«On s’est barricadé avec des chaises»: voyez le témoignage angoissant d'une journaliste présente au dîner des correspondants

Yannick Beaudoin
Partager
La panique et la confusion ont régné pendant de longues minutes à l’hôtel Hilton de Washington, samedi soir, lorsqu’un individu armé a fait irruption dans la salle où se déroulait le traditionnel dîner des correspondants de la Maison-Blanche.
• À lire aussi : Le tireur du gala de Washington semblait viser de hauts responsables de l’administration Trump
• À lire aussi : Donald Trump évacué après des tirs au dîner des correspondants de la Maison-Blanche
• À lire aussi : Qui est Cole Tomas Allen, le suspect arrêté au dîner des correspondants de la Maison-Blanche ?
La journaliste Sonia Dridi, qui était présente lors de cette soirée gâchée par une tentative d’attentat, a témoigné de l’angoisse vécue par les autres convives et elle-même, en entrevue à LCN.
« Il y a eu beaucoup de peur, de confusion parce qu’on a entendu ces coups de feu. Moi, j’étais à une table qui était très proche de la porte et c’est derrière cette porte que vous avez accès à un escalier qui mène au portail de sécurité. Donc, on était vraiment assez proches », a-t-elle raconté.
« Tout de suite, on a entendu qu’il fallait se mettre à l’abri, donc on s’est mis sous les tables. [...] On s’est barricadé avec des chaises. Et en fait, à ce moment-là, dans les secondes qui suivent, moi, je pensais comme d’autres que le tireur ou les tireurs étaient dans la salle parce qu’on ne savait pas exactement », a ajouté la correspondante à la Maison-Blanche.
Kash Patel du FBI évacué derrière moi au moment où le calme revient peu à peu. pic.twitter.com/lJ4VBbQ8VT
— Sonia Dridi (@Sonia_Dridi) April 26, 2026
C’est à ce moment que Sonia Dridi et les autres personnes présentes ont vu les agents des services secrets se précipiter dans la salle pour évacuer le président et le vice-président.
« Sur le moment, on ne comprend pas tellement ce qui se passe », relate la journaliste.
« Moi, j’avais l’impression qu’ils étaient en train aussi d’essayer peut-être d’appréhender le suspect qui était entré dans la salle. Donc en effet, une certaine panique, beaucoup de confusion et le chaos, parce que cette salle de bal avec quelque 2000 invités, tous en tenue de gala. Et puis d’un coup, le chaos, la musique qui s’arrête et un silence très frappant », ajoute-t-elle.

« Panique »
La plupart des convives essayaient de se mettre à l’abri plutôt que de tenter de quitter la salle, explique Sonia Dridi
« C’était tellement confus qu’on aurait pu penser que le suspect était dans la salle [...] Il y avait une jeune fille à ma table qui était venue avec son père journaliste et elle pleurait beaucoup. Il y avait vraiment une certaine panique », témoigne-t-elle.
Une tension « extrême » a régné pendant les premières minutes en raison de la confusion, souligne la correspondante à la Maison-Blanche.
Celle-ci affirme qu’il lui a fallu une bonne demi-heure avant d’être rassurée.

« Au départ, la situation était si confuse. En plus, on savait par des informations de nos collègues [...] qui suivent le président [qu’il] était toujours dans le bâtiment, dans un couloir, gardé en sécurité, affirme la journaliste. On sentait que la situation était encore instable. Et moi, je pensais tout de suite, je me disais : c’est possible qu’il a un complice, on ne sait pas qui est dans la salle, qui a pu rentrer. »
Les personnes présentes ont ensuite dû patienter avant de savoir ce qui se passait réellement.
« Surréaliste »
Les nombreux journalistes présents ont ensuite été conviés à un point de presse, au grand étonnement de plusieurs.
« C’était une autre scène surréaliste parce qu’après un tel moment, devoir, entre guillemets, courir à la Maison-Blanche pour couvrir cette conférence de presse en tenue de gala, c’était aussi un autre moment assez étonnant », mentionne Sonia Dridi.

Par la suite, l’ambiance lors du point de presse était, elle aussi, étonnante, clame la correspondante à la Maison-Blanche.
« C’était inédit, c’était surréaliste, c’était vraiment très étonnant. Et puis autre chose étonnante, c’est que [...] Donald Trump avait un ton plutôt apaisé, notamment envers la presse. Il a tout de suite salué la présidente de l’association des correspondants de la Maison-Blanche [...] et il a parlé d’unité très tôt dans son discours. Donc on avait quand même l’impression d’un président un peu secoué, mais qui avait envie que la fête continue entre guillemets », indique Mme Dridi.
Donald Trump a par ailleurs annoncé qu’il y aura une reprise du dîner des correspondants organisée d’ici les 30 prochains jours.
Sonia Dridi compte d’ailleurs y être présente.