Oilers: quand le jeune pousse le vieux
Tyson Barrie savait que son temps était compté avec l’Avalanche quand Cale Makar est arrivé


Jean-François Chaumont
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DENVER | Tyson Barrie avait 27 ans. Cale Makar en avait 20. Barrie occupait le rôle de général offensif de la brigade de défenseurs de l’Avalanche du Colorado depuis plusieurs saisons, alors que Makar aspirait à remplir ce rôle.
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Il y avait un vétéran et une recrue. Mais il n’y avait probablement pas de place pour les deux joueurs, surtout pas deux droitiers.
Barrie et Makar n’ont pas partagé le même vestiaire trop longtemps. Ils l’ont fait pour moins d’un mois lors des éliminatoires de 2019.
Makar, qui sortait tout juste de l’Université du Massachusetts, avait retrouvé l’Avalanche en plein cœur des séries. Le quatrième choix au total au repêchage de 2017 avait fait ses premiers pas dans la LNH lors du troisième match de la confrontation de premier tour contre les Flames de Calgary.
Trois ans plus tard, Barrie s’en souvient parfaitement.
« Je savais que j’étais dans le trouble dès que j’ai fait des présences avec lui sur la glace pour des entraînements, a raconté le Britanno-Colombien avec le sourire dans la voix. Je me disais que j’étais pour partir d’ici [Colorado]. Il était exceptionnel. Il patine tellement bien, il bouge bien la rondelle.
« Il a fait ses débuts en séries contre les Flames. Il défendait bien son territoire, il gagnait ses duels à un contre un et il avait marqué à l’une de ses premières présences à son premier match. Il était impressionnant dès le départ en plus d’être un bon jeune garçon. Je ne suis pas surpris de voir à quel point il est dominant. C’est impressionnant de le voir jouer. Nous aurons un gros défi devant nous pour le ralentir. »

Contre Mike Smith
Barrie a une bonne mémoire. Makar a bel et bien inscrit son premier but dans la LNH à sa première partie, une rencontre éliminatoire pour ajouter à l’exploit. En première période, le rapide défenseur avait déjoué Mike Smith, à cette époque avec les Flames, en profitant d’une passe de Nathan MacKinnon. L’Avalanche l’avait emporté 6 à 2.
Au deuxième tour, Barrie et Makar avaient toutefois subi l’élimination en sept matchs contre les Sharks de San Jose. Quelques semaines plus tard, soit le 1er juillet 2019, l’Avalanche avait échangé Barrie aux Maple Leafs de Toronto dans un pacte qui impliquait notamment le centre Nazem Kadri.
Des retrouvailles
Trois ans plus tard, Barrie n’est plus à Toronto. Il n’a joué qu’une saison pour les Leafs. Mais Kadri est toujours avec l’Avalanche et Makar est l’un des meilleurs défenseurs du circuit Bettman.
À Edmonton depuis la saison dernière, Barrie a retrouvé son ancienne équipe sur son chemin en finale de l’Ouest.
« Ça fait assez longtemps que je suis un joueur des Oilers pour ne pas trouver ça étrange, a-t-il affirmé. Je suis prêt pour une bonne bataille contre l’Avalanche. »
Maintenant âgé de 30 ans, l’arrière a connu une autre campagne très respectable avec les Oilers, récoltant 41 points (7 buts, 34 aides). Il a ajouté quatre points (1 buts, 3 aides) à ses 13 premiers matchs éliminatoires. S’il produit encore à un bon rythme, il est tout de même loin des chiffres de la jeune sensation Makar.
Un défenseur d’exception
Le numéro 8 de l’Avalanche a fini la saison avec 86 points (28 buts, 58 aides) en 77 duels. Il est aussi dominant en séries avec 16 points (4 buts, 12 aides) en 11 matchs.
« Cale est un joueur spécial, a affirmé l’entraîneur-chef des Oilers, Jay Woodcroft. Il faut toujours l’avoir à l’œil, être vigilant quand il est sur la glace. Mais pour moi, l’Avalanche compte sur plusieurs joueurs très dangereux. Nous ferions une erreur si nous nous concentrions uniquement sur un joueur. Nous respectons énormément cette équipe. Mais je prépare mon plan de match pour l’Avalanche du Colorado, pas juste pour Cale Makar. »