On va tous s’appauvrir avec cette guerre tarifaire lancée par Trump
C'est plus de 9000 milliards de dollars américains en Bourse qui se sont envolés depuis l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier dernier

Michel Girard
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Après deux années de fortes hausses boursières où la Bourse américaine bondissait de 58 %, tout en se négociant à des ratios cours/bénéfices très élevés, il a fallu le retour de Donald Trump à Washington pour dégonfler la bulle boursière.
Jeudi, lendemain du 2 avril, « Jour de la libération » décrété par Trump, et hier, les investisseurs en avaient ras-le-bol de Donald Trump et de ses fameux tarifs douaniers. Résultat : la Bourse américaine a enregistré sa pire dégelée depuis cinq ans.
Par rapport à son récent sommet historique, la Bourse américaine est solidement entrée en territoire de sévère correction.
Au creux de la séance d’hier, le principal indice de Wall Street, soit le S&P 500 de la Bourse de New York, affichait un recul de 17,2 % par rapport à son sommet.
Le populaire Dow Jones accusait pour sa part une baisse de 14,7 %.
Pire encore pour le Nasdaq. Le baromètre des titres de la haute technologie était en chute de 22,8 % par rapport à son sommet historique.
Et concernant l’indice des PME américaines, le Russell 2000, il est lui aussi tombé en marché baissier puisque son recul dépasse maintenant les 20 %. Le Russell 2000 affichait un effondrement de 27,7 % par rapport à son récent pic boursier.
C’est plus de 9000 milliards de dollars US qui se sont envolés depuis l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier dernier.
TOUT LE MONDE PASSE DANS LE TORDEUR
Étant le plus important marché boursier au monde, on va malheureusement tous s’appauvrir dans le cadre de cette guerre tarifaire déclenchée par l’incohérent Donald Trump.
Pourquoi ? Parce que tous les fonds souverains et toutes les grandes caisses de retraite (comme la Caisse de dépôt et placement du Québec, Investissement RPC, Teacher’s, Omers, etc.) détiennent des grosses positions dans les actions américaines.
Comme c’est souventes fois le cas, la chute des grands indices boursiers américains provoque inévitablement un effet domino sur les autres grandes places boursières à travers le monde. On l’a encore vu jeudi et vendredi. Alors que les grands indices américains chutaient fortement, les indices canadiens, européens et asiatiques faisaient de même.
Au creux de la débandade d’hier, le principal indice de la Bourse canadienne, le S&P/TSX de Toronto, affichait une correction de 11,2 % par rapport à son sommet.
C’EST QUOI LE PROBLÈME ?
Avec l’imposition de ses tarifs douaniers sur la presque totalité des importations de produits étrangers, Donald Trump fait croire aux Américains qu’ils sortiront grandement gagnants de la guerre tarifaire.
Si c’était vrai, les grands investisseurs de par le monde le sauraient! Et la Bourse n’aurait pas chuté le lendemain et le surlendemain du 2 avril, « Jour de la Libération ».
Si les actions des grandes sociétés américaines ont si fortement baissé c’est parce que les investisseurs anticipent des conséquences gravissimes à la suite de l’imposition des tarifs douaniers.
Après tout, ce sont les consommateurs américains qui vont devoir les payer ces fichus tarifs de plusieurs centaines de milliards de dollars.
Le prix d’un grand nombre de produits va forcément augmenter. Cela va créer de l’inflation. Les consommateurs vont devoir se serrer la ceinture. La profitabilité des entreprises va diminuer. Des mises à pied vont proliférer. L’économie va ralentir. Les États-Unis risquent même de tomber en récession.
Et du côté des 180 pays visés par les tarifs douaniers de Trump, ça risque également de les ébranler fortement en raison d’une chute de leurs exportations vers les États-Unis.
Ici au Canada, par exemple, on n’a qu’à penser aux conséquences dramatiques des tarifs américains de 25 % sur l’industrie automobile ontarienne et sur l’aluminium et l’acier que nous exportons aux États-Unis.
Pire encore, les contre-tarifs imposés sur les importations de produits américains vont eux aussi se répercuter dramatiquement sur les consommateurs de tous les pays impliqués dans la guerre tarifaire déclenchée par Trump, dont le Canada, le Mexique, la Chine, le Japon, l’Europe, etc.
LA REMISE DES PENDULES À L’HEURE
Depuis l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier dernier, la Bourse a oscillé au gré de l’humeur du président américain et de ses menaces tarifaires. Les investisseurs étaient suspendus à ses lèvres, en tentant de deviner l’ampleur des tarifs douaniers qu’ils allaient imposer.
C’est maintenant chose faite alors que mercredi soir Trump dévoilait, avec tableau à l’appui, les tarifs spécifiques visant chacun des pays qui exportent des marchandises aux États-Unis. Et les marchés boursiers ne l’ont pas digéré.
Avec un président américain aussi imprévisible que Donald Trump, les prochains trimestres s’annoncent particulièrement tumultueux en Bourse.
Il n’y en n’aura pas de facile. Les corrections ça fait partie du merveilleux monde de la Bourse. Patience oblige!
Il suffirait que Donald Trump se ramollisse le tarif, pour que Wall Street se redresse.