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«Nous faisons face à une république au sud de nous qui est complétement déchue»: Alexandre Trudeau évoque les tensions canado-américaines dans son thriller «La peau de l'ours»

Photo fournie par Maison 4:3
Photo portrait de Maxime Demers

Maxime Demers

2026-03-20T10:00:00Z

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Après avoir signé plusieurs documentaires sur des conflits internationaux, le réalisateur Alexandre Trudeau se lance dans la fiction avec La peau de l’ours, un thriller survivaliste qui évoque subtilement les tensions entre les États-Unis et le Canada.

Contrairement à son frère, Justin, et à leur père, Pierre Elliott, Alexandre Trudeau n’a jamais aspiré à faire carrière en politique. Dès son jeune âge, le journaliste de 52 ans a décidé de se tourner vers le cinéma, réalisant notamment des documentaires sur l’invasion de l’Irak en 2003 et la crise humanitaire au Soudan en 2006.

Mais pendant toutes ces années à parcourir les quatre coins du monde, il caressait le rêve de réaliser un jour un film de fiction.

« J’ai toujours été cinéphile, confie le réalisateur dans un entretien téléphonique accordé au Journal.

« Quand j’ai commencé à faire du documentaire dans ma vingtaine, j’étais déjà un grand voyageur et très curieux de ce qui se passait dans le monde, alors ça se prêtait bien. J’ai adoré faire du documentaire, mais j’avais toujours en tête l’idée de faire le saut vers la fiction. J’ai finalement décidé de le faire il y a quelques années. »

La peau de l’ours, un suspense qu’il a coécrit et coréalisé avec son ami de longue date, James McLellan, raconte l’histoire de Tori (Malia Baker), une adolescente anxieuse contrainte d’aller séjourner chez son grand-père (Roy Dupuis) dans une cabane isolée sur le bord d’un lac gelé, à la frontière entre le Canada et les États-Unis. 

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L’arrivée de deux étrangers indésirables (Robert Naylor et Jonathan Lawrence) obligera toutefois Tori à sortir de sa coquille et, ultimement, à lutter pour sa survie.

« Le cocréateur du film, James, qui est prof au secondaire, m’a parlé pendant des années de l’épidémie bien réelle d’anxiété chez les jeunes, et je trouvais que c’était un bon sujet à explorer, explique Alexandre Trudeau.

« J’étais attiré par ce que le stress intense révèle de la nature humaine. Ce qui m’intéressait, c’était de prendre un personnage d’adolescente et de la transformer. Elle part d’une anxiété profonde qui l’empêche de fonctionner et elle se transforme en survivante. Ça démontre que l’on peut s’en sortir par une prise de conscience de soi. Il faut se battre pour surmonter ses défis. »

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Un pays « troublé et violent »

Le film aborde aussi, de façon métaphorique, les tensions entre le Canada et les États-Unis, ainsi que les conséquences « de partager une frontière avec un pays aussi mêlé et aussi violent » que les États-Unis.

« En réalisant des documentaires en Irak, au Liberia, en Syrie, j’ai passé 20 ans de ma vie avec le sentiment que nous faisons face à une république au sud de nous qui est complètement déchue et voyou. Nous vivons encore avec les conséquences d’une impunité totale face à ceux qui ont décidé de ravager l’Irak, par exemple, sur la base de mensonges. »

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« Les signes étaient là depuis longtemps, mais aujourd’hui, le monde entier s’est rendu compte que cette république est réellement déchue. Elle fonctionne, à l’interne comme à l’extérieur du pays, d’une façon hors la loi. Ces thèmes m’ont habité pendant très longtemps. »

Photo fournie par Maison 4:3
Photo fournie par Maison 4:3

Le cinéaste avance que les antagonistes de son film sont devenus de mauvaises personnes à force d’être empoisonnés par la violence qui les entoure. « Il y a un embryon très politique derrière le film. L’allégorie est là », souligne-t-il.

Comme bien des observateurs, Alexandre Trudeau constate que les relations entre les deux pays voisins ne cessent de se détériorer depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui multiplie les menaces et les pressions contre le Canada depuis plus d’un an.

« C’est de pire en pire, déplore-t-il. On espère que le peuple américain va lui-même essayer de se transformer et de poser les gestes nécessaires pour provoquer un grand changement. »

  • La peau de l’ours a pris l’affiche vendredi.
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