La France espère dépasser l'objectif des 10 millions de personnes vaccinées contre la COVID-19 à la mi-avril, a déclaré samedi son premier ministre Jean Castex, tout en épinglant les laboratoires pour les retards dans les délais de livraison.
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«On va avoir en avril un défi lourd à relever, car on aura beaucoup de vaccins», a dit M. Castex à l'occasion d'une visite dans un centre de vaccination à Saint-Maixent-L'Ecole (Ouest de la France), avant de se rendre à l'École nationale des sous-officiers d'active qui forme les sous-officiers de l'armée de Terre.
«On s'est fixé l'objectif de 10 millions de vaccinations au 15 avril et je ne désespère pas qu'on le dépasse. Mais il faut être prudent, car les labos nous font quelques misères dans le respect de délais de livraison. Il faut s'adapter», a-t-il poursuivi.
Samedi, le groupe suédo-britannique AstraZeneca a annoncé à nouveau une baisse de ses livraisons de vaccins à l'Union européenne, invoquant des restrictions d'exportation.
Ce vaccin est parallèlement mis en cause par plusieurs pays après la suspension de son utilisation à titre de précaution par le Danemark, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie à la suite des cas graves de formation de caillots sanguins. L'OMS a toutefois déclaré vendredi qu'il n'y avait «pas de raison de ne pas utiliser» ce vaccin, car pour le moment aucun lien de cause à effet n'avait été trouvé.
Le Premier ministre français a pris la défense du vaccin d'AstraZeneca. «Je ne me permettrais pas d'envoyer du poison à mes concitoyens», a-t-il assuré au jeune maire de Saint-Maixent, Stéphane Baudry.
La France a passé vendredi la barre des 90 000 morts de la COVID-19 depuis son commencement il y a un an.
En raison de l'augmentation du nombre de personnes en réanimation, la situation hospitalière est «extrêmement tendue en Ile-de-France», la région entourant Paris, avait admis vendredi le premier ministre. Il avait estimé qu'il fallait se «tenir prêt à tout moment à prendre des mesures» supplémentaires.
Pour l'heure, l'exécutif a écarté le reconfinement le week-end ou complet en région parisienne.
Le gouvernement a déjà annoncé des transferts importants de malades de la COVID-19 d'Île-de-France d'où trois ont déjà été évacués vers d'autres régions, tout en continuant à accélérer la vaccination.
M. Castex devait se rendre samedi après-midi en banlieue Nord de Paris, en Seine-Saint-Denis d'où ont été évacués les premiers patients et où il visitera un centre de vaccination et un hôpital privé.
D'«énormes disparités» de distribution
Parallèlement, cinq pays - Autriche, République tchèque, Slovénie, Bulgarie, Lettonie - ont appelé samedi à des discussions sur d'«énormes disparités» de distribution des vaccins «le plus tôt possible» entre les dirigeants de l'UE, dont un sommet est prévu les 25-26 mars.
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz avait accusé la veille certains États membres, sans les nommer, d'avoir négocié en coulisses «des contrats» avec des laboratoires.
L'UE reste à la traîne des États-Unis, d'Israël et du Royaume-Uni pour les vaccinations. La Commission, qui a négocié les contrats de vaccins au nom de ses 27 de l'UE, table sur une montée en puissance au deuxième trimestre et vise 70% d'Européens vaccinés d'ici la fin de l'été.