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Omnium Banque Nationale: préparer quatre raquettes en 12 minutes en plein match pour Venus Williams

Michael Ghazal, cordeur de raquettes dans le cadre de l’Omnium de tennis Banque Nationale à Montréal.
Michael Ghazal, cordeur de raquettes dans le cadre de l’Omnium de tennis Banque Nationale à Montréal. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2025-08-07T21:13:26Z

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Michael Ghazal se souvient d’avoir vu revenir l’entraîneur de Venus Williams au bureau des cordeurs, quatre raquettes à la main. C’était il y a deux ans, à l’Omnium Banque Nationale de Montréal. Pourtant, la légendaire Américaine était sur le terrain, au même moment...

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«On venait de lui préparer quatre nouvelles raquettes. Quand je l’ai vu revenir, 10 minutes plus tard, il nous a expliqué qu’il s’était trompé, il avait donné la mauvaise tension, et Venus n’avait pas aimé la sensation. Alors on lui en a cordé quatre autres. On s’est divisé les tâches. Au total, ça nous a pris 20 minutes pour les huit!»

C’est le genre d’imprévus qui ponctuent le quotidien du co-président et co-propriétaire de Tennis Giant, qui, avec son équipe, s’occupe de corder les raquettes des athlètes participant au tournoi, depuis trois ans maintenant.

De 6 h 30 à la fin des matchs – en fait, ils doivent rester jusqu’à 30 minutes après la fin de la dernière rencontre –, ils sont à pied d’œuvre tout près du salon des joueuses.

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Le Journal a rencontré M. Ghazal au milieu de la dernière semaine et déjà, ils en étaient à 650 raquettes cordées. Le record pour une seule, à ce moment? C’était 11 min 11 s.

Le petit espace où ils disposent leurs machines est impressionnant et grouillant d’activité: les cordes, les cadres disposés dans l’ordre alphabétique, la peinture pour faire les décalques des logos, et bien sûr, les machines.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Il n’y a pas que les cordes qui sont sous tension. Les cordeurs aussi (ce jeu de mots est totalement assumé).

«C’est un domaine dans lequel il n’y a pas vraiment place à l’erreur, mais tout se passe généralement bien», explique l’homme d’affaires, lui-même un ancien joueur qui cordait ses propres raquettes, chez lui, enfant.

Les employés de Tennis Giant ont un accès privilégié aux athlètes et à leur entourage. Généralement, les entraîneurs sont très au fait des besoins de leur protégée, mais il n’est pas rare qu’ils leur demandent des conseils, chaque tournoi ayant ses propres particularités.

L’altitude, l’humidité, la température, ainsi que le type de balle: tout ça entre en ligne de compte quand vient le moment de choisir la bonne tension, en plus des particularités propres au jeu de chaque athlète. Une raquette qui n’est pas cordée selon ses besoins peut rapidement faire dérailler son tennis.

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Grand passionné, Michael Ghazal a partagé avec Le Journal quelques moments forts des trois dernières années.

Le point du tournoi grâce à ses bons soins

L’an dernier, la compagnie aérienne avec laquelle voyageait le Kazakh Alexander Bublik avait égaré ses bagages. Le pauvre gars n’avait rien: pas de souliers, pas de vêtements... ni de raquettes. Mais les joueurs utilisent généralement des raquettes conçues pour eux et sont liés à des commanditaires.

«Je suis allé à notre entrepôt, chez Tennis Giant, et je lui ai trouvé des souliers, ainsi que trois raquettes qui ressemblaient aux siennes. Je les ai arrangées selon ses spécifications: le poids, la balance, la couleur, etc.»

Après s’être entraîné, Bublik a toutefois constaté qu’elles étaient trop puissantes. Alors M. Ghazal a enlevé le plastique qui recouvre le cadre, puis a sablé celui-ci et l’a mesuré jusqu’à ce qu’il arrive à obtenir l’effet désiré.

Ç’a fonctionné, puisque le Kazakh a frappé le coup le plus phénoménal du tournoi, devant l’Américain Ben Shelton. Un point qu’il a perdu, puisqu’il avait lancé sa raquette – ce qui est interdit –, mais digne des jeux de la semaine.

«Il m’a tellement remercié!» raconte M. Ghazal.

Une raquette toutes les 15 minutes

L’équipe de Tennis Giant n’est pas seulement à l’œuvre pendant l’Omnium Banque Nationale. Elle corde aussi les raquettes durant d’autres événements de Tennis Canada. Michael Ghazal était donc le cordeur attitré à l’équipe de Corée du Sud, l’an dernier, lors de son duel de Coupe Davis contre le Canada, à Montréal.

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«Leur joueur numéro 1 [Seongchan Hong] changeait de raquette à chaque changement de balles, c’est-à-dire aux six à neuf jeux. Et chaque fois, il retournait faire corder une raquette. C’était environ à chaque 15 minutes pendant 1 h 30, alors c’était mon expérience la plus intense!»

«Après, je l’ai revu au tournoi de Miami, où je m’étais déplacé pour assister au tournoi comme spectateur. Il m’a reconnu et m’a dit: “qu’est-ce que tu fais là?”» Mais cette fois, M. Ghazal n’avait malheureusement pas sa machine avec lui...

Il a payé pour garder son cordeur

Chaque joueuse a son cordeur attitré, qui travaille pour elle théoriquement jusqu’à son élimination du tournoi. «Avant le début, on a une bonne idée de qui se rendra loin, alors on s’arrange en conséquence», explique Michael Ghazal.

L’équipe évolue graduellement au fil du tournoi. Mais il arrive que certains, venus de l’étranger notamment, partent plus tôt.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

«L’an dernier, il y avait un cordeur qui venait d’Allemagne et il s’occupait d’Alexander Zverev [lui aussi allemand]. C’était le temps qu’il quitte, mais Zverev est venu nous voir et il nous a dit: “Écoutez, moi je veux qu’il reste. Je vais payer son hôtel et son vol.” On lui a répondu qu’il n’y aurait pas de problème, qu’on allait le garder!»

 

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