Nouvelle ambassadrice de la Fondation Douglas: «Je rêve d’un monde sans suicides, ultimement» — Maripier Morin nous parle du suicide de son frère Raphaël


Guillaume Picard
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Maripier Morin veut éviter à d’autres familles de composer avec le suicide d’un être cher, un drame qui se veut incommensurable.
Quinze mois après que son frère Raphaël, qui souffrait de dépendance, s’est enlevé la vie à l’âge de 33 ans, l’animatrice devient ambassadrice de la Fondation Douglas dans le cadre d’une campagne de financement visant à amasser 500 000$ pour soutenir la recherche en santé mentale.
«La mission est belle, c’est l’espoir, le souhait, le rêve d’un monde sans suicides, ultimement», a-t-elle dit à l’Agence QMI mardi, en précisant avoir consulté son clan avant de s’engager dans cette démarche, qui les ramène forcément à la perte de Raphaël en juillet 2024.

«Si on comprend mieux les étapes qui viennent avant le suicide, grâce à la recherche, peut-être qu’on sera capable d’en prévenir plus», a-t-elle souligné.
À 39 ans, Maripier Morin, qui avait elle-même un problème de dépendance, n’a pas consommé une seule goutte d’alcool depuis plus de cinq ans. Mais il a fallu qu’elle opère un virage à 180 degrés et qu’elle aille chercher de l’aide, qu’elle opte pour la thérapie et le soutien d’un psychologue, afin d’être mieux outillée face au «vide» qu’elle dit avoir à l’intérieur d’elle.
«J’ai vécu, à une période de ma vie, un épisode très noir», a raconté la mère de Margot, 3 ans, et de Henri, 1 an.
«Les gens, parfois, tombent dans le quatrième sous-sol, et il n’y a plus d’air. On dirait qu’il n’y en a plus de solutions, mais c’est faux, il y en a. C’est paradoxal parce que, quand j’étais dans cette grande noirceur-là, c’est mon frère Raphaël et sa blonde Valérie qui se sont occupés de moi. Je ne pense pas que moi, je serais passée au travers s’ils n’avaient pas été là», a-t-elle poursuivi en devenant émotive, disant que «toutes les familles, après un suicide, portent le fardeau de la culpabilité».
«Raphaël était un être excessivement aimé et entouré. On a été là pour lui, autant mon frère Mathieu que sa blonde, ses amis. [...] On savait qu’il n’allait pas bien et j’avais peur que ça arrive... Je savais aussi que la mort pouvait le guetter de par sa consommation», a-t-elle ajouté, disant aux proches de «ne pas arrêter» de vouloir soutenir l’être cher qui traverse une période sombre.
«Cette implication-là avec la Fondation Douglas, c’est ma façon à moi de survivre à cette épreuve-là, puis de cheminer dans mon deuil, avec lequel j’ai de la misère. J’espère éviter ça à d’autres gens.»
Et comment va Maripier Morin?
«Mon moral est bon, je vais bien, mais j’ai envie de te dire que je suis humaine. J’ai vécu quelque chose quand même dans les dernières semaines, avec Marie-Eve [Janvier] et son épuisement professionnel. Ça m’a forcée à me regarder, à prendre ma température intérieure et à me dire: je roule à 100 000 à l’heure, on a deux enfants, mon chum [le comédien Jean-Philippe Perras] est occupé aussi, mais on est corrects.»
«Je pense qu’il faut prendre soin de soi et je serais menteuse de dire que je le fais tout le temps. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu mon psychologue, je ne fais pas de sport, ou des choses pour moi, mais on est chanceux, car on a beaucoup d’aide autour de nous. Je réalise la chance que j’ai eue de m’en sortir et d’avoir une vie aujourd’hui qui s’appuie sur des bases beaucoup plus solides», a poursuivi celle qui coanime l’émission Les filles du lunch, à Rythme FM.
À l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, on fait de la recherche notamment pour établir une corrélation entre dépression et suicide. Selon Maripier Morin, on souhaite ainsi pouvoir soulager la souffrance des gens afin qu’ils ne posent pas de geste radical et irréversible.
«La recherche, c’est le nerf de la guerre, je le dis depuis des années», a-t-elle mentionné, elle qui amasse des sous au profit des Maisons Péladeau grâce à une collection de sacs créés à la mémoire de son frère Raphaël.
Tu as besoin d’aide ou un proche souffre?
- Des ressources gratuites et confidentielles sont disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7;
- Ligne québécoise d’intervention en prévention du suicide: 1 866 APPELLE (277-3553);
- Texto à un intervenant: 535353;
- Information et clavardage avec un intervenant: suicide.ca;
- En cas de danger immédiat pour vous ou un proche, composez le 911 ou le 988.