«On paie tous collectivement pour des choses comme ça»: la hausse des incendies criminels de voitures en 2025 devrait tous nous préoccuper, selon un ex-policier
Pas moins de 105 véhicules ont été incendiés à Montréal du 1er janvier au 30 septembre 2025

Marianne Lafleur
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Les incendies criminels de véhicules ont bondi à Montréal en 2025, selon les récentes données policières sur cette méthode d’intimidation prisée par le crime organisé pour faire passer des messages.
Du 1er janvier 2025 au 30 septembre 2025, 105 véhicules ont été la proie de flammes criminelles, une augmentation de 23,5% par rapport à 2024, selon les données obtenues du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Ces crimes sont en constante hausse depuis 2020 où on en comptait 56 pour la même période, soit une augmentation de 87,5% en cinq ans.

Selon André Gélinas, enquêteur retraité du SPVM spécialisé dans le crime organisé, ces incendies sont rarement des gestes isolés.
«Généralement, c’est vu comme de l’intimidation pour [faire] passer un message si vous avez contracté une dette ou que vous êtes en conflit avec quelqu’un», explique-t-il.
Récents événements
Les événements récents semblent confirmer la tendance en hausse. Dans les derniers jours, plusieurs incendies criminels ont retenu l’attention.
Un véhicule a été incendié criminellement dans le secteur de Pointe-aux-Trembles dans la nuit de vendredi à samedi vers 4 h.
Une semaine plus tôt, ce sont sept véhicules qui ont été incendiés criminellement dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies.

La voiture est un choix prisé par les criminels, puisqu’elle est facile d’accès et comporte peu de risques pour la vie, soutient M. Gélinas.
Facteurs possibles
Bien que l’hypothèse la plus probable soit des menaces provenant du crime organisé, M. Gélinas précise que d’autres facteurs sont également possibles.
Il énumère la présence d’un pyromane qui pourrait s’amuser à brûler des voitures ou l’incendie volontaire d’un véhicule par des individus qui tentent d’obtenir ainsi de l’argent de leur compagnie d’assurance.

Des victimes innocentes pourraient aussi avoir été ciblées par erreur ou malgré elles.
«Vous pouvez aussi avoir un commerce qui est légitime, mais qui compétitionne quelqu’un qui est relié au crime organisé et ils veulent vous faire comprendre que vous n’êtes pas le bienvenu», explique-t-il.
Bien que les suspects puissent être arrêtés et accusés, le plus important pour les policiers est de tenter de remonter au commanditaire pour régler la source du problème.
Hausse des assurances?
Selon Louis Cyr, courtier en assurances, cette hausse marquée d’incendies criminels de véhicules ne devrait pas influencer le prix des assurances pour tout le monde.
«C’est une question de risque moral, dans le sens où lorsqu’on trempe dans [des] affaires criminelles, on est victime d’actes criminels», affirme-t-il.

Il explique que les assureurs font preuve d’assez de discernement pour ne pas «mettre tout le monde dans le même panier».
M. Gélinas n’est toutefois pas du même avis: «Il y a une analyse du risque avec chaque personne, mais on paie tous collectivement pour des choses comme ça».
En général, il croit que ce qui se passe au sein du crime organisé devrait être l’affaire de tous et qu’il est faux d’affirmer que si on ne se mêle pas aux activités criminelles, il n’y aura aucune conséquence.
Il donne en exemple la commission Charbonneau et les récents cas d’extorsion dans les restaurants où de nombreux innocents ont fait les frais d’actes criminels.
Nombre d’incendies criminels de véhicules par année du 1er janvier au 30 septembre
2025: 105
2024: 85
2023: 90
2022: 87
2021: 57
2020: 56