«Nous, l’élastique est au maximum»: l'industrie laitière ne veut plus faire de concessions pour Donald Trump
Marie-Anne Audet
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L’industrie laitière en a assez de faire des concessions dans les négociations entre le Canada et les États-Unis, a déclaré le président des producteurs de lait du Québec, Daniel Corbeil.
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Le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane «réciproques» de 250 % sur les produits laitiers canadiens.
«Le Canada nous escroque depuis des années avec des taxes de 250 % sur les produits laitiers et le bois d’œuvre, cela ne se reproduira plus. Nous allons leur imposer exactement le même tarif, à moins qu’ils ne l’abandonnent», a-t-il déclaré devant la presse vendredi.
«Nous, l’élastique est au maximum», a rétorqué Daniel Corbeil lors d’une entrevue à l’émission À vos affaires.
En effet, d’importantes concessions ont été faites par les producteurs de lait canadiens lors de la signature de l’ACEUM, a rapporté l’expert. Le Canada a permis aux États-Unis d’accéder à 3,9 % du marché laitier, et les produits qui dépassent cette proportion sont frappés par des droits de douane.
«Les tarifs qui sont sur les produits américains sont à cette hauteur-là, entre 250 et 300 %, pour éviter justement du dumping au marché canadien», a-t-il expliqué.
Cette brèche, qui permet aux producteurs américains d’accéder au marché canadien qui est largement couvert par l’industrie locale, a déjà eu des conséquences, a souligné le président des producteurs de lait du Québec.
«M. Trump répétait ce discours en 2017. D’où la concession importante de 3,9 % du marché. Puis depuis ce temps-là, c’est une hausse de 90 % des exportations américaines au niveau du Canada, avec une balance commerciale pour les produits laitiers, encore une fois négative, à plus de 500 millions», a-t-il évoqué.
D’ailleurs, ce dernier ne croit pas que l’accès au marché canadien soit la solution pour l’industrie laitière américaine.
«Une concession, on parle de 4 %, qui est très, très, très néfaste pour nos producteurs laitiers canadiens. Mais pour eux, on parle d’un gain de 0,4 %. C’est clair que ce n’est pas la solution pour sauver les producteurs des États-Unis», a illustré M. Corbeil.
«Il y a différentes solutions, sûrement. Mais ce n’est pas à s’attaquer sur un marché qui est autosuffisant puis qui répond aux besoins des Canadiens», a-t-il ajouté.
Voyez l'entrevue complète dans la vidéo ci-dessus