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«On a un problème dans l’organisation des soins et dans la porte d’entrée dans le système de la santé»

TVA Nouvelles

2021-10-27T00:56:33Z

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«Au Québec, on a 122 médecins omnipraticiens par 100 000 habitants. On a 800 infirmières praticiennes spécialisées», explique Régine Laurent, infirmière. «À côté, en Ontario, il y a 116 médecins omnipraticiens par 100 000 habitants, mais il y a 3500 infirmières praticiennes. Ce que je veux illustrer par là, c’est qu’on a un problème dans l’organisation des soins et dans la porte d’entrée dans le système de la santé.»

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Mme Laurent réagit à la déclaration du premier ministre François Legault, qui a signalé son intention de serrer la vis aux médecins de famille.  

«C’était dans la loi 20. C’était prévu que si on n’arrivait pas à atteindre les objectifs, donc que tout le monde ait un médecin de famille, si on trouvait qu’il y avait des médecins qui pouvaient en faire plus, il y aurait cette réduction de salaire qui pouvait aller jusqu’à 30%.»

Selon elle, la solution n'est pas de forcer les médecins de famille à prendre davantage de patients, mais plutôt de réorganiser le système de santé. 

«Pourquoi est-ce que la porte d’entrée du système doit être par un médecin?», demande-t-elle. «En Ontario, où j’ai de la famille, quand je leur dis que j’ai rendez-vous chez le médecin, ils capotent parce qu’ils pensent que je suis vraiment malade. Il y a des gens qui passent des années en étant suivis par une infirmière praticienne, et ça fonctionne. Ça libère du temps de médecin, qui lui son expertise est mise à contribution quand on a vraiment besoin d’un médecin.»

Mme Laurent prend comme exemple la clinique SABSA, située à Québec, qui a ouvert ses portes en 2014. Cette clinique est tenue par une équipe d'infirmières et d'autres intervenants, et est dirigée par Isabelle Têtu, infirmière praticienne. 

«On a mis de l’argent pour faire la démonstration que c’était possible de faire la prise en charge», dit Mme Laurent. «Cette clinique est tenue par une équipe et il y a une infirmière praticienne spécialisée. C'est une clinique sans rendez-vous, et ça va bien. Et quand il y a la nécessité de voir un médecin, Mme Têtu a un médecin partenaire auquel elle peut recommander les patients.»

Mme Laurent dit que tant qu'on ne jouera pas dans l’organisation des soins et qu’on ne mettra pas à contribution les infirmières praticiennes, on va mettre de l’argent ou des sanctions qui ne fonctionneront pas. 

«Il faut arrêter l’hospitalo-centrisme et le médicalo-centrisme dans notre système de la santé», conclut-elle. 

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