«Notre moment était venu»: 30 ans plus tard, Joe Sakic revient sur l’échange de Patrick Roy


Stéphane Cadorette
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DENVER | Début décembre 1995, à la suite de l’humiliation subie par Patrick Roy à Montréal, Joe Sakic se doutait que quelque chose se tramait et qu’il pourrait se retrouver avec un nouveau coéquipier.
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Rencontré la semaine dernière dans le cadre de la visite du Canadien à Denver dans le duel qui faisait un clin d’œil aux Nordiques, Sakic s’est ouvert au Journal sur le 30e anniversaire de l’échange qui a envoyé Roy au Colorado.
Quand la transaction a été annoncée le 6 décembre au matin, même si personne n’était au courant, aucun joueur n’a été renversé.
«Je ne dirais pas qu’on s’attendait à ce que Patrick arrive au Colorado, mais quand on a vu ce qui se passait à Montréal, on savait que Pierre passerait un appel. Il était agressif et il connaissait bien Patrick», indique l’ancien capitaine des Nordiques et de l’Avalanche, qui est désormais président des opérations hockey de l’organisation.
Occasions ratées

Sakic était de ceux qui s’étaient tapé la longue traversée du désert à Québec quand l’équipe était en reconstruction. En 1992-93, les Nordiques ont enfin vu la lumière en se qualifiant en séries, se faisant toutefois sortir au premier tour par nul autre que Roy, qui avait brillé pour le Canadien.
En 1994-95, les Nordiques n’avaient aussi fait que passer en perdant face aux Rangers dès la première ronde avant de déménager à Denver.
«On avait eu deux occasions ratées à Québec, dont celle où nous étions en avance 2-0 contre Montréal en 1993. On a perdu quatre matchs en ligne et ça nous a tués.
«Ça a tellement fait mal! En 1993, la coupe aurait pu être à nous. Pittsburgh s’était fait éliminer. On ne peut pas avoir de regret et on a vu ce que l’équipe a ensuite accompli ici», se remémore Sakic.
Le dernier pas

Les partisans de Québec le savent trop bien, c’est dès la première saison de l’équipe à Denver que l’aboutissement attendu s’est produit. Il fallait bien que le Canadien donne un autre coup de poignard aux fidèles déchus des Nordiques en envoyant Roy au Colorado pour compléter le casse-tête.
«C’était la façon que Pierre Lacroix avait trouvée pour nous dire que notre moment est venu. On avait une bonne équipe et on se retrouvait soudainement avec le meilleur gardien de la ligue», résume Sakic.
«Je veux que ce soit bien clair, Stéphane Fiset jouait très bien. Mais quand tu as une opportunité d’obtenir un gardien comme Patrick Roy, tu ne peux pas passer à côté.»
Un bon mélange
Leader de nature posée, Sakic a vu s’installer dans le paysage de l’équipe un tout autre personnage. Rapidement, il a su apprécier ce que Roy a apporté, au-delà de ses performances.
«On adorait jouer avec lui. Oui, il était émotif et fougueux, même lors des entraînements, mais c’est de ça dont on avait besoin pour devenir meilleurs.
«Je ne pense pas qu’il y a eu tant de fois où Patrick a explosé, contrairement aux légendes urbaines. Il disait ce qu’il avait à dire, mais il était un super coéquipier. Des gars comme lui et Claude Lemieux étaient faits dans le même moule. On avait nos joueurs émotifs et nos joueurs discrets. Dans une équipe gagnante, il faut un bon mélange de personnalités et l’important est que chacun se soucie l’un de l’autre», fait-il valoir.
Toujours en bons termes?

Sakic et Roy ont eu de nouveau l’occasion de travailler ensemble au sein de l’Avalanche quand Roy est devenu l’entraîneur-chef de l’équipe en 2013, mais le partenariat n’a duré que trois saisons.
À l’été 2016, Roy a choisi de quitter et malgré le fracas, Sakic assure que les deux anciens coéquipiers sont toujours en très bons termes.
«On a une bonne relation. J’ai compris sa décision. On s’est croisé il y a quelques années au Temple de la renommée et tout va bien.
«Il ne sentait pas en lui le désir de revenir et on savait que ce serait une année difficile. Je préfère le geste qu’il a posé plutôt qu’un gars qui reste et qui n’est pas engagé à 100%. Ça a bien tourné pour lui et pour nous. Il y a un point en commun entre nous qui ne changera pas. Nous avons gagné la coupe Stanley ensemble. C’est un lien qui va rester à tout jamais.»