Omnium britannique: tout près du rêve

François-David Rouleau
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Rory McIlroy n’a pas savouré de conquête majeure depuis août 2014. Dans cette édition historique de l’Omnium britannique à St Andrews, il approche du rêve qu’il chérit depuis sa tendre enfance.
Remporter la Claret Jug en terre sacrée, celle du mythique Old Course où sont passées les légendes du sport Old Tom Morris, Bobby Jones, Jack Nicklaus et Tiger Woods, pour ne nommer que celles-là.
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Entrer dans le célèbre club des golfeurs ayant gagné la Claret Jug à St Andrews se veut l’étampe d’excellence, selon les propos de Jones et de Nicklaus.
À l’aube de la ronde finale, le Nord-Irlandais de 33 ans est installé en tête de l’Open en compagnie du jeune Norvégien Viktor Hovland.
Si les dieux du golf le veulent bien dimanche, il mettrait fin à une traversée du désert qui dure depuis huit ans. En juillet 2014, il avait soulevé la Claret Jug en menant l’Open d’un bout à l’autre à Hoylake. Un mois plus tard, il portait à bout de bras l’énorme trophée Wanamaker lors du Championnat de la PGA d’Amérique à Valhalla.
Suivre la recette
Depuis, il a souvent mordu la poussière dans les tournois du Grand Chelem. Il suffit de tourner les yeux vers ses prestations à Augusta, à l’Omnium américain et à ses trois tops 5 de suite à l’Open entre 2016 et 2018. Cette saison, il a aussi excellé dans les trois championnats majeurs sans goûter à la victoire.
«Cette fois, je me suis placé dans une excellente position après 54 trous. J’ai remporté assez de tournois de golf dans ma carrière pour savoir ce que je dois accomplir en ronde finale, a rappelé le vainqueur de 30 tournois professionnels partout dans le monde, dont quatre championnats majeurs.
«Je dois continuer à appliquer la stratégie qui m’a permis de me rendre au sommet du tableau. C’est la recette. Il faut l’appliquer pour la ronde finale. Je ne dois pas me concentrer sur le résultat, a répété le numéro deux mondial.
«Je dois être discipliné. J’essaie de jouer selon les pourcentages de réussite, a-t-il expliqué. Il faut savoir jouer intelligemment selon la position des fanions en sachant se placer à une trentaine de pieds, car la normale est excellente sur la majorité des trous. Il faut savoir attaquer aux bons moments et aux bons endroits.
«Ce sera encore ma stratégie en ronde finale.»
Celui qui compte d’ailleurs deux victoires cette saison, dont l’Omnium canadien en juin, n’entend pas sortir de sa petite bulle, car elle lui permet de rester concentré.
L’enfant adoré
Il pourrait très bien se laisser distraire par toute l’attention portée sur lui. Aux quatre coins du Old Course, il est l’enfant prodige des spectateurs et il est largement favori pour soulever la cruche britannique sur le parvis du Royal and Ancient ce soir.
«J’ai appris que rester dans mon petit cocon me permettait de mieux jouer. Si je remonte au Tournoi des Maîtres de 2011, j’étais sorti de ma bulle et de ma stratégie. J’avais dérogé au travail que j’avais accompli lors des trois premières rondes. J’avais appris une dure leçon. C’était une pilule très dure à avaler.»
Il faut rappeler que, cette année-là, à Augusta, Rory avait perdu les pédales en ronde finale. Meneur par quatre coups à l’issue de 54 trous, le désastre avait frappé par une ronde finale de 80 (+8), pavant le chemin à une consécration de Charl Schwartzel. Rory avait, quant à lui, dégringolé au 15e rang. Le veston vert manque encore et toujours à sa collection.
Autre mission
Cependant, une Claret Jug de St Andrews comblerait ses rêves les plus fous. Il a grandi en Irlande du Nord, et l’Open a toujours signifié l’excellence du golf européen. Depuis le début de la semaine, il répète qu’il souhaite savourer la victoire sur ce parcours dans une édition historique. En pleine possession de ses moyens, McIlroy livre du jeu inspiré. Une consécration devant les déserteurs ayant joint la nouvelle et controversée série LIV Golf serait aussi la cerise sur le gâteau.
Devant les enjeux auxquels fait face son sport, il en fait une affaire quasi personnelle depuis qu’il est débarqué à St Andrews.
Le travail n’est pas terminé. Rien n’est encore acquis. Aux commandes, il retrouvera son compagnon de jeu de samedi, Viktor Hovland, en ronde finale. La jeune étoile de 24 ans cherche elle aussi à accomplir un grand exploit, puisqu’aucun golfeur de Norvège, nation plutôt reconnue pour son excellence dans les sports d’hiver, n’a déjà goûté à un titre du Grand Chelem.
«Je peux compter sur mon expérience. Il faut mériter la victoire. Je l’ai fait au fil de ma carrière.»
On saura bientôt si son heure aura enfin sonné à St Andrews.