Centres de golf virtuel: fort engouement aux quatre coins du Québec
On peut jouer au golf sans dépenser une fortune


Mathieu Boulay
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Ce n’est pas facile de trouver un départ dans un centre de golf virtuel par les temps qui courent. En raison de l’engouement qu’on voit actuellement aux quatre coins du Québec, un joueur peut devoir attendre quelques jours avant de pouvoir frapper sur sa balle blanche sur un écran à la fine pointe de la technologie.
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Il faut comprendre que le golf virtuel et le golf extérieur sont assez différents. Tout d’abord, le joueur qui se pointe dans un centre virtuel loue son écran pour une heure, où il aura le temps de jouer au moins un 18 trous même s’il est un golfeur du dimanche.
Et le coût? Entre 30 à 70$ pour une heure de location. Bien sûr, s’il a des partenaires, la facture sera plus importante parce qu’ils auront besoin de plus de temps pour faire une ronde complète.
«Ça nous prenait une activité pour l’hiver, explique Pierre Tardif, qu’on a rencontré au centre Saison Golf de Saint-Jérôme. Ça nous permet de jouer des terrains qu’on ne pourrait pas jouer en réalité.
«On peut jouer un terrain différent toutes les fois.»

Grâce à la technologie actuelle, un joueur peut jouer sur la majorité des terrains de golf à travers le monde, mais aussi ceux du Québec.
«C’est vraiment réel, ajoute son partenaire Germain Traversy. On peut jouer sur un terrain qui est en Italie, en Suisse ou en Espagne sans payer le voyage.»
Pour 40$ par personne, les quatre résidents de Saint-Lin se réunissent de façon hebdomadaire à Saint-Jérôme pour s’amuser dans une ambiance festive.
«C’est vraiment moins cher que le golf extérieur, précise M. Tardif. L’été passé, nous sommes allés à un terrain où on a payé 97$ par personne pour notre ronde.»
Du même coup, ça leur permet de ne pas perdre la main en prévision de leur prochaine saison extérieure.
Mario Désormiers était un adepte du ski avant de connaître le golf virtuel. Il a décidé de troquer ses planches pour ses bâtons durant la saison hivernale.
«Je faisais du ski avant, mais depuis que j’ai commencé le golf virtuel, j’ai arrêté, raconte-t-il. Une journée à Mont-Tremblant, c’est rendu pas loin de 150$ sans compter tes déplacements et ta nourriture.»
Éviter les pièges
Malgré la popularité grandissante de ce sport, un investisseur ne peut pas se lancer tête baissée dans un tel projet.
Tout d’abord, bâtir un terrain virtuel nécessite un montant de 50 000$ pour un écran qui comprend les caméras et le logiciel. On peut multiplier ce montant par quatre, six ou huit selon la grandeur du local où le centre est situé.
Et on ne compte pas les montants nécessaires pour la construction d’un bar ou d’une boutique d’équipements.
«Je voulais boucler une boucle pour tous les besoins du golf, mais pas seulement pour du golf intérieur qui dure cinq mois par année, mentionne Pascal Garneau, de Golf 3R, qui compte quatre écrans.
«Il faut être créatif pour être rentable. Tu as besoin de sources de revenus complémentaires pour que ce le soit.»

Comme des champignons
Depuis la fin de la pandémie, les centres de golf virtuel ont poussé comme des champignons au Québec tellement la demande est forte. Cependant, les propriétaires actuels savent qu’ils devront éviter le piège d’une expansion trop rapide comme on le voit souvent dans le monde des affaires.
Ceux du centre Saison Golf, qui ont ouvert un nouvel emplacement à Lachute avant les Fêtes, pensent en lancer un autre dans la prochaine année si tout va bien.
«On ne veut pas saturer le marché. Il ne faut pas oublier que c’est un sport saisonnier», explique Steve St-Denis.
De la visibilité grâce à Tiger Woods, mais...
Un autre facteur pourrait permettre au golf virtuel de gagner encore plus en popularité au Québec: le lancement de la ligue de Tiger Woods et de Rory McIlroy, TGL (Tomorrow’s Golf League), dans les derniers jours en Floride.
Woods et McIIroy, deux figures populaires du monde de la PGA, ont investi plusieurs millions de dollars pour mettre ce circuit par équipe sur pieds. Les affrontements sont présentés à Palm Beach Gardens dans un amphithéâtre bâti spécialement pour accueillir un simulateur de grandeur IMAX.
La présence des deux joueurs de la PGA apporte une visibilité et une crédibilité que ce sport n’a jamais eues auparavant. Dans le passé, alors que la technologie n’était pas très avancée, cette discipline était plutôt marginale.
Est-ce que la création de la TGL, avec la notoriété de Woods et de McIIlroy, pourrait avoir un impact jusqu’au Québec? Pas vraiment.
«Je ne sais pas qu’il y a un lien entre la popularité du golf avec l’arrivée de Tiger Woods dans le paysage», mentionne Pascal Garneau de Golf 3R. Ce qu’ils ont fait avec la TGL, c’est complètement fou.
«C’est un nouveau sport qu’ils ont créé. J’étais sceptique, mais il y a un engouement important.»
Même son de cloche chez un autre propriétaire d’un centre de golf virtuel.

«Je ne crois pas que la présence de Tiger Woods aura un impact sur la popularité du sport, ajoute Philippe Foliot, de L’oiseau à Saint-Sauveur. Ça fait plusieurs années qu’on voit une croissance un peu partout.
«Est-ce que la TGL a été créée en raison de cet engouement pour le golf intérieur? Je pense que c’est vraiment de pouvoir jouer durant l’hiver qui est le gros facteur.»
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