Offensive terrestre: «Israël a vraisemblablement sacrifié la plupart des otages», affirme un analyste
TVA Nouvelles
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«Israël a vraisemblablement sacrifié la plupart des otages» en prenant la décision de lancer son offensive terrestre dans la bande de Gaza, affirme un analyste.
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«Ceux-ci ont désormais peu de chance d’être récupérés, par la négociation ou par une opération spéciale, car le Hamas les exécutera sans l’ombre d’un scrupule», ajoute l’écrivain et ancien militaire français Guillaume Ancel.

L’auteur indique toutefois dans le billet publié sur son blogue «Ne pas subir» que l’objectif du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de «détruire le Hamas» est selon lui «irréalisable» puisque les cibles «visées par l’armée israélienne sont pour l’essentiel des immeubles civils dans lesquelles» l’organisation palestinienne «pourra déménager sans difficulté».
- Écoutez l'expert en politique international Loïc Tassé à l'émission de Benoit Dutrizac via QUB radio :
Rapport de force entre Israël et le Hamas; le mythe du 3 contre 1
Alors que l’État hébreu a lancé la plus grande mobilisation militaire de l'histoire du pays, rappelant 300 000 réservistes au sein de l’armée israélienne, le militaire et historien français, Michel Goya, a relativisé ces chiffres dans une analyse détaillée.

Le spécialiste des guerres modernes a écrit sur son blogue «La voie de l’épée» que ce ne sont pas les réservistes qui mèneront l’assaut sur la bande de Gaza.
«Les brigades de réserve servent surtout à tenir les autres fronts, tout en contribuant à dissuader d’autres adversaires potentiels», explique-t-il.
Les chars Merkava défilent sur la plage de Gaza.
— Christophe Tymowski (@Christophe_Tymo) October 30, 2023
Les blindés israéliens avancent plus profondément dans la bande de Gaza👇 https://t.co/kxP5Wwqv7F
En s'appuyant sur les habitudes du Tsahal – initiales en hébreu de l’armée du peuple d’Israël – dans ses offensives en 2006, 2008, 2009 et 2014, Michel Goya soutient que l’incursion terrestre dans l’enclave palestinienne sera exécutée par les brigades d’active, c’est-à-dire les troupes régulières de la Force de défense d’Israël (IDF).

«Tsahal peut compter sur 4 brigades blindées [...] et 5 brigades d’infanterie blindée [...]. Des brigades de petites dimensions (guère plus de 2000 hommes) et monochromes avec seulement des bataillons (3 parfois 4) d’infanterie ou de chars de bataille», écrit l’analyste.
«Le rapport de forces Israel-Hamas de manière globale, avec notamment plus de 600 000 hommes et femmes côté Tsahal, cela ne fait au maximum que 20 000 soldats en premier échelon à l’assaut, soit à peu près autant que le nombre de combattants ennemis en face», déduit M. Goya.
Alors que nous continuons à étendre nos opérations terrestres dans le nord de Gaza :
— Tsahal (@Tsahal_IDF) October 29, 2023
🔴Des avions de l’armée de l’air, ont frappé des cibles du Hamas.
🔴Des lanceurs de missiles antichar et des postes d'observation ont été touchés.
🔴Plusieurs terroristes ont été éliminés. pic.twitter.com/eoyYzvK6WT
Cependant, c’est «une situation en fait habituelle dans le combat moderne», ajoute-t-il en précisant que «le 3 hommes contre 1 décrit comme absolument nécessaire pour attaquer à un niveau tactique [...] est un mythe».
De plus, ces unités dans l’armée israélienne sont très jeunes et peu expérimentées, affirme le spécialiste.
Comparativement à l’âge moyen d’un régiment d’infanterie en France qui est autour de 30 ans, celle «d’un bataillon d’infanterie israélien doit être aux alentours de 21 ans».
- Écoutez l'analyse de Luc Lavoie au micro de Yasmine Abdelfadel via QUB radio :
Détails des premières manœuvres israéliennes
Alors qu’Israël a donné le feu vert à la «deuxième phase» de son offensive pour «détruire le Hamas», selon les propos de Benyamin Nétanyahou publié par le Washington Post, les manœuvres israéliennes sont présentement voilées par le «brouillard de guerre».
[ 🇮🇱 ISRAËL | 🇵🇸 PALESTINE ]
— (Little) Think Tank (@L_ThinkTank) October 30, 2023
🔸 Nouvelles images de l’opération terrestre de Tsahal dans la bande de Gaza. pic.twitter.com/nKSdBpuJCH
D’après le journal américain, ces premières opérations à l’intérieur de l’enclave de Gaza consistent à faire de la reconnaissance, à détruire les réseaux de tunnels et à apprendre les stratégies employées par les soldats du Hamas dans cet environnement urbain.
En date du 28 octobre, l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), un organisme à but non lucratif basé à Washington qui se spécialise dans des analyses «non-partisanes» de certains conflits modernes appuyées sur des sources ouvertes, a publié une carte des manœuvres sur le front à Gaza.
Israeli ground forces advanced into the #Gaza Strip. The al Qassem Brigades claimed to attack advancing #IDF forces in Beit Hanoun and east of Bureij.
— Institute for the Study of War (@TheStudyofWar) October 29, 2023
Palestinian militias, including #Hamas, are framing the IDF advances into the Gaza Strip as a failure likely to encourage… pic.twitter.com/13xrWGhJL1
Sur la carte, l’IDF aurait pénétré dans l’enclave à trois points: l’un au nord-ouest de la bande de Gaza – sur la plage –, un autre au poste-frontière d’Erez au nord-est et un dernier à l’est de la ville de Bureij plus au sud.
L’avancée semble plus marquée le long de la mer Méditerranée puisque sur une deuxième carte montrant les mises à jour, l’ISW indique que les médias palestiniens ont noté une progression jusqu’à la ville de Beit Lahiya à l’entrée de la ville de Gaza.
Israeli Ground Operations in the Gaza Strip
— Institute for the Study of War (@TheStudyofWar) October 30, 2023
Palestinian and Axis of Resistance media reported that the #IDF attempted to advance westward into the #Gaza Strip and toward Beit Hanoun. https://t.co/2elnCIgzhk
The sources claimed that Palestinian militants destroyed two Merkava… https://t.co/NKR9Q5RzO5 pic.twitter.com/xFNWxM2sGX
En contre partie, les brigades de l’Al Qassem, la branche armée du Hamas, revendiquent des contre-attaques au point d’entrée de Erez et une embuscade des troupes israéliennes près de Bureij.
À la lumière de ces éléments, les déclarations du premier ministre israélien publié par le Washington Post indiquant que la guerre sera «longue et difficile» prennent tout leur sens.