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Notre hockey est-il en danger? Et cinq autres réflexions de fin d’année

Getty Images via AFP
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2023-12-22T00:41:57Z

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Une autre année qui s’achève. En vieillissant, plus on avance dans le temps, plus ça va vite! C’est comme ça, c’est la vie. 

Chaque année qui passe nous amène son lot d’histoires. J’en ai choisi quelques-unes bien de chez nous dans le monde du sport, question de méditer un peu.

Match d’étoiles sans Québécois

L’absence de joueurs québécois au dernier match des étoiles de la LNH, une première dans l’histoire, est un indicatif frappant de la baisse de notre bassin de joueurs dans la meilleure ligue de hockey au monde. Et rien ne dit que ça ne se répètera pas lors de la prochaine année. On ne compte qu’un seul Québécois parmi les 100 premiers marqueurs de la LNH. Jonathan Marchessault des Golden Knights de Vegas et lauréat du trophée Conn Smythe en juin dernier, venait au 77e rang avant les matchs d’hier soir. Sean Couturier des Flyers de Philadelphie, occupait la 115e position. Or, ce dernier ne se considère pas québécois, même s’il a joué trois ans avec les Voltigeurs de Drummondville. Né à Phoenix, en Arizona, il préfère dire qu’il est Néo-Brunswickois depuis que Hockey Québec lui avait refusé une dérogation pour jouer au niveau bantam à Saint-Jean-sur-Richelieu. Sa famille avait quitté le Québec pour aller s’établir au Nouveau-Brunswick, où son père, Sylvain, est aujourd’hui directeur général des Eagles de Cap-Breton. Chez les défenseurs, Mike Matheson, du Canadien, figurait au 17e rang en offensive et Kristopher Letang, des Penguins de Pittsburgh, en 45e place. Samuel Montembeault était 31e pour les victoires avec sept, 26e pour le taux d’arrêts avec une moyenne de ,911 et 29e pour la moyenne de buts accordés avec une moyenne de 2,79 pat match. Il est le premier Québecois dans les trois catégories, mais sa progression est belle à voir. Mais il y a lieu de s’interroger quand même. Notre hockey est-il en danger? Des recruteurs avancent que l’abotion des bagarres dans la LHJMQ joue contre les joueurs du circuit québécois au repêchage de la LNH. C’est drôle, mais le hockey américain et européen ne valorise pas les combats non plus.

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Le chaînon manquant

Du côté du Canadien, la déception de l’année aura été d’avoir fait chou blanc à la loterie Connor Bedard. La phase de reconstruction aurait été transformée avec l’acquisition d’un joueur de la trempe de Bedard. Nick Suzuki et Cole Caufield sont de bons joueurs, mais il leur manque un petit quelque chose pour être des joueurs dominants. Il y a longtemps qu’on a vu un joueur du type de Bedard chez le Tricolore. Cela dit sans vouloir manquer de respect à Carey Price qui a mené son équipe aussi loin qu’il a pu pendant ses 15 saisons à Montréal. Car un joueur d’impact, c’est habituellement un attaquant. Il arrive qu’un défenseur puisse remplir ce rôle, mais les Bobby Orr ne courent pas les rues. On dit qu’il ne faut pas vivre dans le passé, mais depuis Guy Lafleur, aucun joueur du Canadien n’a soulevé les foules comme lui à Montréal. Ça manque cruellement dans un marché de hockey comme le nôtre. C’est comme si les Yankees et les Dodgers n’avaient pas de joueurs étoiles.

Le retour de l’année

À la même époque l’an dernier, j’avais coiffé une chronique d’un titre disant: «C’est le bordel chez les Alouettes». La veille, lors de l’embauche de Jason Maas à titre d’entraîneur-chef, Danny Maciocia avait été questionné de toutes parts en rapport avec la propriété de l’équipe. Gary Stern était propriétaire sur papier, mais on ne le voyait plus nulle part depuis des mois. L’équipe se retrouvait en péril, une fois de plus. En janvier, elle est retombée sous la tutelle de la Ligue canadienne de football pour une deuxième fois en quatre ans. Puis, en mars, Pierre Karl Péladeau est arrivé dans le décor en se portant acquéreur de la concession. Il s’en est suivi une métamorphose que personne n’avait osé espérer. Du 23 septembre au 19 novembre, les Alouettes n’ont fait que gagner. La victoire au match de la Coupe Grey a eu l’effet d’une bouffée d’air frais. Le travail de relance n’est pas terminé, mais pour la première fois depuis plusieurs années, on a le sentiment que l’organisation est engagée dans la bonne direction. Mark Weightman a ramené l’équipe dans la communauté. Chapeau!

