Omnium canadien: le championnat ne sortira pas de la région de Toronto
Les amateurs de golf au Québec peuvent oublier une future édition dans la Belle Province


François-David Rouleau
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HAMILTON | Ce n’est plus un secret de polichinelle. Le grand patron de Golf Canada l’avait prédit en juillet 2017 en estimant que les parcours à l’extérieur de la grande région de Toronto avaient peu de chance d’accueillir le championnat national masculin. Sept ans plus tard, les probabilités sont tombées à zéro.
Donc, les Canadiens d’un océan à l’autre, de Victoria à Halifax, à l’exception de Toronto, peuvent oublier l’idée de voir les meilleurs golfeurs au monde dans leur coin de pays.

Et ce, même si la Colombie-Britannique est la deuxième province qui dépense le plus dans le golf, selon une étude de l’Alliance nationale des associations de golf (ANAG) sur l’impact économique du golf au Canada publiée la semaine dernière. Avec des dépenses en capital s’élevant à 3,5 G$ en 2023, le Québec vient au troisième rang parmi les six régions canadiennes étudiées.
Logistique et coûts
Golf Canada énumère plusieurs arguments afin d’expliquer son enracinement dans la grande région de Toronto depuis 2015: la présence de ses grands commanditaires, de ses partenaires corporatifs, des sièges sociaux de la Ville Reine, des dépenses à déplacer un tournoi ressemblant à un mammouth à travers le pays et l’importance de pomper des revenus pour les divers programmes de l’organisme national.

La dernière fois que l’Omnium canadien est sorti de Toronto, c’était en 2014 alors qu’il était disputé à Montréal. L’évènement avait épongé des pertes de plus de 1,5 M$.
Les prochaines destinations sont déjà quasi coulées dans le béton. En 2025, le tournoi sera tenu au TPC Toronto Osprey Valley, à Caledon. Non seulement celui-ci entre dans la rotation de Golf Canada, mais il accueillerait de nombreuses éditions dans la prochaine décennie. Il est pressenti pour devenir le nouveau «Glen Abbey» qui a accueilli 30 omniums dans l’histoire depuis 1904. L’Hamilton Golf and Country Club et St George’s figurent également dans les plans de rotation de parcours capables d’accueillir un évènement aussi gros.
Indicateurs financiers
Depuis les deux éditions annulées de la pandémie, Golf Canada fait des affaires d’or avec son championnat national masculin au retour de la pandémie. Encore cette année, tous les indicateurs, dont les ventes, sont au vert. L’organisme est en voie d’encaisser des revenus records alors que près de 135 000 spectateurs auraient franchi les tourniquets, ce qui se voudrait la nouvelle marque à battre. Et ce, même si le parcours a été fermé aux spectateurs deux jours en début de semaine.
En bon politicien, Applebaum dit comprendre le sentiment des Canadiens hors de Toronto qui souhaiteraient recevoir l’élite. Toutefois, pour des raisons financières, Golf Canada restera autour de la ville la plus populeuse au pays puisque l’Omnium national représente le pain et le beurre de l’organisme.

Et ce, même si le commanditaire principal, la Banque Royale du Canada décidait de ne pas renouveler son entente avec lui. RBC met aussi son nom sur la Classique Héritage en Caroline du Sud après la semaine du Masters. Dans la nouvelle structure du PGA Tour, on raconte en coulisses que la banque réfléchit à sa stratégie. Prolongé d’une seule année en 2023, le contrat avec l’Omnium canadien est venu à échéance au terme de la ronde finale à Hamilton.
Applebaum a indiqué qu’il continuait à discuter avec son plus gros partenaire financier.
Quant à un retour au Québec, il ne ferme pas la porte pour l’Omnium féminin l’un de ces jours. Pour l’instant, l’Ottawa Hunt and Golf Club où ont été disputées les éditions 1994, 2008, 2017 et 2022 est pressenti. À proximité de la frontière provinciale, il attire le public québécois.