«Nous avons toujours considéré que les tarifs n’étaient pas justifiés»: les manufacturiers soulagés, mais prudents
Ils répètent depuis le début que ces tarifs étaient injustifiés et nuisaient aux entreprises de chez nous

Francis Halin
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Les manufacturiers québécois se réjouissent de voir la Cour suprême annuler les tarifs « réciproques » de Donald Trump, tout en attendant d’en voir l’impact politique réel.
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« Nous avons toujours considéré que les tarifs n’étaient pas justifiés. C’est donc une bonne nouvelle, mais nous devrons voir comment ça influencera les politiques américaines avant de se réjouir pleinement », réagit à chaud, vendredi matin au Journal, Julie White, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).
« C’est une gifle au président américain dans sa façon d’imposer ses tarifs. On espère que ça [pourra] changer l’approche économique à court terme, même si on en doute », observe Jasmin Guénette, vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Vendredi, la Cour suprême des États‐Unis a annulé les tarifs douaniers « réciproques » aux pays étrangers – jugeant que Trump ne pouvait pas invoquer la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence pour les appliquer –, sans cependant toucher aux tarifs sur l’acier, l’aluminium et le bois d’œuvre.
« Pour les PME qui exportent aux États-Unis, voir une opposition plus visible, c’est somme toute une bonne nouvelle. [À] moyen terme, peut-être que cette politique-là sera abandonnée », pense Jasmin Guénette de la FCEI.
« Les tarifs faisaient grimper les coûts. Par contre, pour les entreprises qui exportent aux États-Unis, ça ajoute de l’incertitude, parce que l’administration Trump a déjà indiqué qu’elle était prête à utiliser d’autres leviers », analyse pour sa part Véronique Proulx, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).
« Pas encore sortis du bois »
À l’Institut économique de Montréal (IEDM), on salue aussi cette nouvelle avec quelques réserves.
« Bien que cette décision soit une excellente nouvelle pour le libre-échange, ses répercussions sur le Canada demeurent limitées et nous ne sommes pas encore sortis du bois », affirme Gabriel Giguère, analyste fonctionnel principal en politiques publiques à l’IEDM.
À la CSN, sa présidente Caroline Senneville, on pense qu’Ottawa doit en faire bien plus.
« Tout n’est pas réglé pour l’économie québécoise. Un nombre important de tarifs américains continuent de toucher plusieurs de nos secteurs tels que l’aluminium, l’acier, le cuivre et des produits forestiers », souligne-t-elle.
« Le premier ministre Mark Carney doit défendre l’intérêt de ces secteurs dans le contexte de la renégociation de l’ACEUM et doit augmenter son soutien aux industries et aux travailleuses et travailleurs touchés », insiste-t-elle.
« Devant cette période d’incertitude élevée et d’instabilité géopolitique, notre priorité demeure la prospérité économique de toutes les municipalités. Les villes et les collectivités soutiennent les industries locales et la circulation des biens et des personnes qui font vivre l’économie canadienne », conclut Rebecca Bligh, présidente de la Fédération canadienne des municipalités (FCM).