Tous les résultats
Publicité

Offensive terrestre: «Israël a vraisemblablement sacrifié la plupart des otages», affirme un analyste

TVA Nouvelles

2023-10-30T17:32:33Z
2023-10-30T18:29:23Z

Partager

«Israël a vraisemblablement sacrifié la plupart des otages» en prenant la décision de lancer son offensive terrestre dans la bande de Gaza, affirme un analyste.

• À lire aussi: Le Hamas publie une vidéo de trois femmes présentées comme des otages

• À lire aussi: Guerre Israël-Hamas: le Liban veut éviter d'«entrer dans la guerre»

• À lire aussi: L’armée israélienne fait état de «dizaines» de combattants tués dans la nuit à Gaza

«Ceux-ci ont désormais peu de chance d’être récupérés, par la négociation ou par une opération spéciale, car le Hamas les exécutera sans l’ombre d’un scrupule», ajoute l’écrivain et ancien militaire français Guillaume Ancel.

AFP
AFP

Publicité

L’auteur indique toutefois dans le billet publié sur son blogue «Ne pas subir» que l’objectif du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de «détruire le Hamas» est selon lui «irréalisable» puisque les cibles «visées par l’armée israélienne sont pour l’essentiel des immeubles civils dans lesquelles» l’organisation palestinienne «pourra déménager sans difficulté».

  • Écoutez l'expert en politique international Loïc Tassé à l'émission de Benoit Dutrizac via QUB radio :

Rapport de force entre Israël et le Hamas; le mythe du 3 contre 1

Alors que l’État hébreu a lancé la plus grande mobilisation militaire de l'histoire du pays, rappelant 300 000 réservistes au sein de l’armée israélienne, le militaire et historien français, Michel Goya, a relativisé ces chiffres dans une analyse détaillée.

AFP
AFP

Le spécialiste des guerres modernes a écrit sur son blogue «La voie de l’épée» que ce ne sont pas les réservistes qui mèneront l’assaut sur la bande de Gaza.

«Les brigades de réserve servent surtout à tenir les autres fronts, tout en contribuant à dissuader d’autres adversaires potentiels», explique-t-il.

Publicité

En s'appuyant sur les habitudes du Tsahal – initiales en hébreu de l’armée du peuple d’Israël – dans ses offensives en 2006, 2008, 2009 et 2014, Michel Goya soutient que l’incursion terrestre dans l’enclave palestinienne sera exécutée par les brigades d’active, c’est-à-dire les troupes régulières de la Force de défense d’Israël (IDF).

AFP
AFP

«Tsahal peut compter sur 4 brigades blindées [...] et 5 brigades d’infanterie blindée [...]. Des brigades de petites dimensions (guère plus de 2000 hommes) et monochromes avec seulement des bataillons (3 parfois 4) d’infanterie ou de chars de bataille», écrit l’analyste. 

«Le rapport de forces Israel-Hamas de manière globale, avec notamment plus de 600 000 hommes et femmes côté Tsahal, cela ne fait au maximum que 20 000 soldats en premier échelon à l’assaut, soit à peu près autant que le nombre de combattants ennemis en face», déduit M. Goya.

Publicité

Cependant, c’est «une situation en fait habituelle dans le combat moderne», ajoute-t-il en précisant que «le 3 hommes contre 1 décrit comme absolument nécessaire pour attaquer à un niveau tactique [...] est un mythe».

De plus, ces unités dans l’armée israélienne sont très jeunes et peu expérimentées, affirme le spécialiste.

Comparativement à l’âge moyen d’un régiment d’infanterie en France qui est autour de 30 ans, celle «d’un bataillon d’infanterie israélien doit être aux alentours de 21 ans».

  • Écoutez l'analyse de Luc Lavoie au micro de Yasmine Abdelfadel via QUB radio :

Détails des premières manœuvres israéliennes

Alors qu’Israël a donné le feu vert à la «deuxième phase» de son offensive pour «détruire le Hamas», selon les propos de Benyamin Nétanyahou publié par le Washington Post, les manœuvres israéliennes sont présentement voilées par le «brouillard de guerre».

D’après le journal américain, ces premières opérations à l’intérieur de l’enclave de Gaza consistent à faire de la reconnaissance, à détruire les réseaux de tunnels et à apprendre les stratégies employées par les soldats du Hamas dans cet environnement urbain.

Publicité

En date du 28 octobre, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un organisme à but non lucratif basé à Washington qui se spécialise dans des analyses «non-partisanes» de certains conflits modernes appuyées sur des sources ouvertes, a publié une carte des manœuvres sur le front à Gaza.

Sur la carte, l’IDF aurait pénétré dans l’enclave à trois points: l’un au nord-ouest de la bande de Gaza – sur la plage –, un autre au poste-frontière d’Erez au nord-est et un dernier à l’est de la ville de Bureij plus au sud.

L’avancée semble plus marquée le long de la mer Méditerranée puisque sur une deuxième carte montrant les mises à jour, l’ISW indique que les médias palestiniens ont noté une progression jusqu’à la ville de Beit Lahiya à l’entrée de la ville de Gaza.

En contre partie, les brigades de l’Al Qassem, la branche armée du Hamas, revendiquent des contre-attaques au point d’entrée de Erez et une embuscade des troupes israéliennes près de Bureij.

À la lumière de ces éléments, les déclarations du premier ministre israélien publié par le Washington Post indiquant que la guerre sera «longue et difficile» prennent tout leur sens.

Publicité
Publicité