).

Depuis 2010, le golfe du Mexique a aussi connu une élévation du niveau de la mer deux fois plus rapide que la moyenne mondiale.
Comme la température et le niveau de l’eau sont deux des facteurs qui influencent le plus l’intensité des ouragans, ils seront plus nombreux à frapper avec une force semblable à celle d’Helene à l’avenir.
«On ne se sait pas s’il y aura plus d’ouragans, mais on sait que la proportion des ouragans de catégorie 3, 4 et 5 va augmenter. Il faudra donc repenser aux endroits où l’on construit nos villes et nos maisons, particulièrement aux États-Unis», indique Christopher McCray.