«On paie 2$ et on revend 45$»: quand fouiller chez Renaissance devient un métier

Axel Tardieu
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Motivés par l’inflation galopante et les réseaux sociaux, des Québécois se ruent dans des centres de liquidation de Renaissance, où les vêtements de seconde main sont vendus au poids, afin de les revendre à profit.
«Ça nous coûte 2,25$ et on va la revendre 17$», lance Megan Desilets en brandissant une jupe Zara tout juste sortie d’un bac.
«On paie ça 2,40$ et on la mettra à 40 ou 45$ parce que c’est GAP», ajoute Morgane Julliand en montrant un autre article. Elles avouent réussir à faire une bonne marge.
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Ces deux Québécoises font un métier de plus en plus répandu: elles achètent des vêtements de seconde main pour les revendre à des magasins ou sur internet.
Depuis trois ans, elles s’investissent à temps plein dans leur entreprise Pépites de fripe et l’entrepôt Renaissance à côté de l’aéroport de Montréal est leur principale source d’approvisionnement.
Dans ce magasin de liquidation ouvert à tous, il est possible d'acheter au poids tous les vêtements qui sont restés dans les friperies Renaissance pendant plus d’un mois sans trouver preneur.
C’est l’endroit de la dernière chance, qui permet à Renaissance de détruire seulement 1% des vêtements qu'ils reçoivent en dons.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
300$ pour quatre gros sacs
Chaque semaine, Morgane Julliand, 30 ans, et Megan Désilets, 25 ans, y passent une journée de huit heures pour trouver des pépites à revendre.
«On cherche des draps pour une compagnie qui fait des robes avec des draps vintage et des vêtements taille plus pour une friperie taille plus», dit Mégane Désilets lors de notre rencontre.

En une journée, elles peuvent dépenser 300$ et repartent avec quatre gros sacs bien remplis. «Ça vaut la peine», assure-t-elle.
Il leur faut beaucoup de patience pour trouver des bonnes affaires dans cette salle sans fenêtres à fouiller dans des grands bacs bleus.
«On se sacrifie pour la cause [offrir une seconde vie aux vêtements] parce que les gens ne veulent pas venir ici», dit Morgane Julliand.
Porter des gants est d’ailleurs essentiel, selon elles: «On a déjà trouvé des culottes pas lavées.»
L'ambiance n’est pas familiale et ressemble parfois à une jungle où c’est chacun pour soi, disent-elles.
«Ce n'est pas tout le monde qui est agréable. Les gens prennent ça à cœur de trouver des choses. C'est très compétitif», déplore Megan Désilets.
«Un jour, quelqu'un m'a griffée», rajoute Morgane Julliand.
La liquidation de seconde main en croissance
Les ventes de ce magasin de liquidation ont augmenté de 14% en trois ans grâce à des clients plus jeunes et plus nombreux, explique Marie-Claude Masson, directrice du marketing de Renaissance. Megan et Morgane ne sont pas les seules à être ici pour faire de l’argent.
«On accepte [la revente] parce que ça ne va pas être détruit. Il faut alléger les sites d'enfouissement. Le textile est la deuxième catégorie qui remplit les sites d'enfouissement», dit-elle.
Dans le monde, la production de vêtements est en hausse tout comme la tendance pour la seconde main. Résultat: Renaissance a ouvert un deuxième centre du genre dans le nord-est de Montréal, en octobre.