Nos prédictions pour la semaine 11 dans la NFL: et si une recrue décrochait le titre de joueur le plus utile?


Stéphane Cadorette
Partager
Le jeune quart-arrière des Texans CJ Stroud continue d’épater, au point où un exploit vieux de 66 ans est à sa portée. Même si c’est loin d’être dans la poche, il est dans la conversation pour le titre de joueur le plus utile de la NFL, ce qu’aucune recrue n’a réussi dans l’histoire de la ligue, à part l’immortel Jim Brown en 1957.
• À lire aussi: NFL: Les Bengals perdent Joe Burrow et le match
• À lire aussi: Deshaun Watson: une autre saison gaspillée pour l’homme de 230 millions
• À lire aussi: Match Chiefs-Eagles: pas de Taylor Swift à cette radio de Philadelphie
Pensez-y juste un peu... CJ Stroud et Jim Brown dans la même phrase, c’était purement dans le domaine du délire il y a quelques mois à peine. Plus maintenant!
Brown, qui incidemment a rendu l’âme en mai dernier, à peine trois semaines après la sélection de Stroud par les Texans, demeure à ce jour l’une des plus grandes légendes du football. Il a été élu trois fois joueur le plus utile et a été nommé huit fois sur la première équipe d’étoiles.
Le but n’est certainement pas d’écrire ici que Stroud deviendra aussi important que Brown. Le jeune a des cargaisons de croûtes à manger avant d’être comparé à un si grandissime personnage. Le fait est cependant qu’après 10 semaines d’activités, il se hisse clairement parmi les favoris au titre de joueur le plus utile.
C’est un titre dont une seule recrue depuis Brown s’est approchée, en 1998, quand le receveur des Vikings Randy Moss avait terminé dans le top 3 pour les votes. Sinon, avant et après, c’est le néant.
De bons arguments
Actuellement, le pivot des Texans domine ses pairs avec une moyenne de 291,8 verges par match. Les verges ne sont pas la statistique la plus représentative du jeu d’un quart-arrière, mais sachez quand même que le dernier quart-arrière recrue à avoir terminé au premier rang pour les verges par match est un certain Davey O’Brien... en 1939.
Ce qui impressionne par-dessus tout, c’est à quel point Stroud prend jalousement soin du ballon, avec seulement deux interceptions à sa fiche sur 318 passes tentées. On parle d’un excellent taux de 0,63% de ses passes qui sont interceptées, ce qui serait un record pour une recrue (la marque appartient à Dak Prescott, à 0,87% en 2016).
S’il maintient sa cadence d’enfer, Stroud accumulera aussi 28 passes de touchés, ce qui serait le deuxième meilleur résultat après les 31 de Justin Herbert, en 2020.
Encore mieux, Stroud ne se contente pas de passes à haut taux de réussite. Selon NextGen Stats, il a déjà accumulé 1513 verges sur les passes qui ont franchi au moins 10 verges de la ligne de mêlée, un sommet dans la ligue. Face au blitz, il est aussi le quart le plus efficace avec 9,6 verges par passe.
Solide aux bons moments

Pour être considéré comme joueur le plus utile, un joueur doit performer dans les moments critiques.
Cette saison, Stroud est le meneur dans la ligue au niveau des passes complétées, des verges amassées et des conversions réussies sur les troisièmes et quatrièmes essais. Il est aussi dans le top 2 pour les verges et les passes de touchés au quatrième quart.
Évidemment, Stroud peut encore frapper le mur qui atteint tant de recrues au fil du temps, plus la saison progresse. Si les Texans sont évincés éventuellement du portrait des séries, sa candidature deviendra difficile à considérer.
Pour l’instant, Stroud est le jeune leader de l’équipe la plus améliorée de la ligue avec un dossier de 5-4. Quand on pense que les Texans ont présenté une fiche cumulative de 11-38-1 lors des trois dernières saisons, il y a de quoi s’étouffer avec son café ou sa bière.
C'est quand même peu probable, mais si Stroud garde le rythme et décroche le titre de joueur le plus utile contre toute attente, Jim Brown serait le premier à être fier et à ne pas se retourner dans sa tombe.
Fin abrupte pour Burrow
Sur une autre note, impossible de ne pas souffrir avec les Bengals, qui ont appris vendredi que la saison de leur as quart-arrière Joe Burrow venait de prendre fin en raison d’un ligament déchiré dans le poignet.
Déjà que cette équipe s’était drôlement compliquée la vie, voilà que ses chances de prendre part aux éliminatoires deviennent à peu près nulles avec Jake Browning.
C’est frustrant pour les Bengals, mais aussi pour les amateurs de bon football. Burrow s’ajoute aux Aaron Rodgers, Kirk Cousins, Deshaun Watson et Anthony Richardson sur la liste des partants finis pour l’année. Le produit sur le terrain en souffre.
SEMAINE 11
- JEUDI
MON CHOIX
Cincinnati à Baltimore BENGALS
- DIMANCHE
MES CHOIX
Dallas en Caroline (13h) COWBOYS
Pittsburgh à Cleveland (13h) BROWNS
Chicago à Detroit (13h) LIONS
LA Chargers à Green Bay (13h) CHARGERS
Arizona à Houston (13h) TEXANS
Tennessee à Jacksonville (13h) JAGUARS
Las Vegas à Miami (13h) DOLPHINS
NY Giants à Washington (13h) COMMANDERS
Tampa Bay à San Francisco (16h05) 49ERS
NY Jets à Buffalo (16h25) BILLS
Seattle à LA Rams (16h25) SEAHAWKS
Minnesota à Denver (20h20) VIKINGS
- LUNDI
MON CHOIX
Philadelphie à Kansas City (20h15) CHIEFS
*Équipes en congé: Patriots, Colts, Falcons, Saints
RÉSULTATS DE LA SEMAINE DERNIÈRE: 7 en 14 (50%)
TOTAL CETTE SAISON: 96 en 150 (64%)
LES CHOIX DU JOURNAL
Cowboys de Dallas (6-3) vs Panthers de la Caroline (1-8)
PAUVRES PANTHERS

