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Olivier Renard estimait que le CF Montréal «prenait une mauvaise direction»

Joël Lemay / Agence QMI

Étienne Bouchard

2024-08-02T21:17:11Z

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Lentement mais sûrement, le CF Montréal fait le deuil de son ex-vice-président et chef de la direction sportive, Olivier Renard, et l’inverse est également vrai, puisque le principal intéressé affiche son aisance quant à son départ confirmé en mai. 

Si le Belge préfère d’abord retenir le positif de son séjour dans la métropole québécoise amorcé en 2019, il reste que le choc de la nouvelle a été brutal. Le caractère impromptu de la séparation entre les deux parties et la tension élevée qui émanait des divergences d’opinion entre Renard et l’organisation ont fait soulever les doutes chez certains partisans et observateurs.

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Plus de deux mois après le divorce, l’homme de 44 ans a livré une entrevue au site web sudinfo.be, durant laquelle il a été question de l’avenir et aussi du passé. Il n’a pas émis de grandes déclarations risquant d’attiser le feu, mais en faisant le lien avec d’autres anciens employeurs tels le KV Malines et le Standard de Liège, il est facile de sentir toute la malignité des propos. La relation était irrécupérable.

«Là aussi, on m’a imposé un nouveau style de recrutement après l’arrivée de Michel Preud’homme [NDLR : à Liège en 2018]. Je n’étais pas toujours d’accord avec ses choix et j’en faisais part à mon président de l’époque, Bruno Venanzi, auquel j’avais dit qu’il allait droit dans le mur et on voit où le club se retrouve aujourd’hui. Je l’ai dit, je suis entier et je dis les choses. Je l’ai également fait à Montréal avant de partir, car j’estimais qu’on prenait une mauvaise direction», a affirmé Renard au cours de l’entretien diffusé jeudi.

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Un retour ici?

Les partisans du CF – et sûrement l’état-major du club – seront néanmoins heureux de savoir que l’appréciation générale de leur ex-dirigeant n’a pas changé depuis son point de presse tenu quelques jours après la fin de son association. À l’époque, il avait tenu à remercier le grand patron Joey Saputo pour sa confiance des dernières années, tout en interpellant en revanche le président Gabriel Gervais, l’invitant à «expliquer c'est quoi le nouveau projet, parce que moi, mon projet n'a pas changé et on ne m'a pas demandé d’en faire un autre».

Au sudinfo.be, il a même ouvert une porte pour le moins intrigante.

«Tout d’abord, j’ai passé presque cinq ans là-bas, c’était une aventure incroyable. Je n’ai que du positif à dire sur mon aventure au Québec que je recommande à qui le veut. Il n’est d’ailleurs pas exclu qu’on y retourne plus tard tellement on s’y sentait bien», a-t-il avoué.

Ce scénario hypothétique pourrait-il se concrétiser sur le plan professionnel si Gervais quitte à son tour un jour? Car en juger les plus récents propos de Renard, ses interactions avec celui ayant pris temporairement les guides de la gestion sportive du CF constituaient le nœud du problème.

«La vision du recrutement du club a changé à l’arrivée du nouveau président, Gabriel Gervais en mars 2022. Je n’avais plus de ligne directe avec mon propriétaire, Joey Saputo, comme c’était le cas auparavant. Il a été l’intermédiaire de toutes discussions et j’ai directement compris qu’il y avait de la friture sur la ligne. Il a d’ailleurs utilisé le mot divergence entre le club et moi; j’emploierai donc le même mot», a-t-il insisté.

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«J’ai préféré m’asseoir avec le propriétaire et qu’on prenne la bonne décision, car j’ai toujours dit que je voulais m’amuser dans mon boulot et je prenais de moins en moins de plaisir. Un directeur sportif ne doit jamais avoir carte blanche, mais je sentais qu’à la fin, la porte était systématiquement fermée. Il valait mieux partir.»

Qui sera le successeur?

Rappelons que l’équipe montréalaise n’a pas identifié le remplaçant de Renard. Depuis son départ et celui de son adjoint Vassili Cremanzidis, Gervais est à la charge de la gestion sportive.

«On prend du recul pour voir ce qui est nécessaire, a soutenu le président lors de son bilan de saison, le 10 juillet. On veut établir un profil clair pour une personne qui va venir bonifier notre équipe.»

«J’ai mis en place des gens à qui je fais beaucoup confiance», a-t-il également affirmé.

Sur le terrain, le CF connaît une année parsemée de hauts et de bas, ayant notamment subi l’élimination en Championnat canadien aux mains du Forge FC, une formation de la Première Ligue canadienne. En Major League Soccer, il occupe le 11e rang de l’Association de l’Est avec 27 points, soit un de moins qu’Atlanta, détenteur de la dernière place donnant accès aux éliminatoires. En Leagues Cup, Montréal a de bonnes chances de dépasser la phase de groupe avec sa victoire de mardi : le club connaîtra sa destinée au terme de l’affrontement Orlando-Atlético San Luis prévu dimanche.

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