Nouveau rôle en Ukraine: Chrystia Freeland laissera son siège dans les prochaines semaines


Raphaël Pirro
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OTTAWA | Nommée conseillère économique du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Chrystia Freeland annonce qu’elle laissera son siège aux Communes dans les prochaines semaines après que le Parti conservateur du Canada (PCC) et le Bloc Québécois ont appelé à son départ.
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé lundi que l’ancienne ministre des Finances du Canada, qui a des origines ukrainiennes et qui maîtrise la langue, agirait comme conseillère au développement économique pour assister le pays en guerre contre la Russie.
«Chrystia est très compétente dans ces domaines et possède une vaste expérience dans l’attraction d’investissements et la mise en œuvre de transformations économiques», a déclaré M. Zelensky sur ses réseaux sociaux.
Today, I appointed Chrystia Freeland @cafreeland as an Advisor on Economic Development. Chrystia is highly skilled in these matters and has extensive experience in attracting investment and implementing economic transformations. Right now, Ukraine needs to strengthen its internal… pic.twitter.com/2WOl27MyVA
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 5, 2026
«L’Ukraine est au cœur du combat mondial pour la démocratie et je suis heureuse de pouvoir y contribuer bénévolement en tant que conseillère économique auprès du président Zelensky», a publié la principale intéressée en fin d’après-midi.
Chrystia Freeland annonce du même coup qu’elle renonce au poste de représentante spéciale du premier ministre pour la reconstruction de l’Ukraine qui lui a été attribué par le premier ministre Mark Carney en septembre.
Elle ajoute dans la même déclaration qu’elle quittera son siège au Parlement dans les prochaines semaines.
L’un ou l’autre, pas les deux
Lors de l’annonce du président Zelensky plus tôt lundi matin, des voix au PCC se sont levées pour dénoncer le fait que Chrystia Freeland cumulerait ce poste à l’étranger et celui d’élue au Parlement canadien.
«On ne peut pas être à la fois députée canadienne et conseillère auprès d’un gouvernement étranger. Elle doit choisir l’une ou l’autre fonction. Elle devrait démissionner de son poste de conseillère ou de députée de University–Rosedale», a déclaré en matinée Michael Chong, le porte-parole du PCC pour les affaires étrangères.
C’est en septembre que Mme Freeland, alors ministre des Transports, quittait le Conseil des ministres pour devenir la représentante spéciale pour la reconstruction de l’Ukraine.
En sus de ces nouveaux rôles, Chrystia Freeland a accepté en novembre de diriger la prestigieuse fondation Rhodes à partir de Londres à compter de l’été prochain.
Le whip du Bloc Québécois, Yves Perron, a affirmé lundi matin qu’«être députée n’est pas une fonction à temps partiel».
«Écouter ses citoyens et les représenter à Ottawa devrait être le premier et seul objectif d’une ou d’un député [...]. Aussi louables que soient ces nouvelles fonctions, Mme Freeland devrait démissionner de son poste de députée si elle est sérieuse et franche vis-à-vis de la population qu’elle représente», a dit M. Perron.
Un poste non rémunéré
Une source près de l’ancienne ministre souligne que ce nouveau poste auprès de M. Zelensky est «à temps partiel et non rémunéré». Il lui a été offert par le président ukrainien le 22 décembre lors d’une visite de Mme Freeland en Ukraine. Elle en a fait l’annonce au premier ministre Carney deux jours plus tard, le 24 décembre.
À un siège de la majorité, le gouvernement Carney a besoin de tous les votes possibles pour l’appuyer dans la mise à exécution de son agenda législatif. Cela exercerait une influence sur le moment de sa démission.
«Il y aura plus d’informations communiquées très prochainement, mais aucune date n’est fixée pour le moment», nous indiquait cette source.
Mark Carney est arrivé à Paris lundi afin de prendre part à un sommet éclair sur l’avenir de l’Ukraine, l’objectif étant d’accélérer la conclusion d’un plan de paix négocié afin de mettre un terme à la guerre contre la Russie. Il a annoncé fin décembre une nouvelle aide de 2,5 milliards $ à l’Ukraine.
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