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Nous ne gagnerons pas cette guerre

Photo tirée de X VIA LE COMPTE DE JUSTIN TRUDEAU
Photo portrait de Francis Gosselin

Francis Gosselin

2025-02-03T05:00:00Z

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Opinion impopulaire: contre Trump, il est impossible de gagner. Toutes nos actions ne feront que prolonger notre malheur. Il faut, comme on dit, penser en dehors de la boîte.

Jusqu’ici, nous manquons cruellement d’imagination.

Jouer aux échecs avec un chimpanzé

Le Wall Street Journal a écrit que cette guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis est la plus stupide de l’histoire. C’est justement parce qu’elle est complètement stupide que nous ne pouvons pas la gagner.

Le Canada joue actuellement un jeu d’échecs avec un chimpanzé. Celui-ci n’hésitera pas à nous lancer ses pions au visage pour exprimer son mécontentement.

Un ami m’avait déjà dit que, dans une bagarre de rue, c’était généralement le plus «fou» qui finissait par l’emporter. Celui pour lequel aucune règle d’engagement rationnelle ne s’applique finira par sortir un couteau, un fusil, une bombe nucléaire...

Qui sait ce qui passe par la tête de ces gens-là.

L’Empire contre-attaque

Plusieurs ont salué l’annonce de tarifs de représailles promulgués par Justin Trudeau à la suite de l’annonce de samedi. Mais le lance-pierre que nous avons ramené pour la bataille ne fait pas le poids face au bazooka en face de nous.

Les exportations canadiennes à destination des États-Unis représentent 20% de notre économie. À l’inverse, la part du PIB américain vendu au Canada est de 1,8%. Ce n’est pas rien mais... ce n’est pas grand-chose.

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Dans un scénario où les tarifs seraient fixés à 100%  – ce qui reviendrait à interdire toute forme de commerce entre les pays, ou presque –, le Canada aurait donc beaucoup plus à perdre.

Donald Trump, dans l’un de ses nombreux délires, a promis que toute tentative de représailles serait suivie d’une nouvelle hausse de tarifs américains. À ce jeu-là, si le commerce tombe à zéro d’un côté comme de l’autre, nous aurons perdu un cinquième de nos emplois, et eux, rien du tout. Comme à une table de poker, il viendra un moment où nous n’aurons plus les moyens de bluffer, du simple fait que nous aurons épuisé toutes nos ressources.

Pénaliser les Canadiens... deux fois

Il est difficile de rester stoïques face à tant de bêtise. Mais si on réfléchit le problème en termes strictement économiques, la meilleure affaire à faire serait... de ne rien faire.

Bien entendu, les politiciens (et plusieurs citoyens) veulent bomber le torse. Infliger des dommages équivalents. On a même l’impression que Justin Trudeau et François Legault se retrouvent une certaine flamme, depuis longtemps éteinte, face à ces difficultés.

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Ils pensent peut-être que d’accentuer la crise les avantagera, politiquement.

Mais gardons la tête froide.

Les tarifs de Trump vont faire mal à deux catégories de personnes: les consommateurs américains, qui payeront les tarifs, et les travailleurs canadiens, qui verront la demande pour leurs biens réduite.

Inflation d’un côté, pertes d’emploi de l’autre.

L’idée de vengeance qui «justifie» politiquement les représailles canadiennes fonctionne en sens inverse: on fera mal à certaines entreprises là-bas mais on engendrera aussi de l’inflation pour les produits d’importation. C’est satisfaisant, mais contreproductif.

On imagine bien le travailleur, ayant récemment perdu son emploi en raison des tarifs de Trump, devoir payer ses légumes plus chers en raison de ceux de Trudeau. Perdant, perdant.

C’est ce que souhaite Trump. Ne le laissons pas gagner.

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