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«On ne s’habitue pas à la peur»: une résidente du Liban craint le pire pour son pays

Photo portrait de Dominique Plante

Dominique Plante

2024-08-01T21:22:32Z

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L’auteure franco-libanaise Caroline Torbey se trouvait dans son appartement à Beyrouth lors d’une attaque de l’Israël mardi. Elle affirme que cet événement violent accentue les tensions au pays.

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Le 30 juillet dernier, l’armée israélienne a mené une frappe sur la banlieue sud de la ville, a rapporté l’AFP. Un tir de roquette a été lancé sur un terrain de football.

Cette offensive aurait été exécutée pour riposter à celle du 27 juillet par le Hezbollah depuis le Liban, où une attaque sur le plateau du Golan avait tué 12 jeunes.

Mme Torbey n’a pas entendu les détonations mardi dernier, puisqu’elle habite près du port de la capitale libanaise, qui se trouve plus loin du site où l’explosion a eu lieu.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

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«Quand on a appris où est tombée cette explosion et les dégâts qu’elle avait provoqués, on était surpris sans vraiment l’être», raconte-t-elle en entrevue à LCN.

Elle confirme ainsi que la communauté s’y attendait. «On savait qu’il allait y avoir une riposte», ajoute la femme.

  • Écoutez l'entrevue avec Ferry de Kerckhove, ancien ambassadeur du Canada, au micro de Francis Gosselin via QUB :

Elle n’a pas vu les débris causés par l’attaque.

De plus en plus de tensions

Les tensions au sein du pays se sont intensifiées depuis les derniers mois,

«Clairement, le climat a changé donc depuis octobre [...], on est dans un climat où les Libanais sont préoccupés, on n’est pas sereins», déplore Mme Torbey.

«Depuis mardi, il y a tous les scénarios d’une guerre totale qui se profilent», ajoute-t-elle. Elle explique qu’un autre échelon a été gravi avec la frappe de mardi qui a tué un individu. Selon l’armée israélienne, cet individu était un commandant «responsable» de l’attaque meurtrière sur le plateau du Golan, a rapporté l’AFP.

La ville de Beyrouth serait presque vide depuis l’offensive, alors que Mme Torbey s’y trouve toujours. «Les gens sont partis se réfugier dans les montagnes, ou plutôt dans le Nord», précise-t-elle.

L’auteure tient à rester sur les lieux. «On a du travail, on a des obligations professionnelles», mentionne-t-elle.

Cela ne l’empêche pas de craindre pour le pire. «Il ne s’agit pas simplement d’avoir une peur pour notre pays, c’est vraiment une peur pour la région entière».

Depuis 2019, le Liban n’arrête pas de connaître des catastrophes, selon l’auteure. Après une crise économique et une explosion au port de Beyrouth, le conflit entre l’Israël et le Hamas vient aussi affecter le climat au Liban depuis le mois d’octobre 2023.

«On ne s’habitue pas à la peur, on ne s’habitue pas à vivre avec des plans B, des plans C, des plans D, on ne s’habitue pas à fuir, mais malheureusement, on est contraints à ça», déclare-t-elle.

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a demandé aux Canadiens se trouvant au Liban de quitter le pays dès que possible.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

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