On vous a menti: aucun défenseur du CH n’a un meilleur différentiel que Lane Hutson

Nicolas Cloutier
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Les plus grands détracteurs de la recrue Lane Hutson – ils sont de moins en moins nombreux, mais tenaces – se font un malin plaisir de rappeler une statistique quand on s’émerveille devant les prouesses du défenseur, l’un des favoris dans la course au trophée Calder de cette saison.
Ils brandiront rapidement sa fiche de -14, de loin la pire chez les défenseurs du Canadien de Montréal. Cette donnée, vous diront-ils, illustre les importantes carences dans le jeu sans la rondelle de Hutson, carences qui en font un joueur surévalué, gonflé à l’hélium par le marché montréalais.
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Il s’agit plutôt d’une énième raison de jeter une fois pour toutes à la poubelle cette statistique trop imparfaite et fragmentaire qu’est le différentiel.
En faisant des recherches plus approfondies, on constate que Hutson a en fait le meilleur différentiel chez les défenseurs du CH. Pas le pire.
Encore faut-il calculer le différentiel de façon rationnelle et intuitive.
Comptons comme du monde
Le différentiel tel qu’il est calculé par la LNH comprend des absurdités sans borne. La pire: les buts dans un filet désert. Quand Martin St-Louis retire son gardien à la faveur d’un sixième joueur en guise de désespoir pour créer l’égalité en fin de match, il déploie systématiquement Hutson sur la patinoire.
C’est un énorme vote de confiance. C’est vers lui qu’on se tourne pour faire la différence. Or, Hutson s’en retrouve pénalisé. Chaque but encaissé par son équipe lorsqu’elle a retiré son gardien est calculé dans son différentiel. Une flagrante injustice.
Le Canadien a accordé 12 buts dans un filet désert cette saison. Pour chacun de ces 12 buts, Hutson avait été envoyé sur la patinoire pour créer l’étincelle dont l’équipe avait besoin.
Si l’on retranche ces 12 buts de son différentiel, Hutson tombe à -2. Les deux buts restants ont été inscrits en prolongation, à 3 contre 3, lorsqu’il était sur la glace.
Le différentiel n’est pas une si mauvaise statistique si on le calcule avec un tant soit peu de gros bon sens, par exemple, en le comptabilisant à 5 contre 5, la situation de jeu la plus fréquente dans un match de la LNH.
Au 1er rang
À 5 contre 5, Hutson a un différentiel de... 0, bon pour le premier rang chez les défenseurs du CH, devant Kaiden Guhle (-4), Arber Xhekaj (-8), Jayden Struble (-8), Alexandre Carrier (-10), David Savard (-12) et Mike Matheson (-14), selon MoneyPuck.
Tout cela en tant que recrue de 21 ans, du haut de ses 5 pieds et 9 pouces et en jouant en moyenne 22 minutes et demie par match, ce qui l’amène forcément à croiser le fer avec les meilleurs joueurs adverses.
Quand on y voit de plus près, la statistique de prédilection des détracteurs de Hutson repose sur des bases très fragiles.