Soins intensifs : «C’est vraiment difficile, on dirait qu’on a dépassé notre limite»
TVA Nouvelles
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La situation dans les hôpitaux commence à s’embourber sérieusement avec la montée des hospitalisations liées à la COVID-19, qui atteignent le chiffre de 1 294 ce lundi. Le cardiologue et intensiviste Lior Bibas qui œuvre à l’Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil, en Montérégie, le confirme : les soins intensifs à cet endroit sont complets.
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«C’est vraiment difficile, on dirait qu’on a dépassé notre limite. Présentement on travaille avec une unité de soins intensifs qui est pleine. Des étages d’hospitalisations qui sont pleins aussi. On a de la misère à faire de la place pour des patients, et ça ce n’est pas seulement les patients COVID», explique-t-il en entrevue sur LCN.
Le Dr Bibas, qui a des contacts avec des médecins partout au Québec assure que son hôpital n’est pas le seul dans cette situation.
«La même chose est vécue par la plupart des hôpitaux québécois et surtout ceux autour de Montréal. On a tous une crainte de ce qui va arriver avec le retour des vacances dans les prochaines semaines.»
Les hôpitaux doivent continuellement jongler avec les ressources disponibles afin de trouver une place pour un patient et des transferts sont aussi effectués pour soulager un hôpital trop engorgé.
«On est plein, on doit toujours essayer de naviguer et essayer de déplacer des patients afin de faire de la place. Il y a des circonstances où on a dû transférer des patients de notre urgence à des hôpitaux moins pleins afin de faire de la place pour eux. C’est vu dans la plupart des hôpitaux québécois», assure-t-il.
Comme le prévoyaient l’INESSS le 31 décembre dernier, les hôpitaux risquent de déborder d’ici trois semaines.
«Normalement, deux semaines avant qu’une grosse éclosion arrive [une montée importante des cas au niveau national] on voit les patients plus malades qui arrivent à notre urgence. J’anticipe un mi-janvier et février qui sera très lourd pour notre système de santé», conclut le cardiologue.
Il comprend que la population est habituée et fatiguée par la pandémie, et y accorde, pour certains, moins d’importance.
«On parle de la fatigue COVID et je comprends. Quand je suis aux soins intensifs, je vis la réalité de la COVID. Quand je rentre chez moi ou que je fais d’autres taches au bureau, je ressens moins la crise. C’est sûr que quelqu’un qui n’est pas exposé au système de santé va moins ressentir la crise qu’on vit. Mais il faut comprendre qu’elle est réelle, elle est là. J’ai vu plusieurs personnes décédées beaucoup plus tôt et très seules aux soins intensifs. C’est une expérience que je ne souhaiterais à personne», insiste-t-il.
Le Dr Bibas pourra être vacciné contre la COVID-19 dès vendredi, un soulagement pour ce professionnel qui travaille de près avec la maladie.
«J’encourage n’importe qui qui a la chance d’être vaccinée de le faire. Ceux qui ont des questions, posez-les. Le vaccin est sécuritaire et c’est la seule chose qui va nous faire sortir de la crise», conclut-il.