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Parti en champion!

En grand champion qu’il est, Patrick Roy a quitté ses fonctions de directeur général et d’entraîneur-chef des Remparts de Québec dans la gloire. On a beau dire que son parcours dans la Ligue de hockey junior du Québec a été marqué d’épisodes épicés, il a été tout un actif pour le circuit. Peut-être le meilleur dirigeant dans l’histoire de la LHJMQ. Essayez de trouver un ancien joueur québécois de la Ligue nationale qui rentre chez lui après sa carrière et qui en redonne autant à son sport et à sa communauté. Qu’est-ce qui l’attend maintenant? Pour l’avoir vu en novembre lors de l’intronisation de Pierre Turgeon au Panthéon du hockey, je peux vous dire qu’il se sent très bien dans sa peau. Et s’il y a eu un froid entre lui et Joe Sakic, comme on l’a entendu à la suite de son départ précipité du Colorado, c’est chose du passé. Les deux trinquaient joyeusement et se sont quittés en se faisant une chaleureuse accolade après les célébrations. Verra-t-on Roy derrière le banc des Sénateurs d’Ottawa? Ce n’est pas parti pour ça. En fait, ça n’arriverait pas que je ne serais pas surpris. Pourtant, Roy serait l’homme tout désigné pour prendre cette équipe en main. Il apporterait ce qui manque à cette organisation, c’est-à-dire de la crédibilité.et de la visibilité.

Sortie ratée

À l’inverse de Roy, Gilles Courteau a connu une fin de parcours qui a relégué au second plan ses grandes réalisations pendant ses 37 ans au service de la LHJMQ. L’homme de 65 ans a payé le gros prix pour les rituels d’initiation dégradants qui ont sévi pendant des décennies dans le circuit. Tant qu’à ça, il aurait fallu que les directeurs généraux et les entraîneurs qui étaient au fait de ces histoires lèvent aussi les pattes ou soient sanctionnés sévèrement. Les parents ne confient pas leurs enfants à des équipes juniors pour qu’ils subissent des sévices physiques qui les mènent à de la détresse psychologique. Cela dit, il a fallu que Courteau fasse des bonnes choses pour demeurer en poste aussi longtemps. Parmi celles-là, il y a le programme de donation de bourses d’études pour les joueurs qui en font la demande après leur carrière junior. Le montant alloué s’élève à 6000$ pour chaque année jouée, ce qui veut dire que la somme peut s’élever à 24 000$ pour ceux qui ont disputé quatre saisons. Courteau a été aussi le maître d’œuvre des expansions en Abitibi, dans le Bas-Saint-Laurent, sur la Côte-Nord et dans les Maritimes.

Une plaie sociale

Ça vous dit d’entendre parler du Stade olympique? L’enceinte vient d’être fermée pour permettre la réalisation de travaux exploratoires dans le sol du stade. Opération nécessaire, précisons-le. Cette fermeture forcera notamment le CF Montréal à disputer son match d’ouverture au stade Saputo, ce qui ne pourra se faire avant avril. L’équipe sera donc tenue de jouer plusieurs matchs à l’étranger avant de pouvoir se produire devant ses partisans. Plus tôt cette année, on apprenait qu’en plus de la toile, l’anneau technique devra aussi être remplacé. Les coûts de cette opération s’élèveraient entre 750 millions et un milliard, selon La Presse. Si ce n’était que ça. Le stade a besoin d’une métamorphose complète pour être au goût du jour et, encore là, ça ne suffirait pas pour y attirer une équipe du baseball majeur ou de football de la Ligue nationale. Le gouvernement Legault et la mairesse Plante tiennent à ce que le stade survive. C’est légitime, mais ça prend des locataires capables d’y présenter plusieurs événements par année. L’endroit est peut-être un bel attrait touristique mais représente une plaie sociale pour les contriables québécois. Quel gâchis!

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