Ode à Martin St-Louis

Jean-Charles Lajoie
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Ils sont parfaits dans leurs imperfections.
Le Canadien est aimable comme il ne l’a pas été depuis plus de 30 ans.
On aime cette équipe.
On aime ce coach.
On aime les voir apprendre, tomber et se relever sous nos yeux conquis.
Il se commet tellement d’erreurs dans le cours d’un match que, parfois, je me demande s’ils ne font pas exprès de rendre les choses plus intéressantes.
Comment peut-on oublier Brandon Gallagher sur le banc pendant 12 minutes en deuxième période... après qu’il a marqué à l’aide d’un « scraper » et non d’un hockey ?
Plus tard, mise en jeu en zone offensive en troisième période, avance de 3 à 2. Nick Suzuki affiche 75 % d’efficacité au cercle ce soir-là... mais on lui préfère Danault.
Je pourrais continuer longtemps.
Pas pour faire le procès du coach. Au contraire.
Martin Saint-Louis, vulnérable et inspirant
J’ai envie de vénérer Martin Saint‐Louis.
Il n’est pas parfait. Il l’a dit lui‐même après le match : « J’apprends ».
Et il apprend vite. Et bien.
Qui peut lui reprocher de ne pas mettre tout son cœur dans ce grand projet ? Ses joueurs reconnaissent cet engagement non conditionnel. Ils le lui rendent bien, malgré les erreurs.
Les gars apprécient la vulnérabilité assumée de Martin. Vous et moi aussi.
Devant lui, Martin a un modèle extraordinaire. Jon Cooper lui offre, en accéléré, une véritable classe de maître. Et Saint‐Louis accueille ces leçons avec humilité et une grande compréhension.
Mercredi soir à Tampa, pour un gars qui a déjà avoué ne pas trop aimer les oppositions de trios, disons qu’il s’est donné. Et encore une fois, il a gagné son pari.
Au fond, le coach n’est pas si différent de ceux à qui il ressemble encore beaucoup : ses joueurs.
Des décisions discutables... mais une victoire
Mike Matheson a joué près de 28 minutes dans ce match numéro 5.
Avec une grenade en guise de rondelle.
Sœur Jacinthe — qui a vu aux bons soins de notre Rodger au Centre Marie‐Clarac et qui est, accessoirement, une sommité en hockey — m’a écrit pour condamner la mauvaise décision de Matheson qui a conduit au but égalisateur du Lightning.
Mais le Canadien a gagné.
Si on s’était réunis avant le match pour se dire que le Canadien allait battre Tampa sur des buts de Brandon Gallagher, Kirby Dach et Alexandre Texier...
Le capitaine Suzuki n’a récolté qu’une passe, avec un différentiel de moins‐1. Il a néanmoins disputé un grand match. Une performance qui a visiblement inspiré tous ses coéquipiers.
S’il en joue une autre comme ça vendredi soir, le Lightning va partir en vacances.
Ne comptez pas sur moi pour m’en plaindre.
Jakub Dobes n’avait pas droit à l’erreur.
« Mulligan » sur le premier but des Bolts. Superbe tir de Dominic James, sur l’une des nombreuses séquences où les officiels ont fermé les yeux sur une infraction à un joueur des Bleus.
Dobes a toutefois erré sur le deuxième but.
À l’image de ses coéquipiers et de son coach, il n’est pas parfait. Mais pas loin.
Il a stoppé 38 tirs sur 40. Il a été étincelant. Et il mérite énormément de crédit pour cette victoire cruciale.
Une équipe en apprentissage... mais touchante
Pas de doute : le Canadien est encore en apprentissage.
Mais de les voir mener 3 à 2 contre un club bourré de vétérans qui ont tout vu, tout vécu... c’est émotif.
De voir Martin Saint‐Louis rivaliser d’égal à égal avec Jon Cooper, à qui il concède 150 matchs d’expérience derrière le banc en séries, ça l’est tout autant.
Avant la rencontre, Sœur Jacinthe m’écrivait :
« On ne doit pas l’échapper. Il faut que l’équipe soit prête à se sacrifier jusqu’à la fin. »
La sagesse de « Sister J » a encore eu raison.
Merci Sœur Jacinthe.
Merci Martin Saint‐Louis d’y mettre tout ton cœur.
Merci le Canadien de Montréal, notre équipe nationale.