Dans les trois dernières semaines, Dak Prescott a lancé 11 passes de touchés et réussi 72,7% de ses passes. Pour 1082 verges. Les Panthers n’ont pas beaucoup de qualités, mais l’une d’entre elles est qu’ils sont sixièmes contre la passe cette saison. À cinq reprises, ils ont limité leurs rivaux à moins de 200 verges par la passe. En contrepartie, ils ont donné sept fois 130 verges ou plus au sol. C’est peut-être un match où Tony Pollard s’illustrera davantage que Prescott. Peu importe, les chances des Panthers sont faméliques. Cowboys par 14
Steelers de Pittsburgh (6-3) vs Browns de Cleveland (6-3)
UNE DEUXIÈME CHANCE

Privés de Deshaun Watson pour le reste de la saison, les Browns s’en remettent au quart recrue Dorian Thompson-Robinson plutôt qu’à PJ Walker. C’est risqué, sachant qu’il a été victime de trois interceptions à son unique départ. Cette fois, par contre, il aura le bénéfice d’être préparé et de mieux maîtriser la situation. La tertiaire des Steelers a concédé cinq jeux aériens de plus de 20 verges dimanche dernier. Les Steelers ont battu les Browns de justesse en début de saison grâce à deux touchés défensifs. Ça n’arrivera pas deux fois. Browns par 3
Bears de Chicago (3-7) vs Lions de Detroit (7-2)
FIELDS DE RETOUR

L'affaire n’est pas autant dans le sac que ce match peut en avoir l’air, pour les Lions. Le quart-arrière des Bears, Justin Fields, est de retour, lui qui semblait trouver sa voie avant de se blesser à un pouce. Il ne faut pas sous-estimer un jeune pivot laissé pour mort qui joue littéralement son avenir et qui gagne à être remarqué partout dans la ligue. Les Lions ont donné 30 points en moyenne depuis la semaine 7, un sommet dans la ligue et un élément qu’ils doivent corriger. Les Lions ont quand même trop de force de frappe offensive. Lions par 8
Chargers de Los Angeles (4-5) vs Packers de Green Bay (3-6)
DES MONTAGNES RUSSES

Les Chargers nous amènent toujours en tours de manège et ça continue. D’une semaine à l’autre, ils sont virevoltants. Les Packers ne misent toujours pas sur un receveur capable de s’imposer et d’aider le quart-arrière Jordan Love à s’élever. Christian Watson ne semble être finalement qu’un marchand de vitesse et le reste de sa bande, des marchands d’espoir. Dommage que l’attaque soit au neutre, puisque la défense neutralise bien la passe (7e rang). À surveiller chez les Chargers, si Keenan Allen ne joue pas, ça se complique... Chargers par 3
Cardinals de l’Arizona (2-8) vs Texans de Houston (5-4)
MURRAY EN FORME

Kyler Murray a produit un effet vivifiant sur l’attaque des Cardinals à son retour dimanche. Il va cependant constater que le front défensif des Texans se rendra plus vite à lui que celui des Falcons. Murray se retrouve dans une drôle de posture puisque les Cardinals risquent de parler tôt au repêchage et d’observer d’autres quarts-arrières. À moins qu’il continue de bien jouer au point de compromettre cette stratégie. Vous voyez, on finit toujours par trouver un point d’intérêt, même chez les Cards. Texans par 5
Titans du Tennessee (3-6) vs Jaguars de Jacksonville (6-3)
PAS DROIT À L’ERREUR

Si les Jaguars se pensaient confortablement installés sur le pilote automatique, ils sont aussi bien de retrouver l’accélérateur après la volée subie dimanche dernier face aux 49ers. Les Texans leur soufflent soudainement dans le cou au sein de la division Sud. Trevor Lawrence, après sa fin de saison exceptionnelle l’an dernier, tarde à se mettre en marche avec neuf passes de touchés seulement. Les Titans, avec la pire ligne offensive de la ligue, auront besoin de miracles de Will Levis et Derrick Henry. Jaguars par 6
Raiders de Las Vegas (5-5) vs Dolphins de Miami (6-3)
CHIFFRES TROMPEURS

Il faut se méfier des apparences. La défense des Raiders a donné seulement trois touchés sur les 35 dernières séquences offensives adverses, diront les optimistes. Les réalistes répondront que ça aide infiniment quand ces séquences étaient l’œuvre des imbuvables Jets et Giants. L’attaque des Dolphins s’annonce un tantinet plus explosive que celles des deux imposteurs précédents. Les Raiders jouent de façon plus détendue depuis le départ de Josh McDaniels, mais la réalité va frapper. Dolphins par 13
Giants de New York (2-8) vs Commanders de Washington (4-6)
ÇA FAIT PITIÉ...

Il n’y a plus d’espoir pour les Giants et la mission de l’entraîneur-chef Brian Daboll est d’éviter toute fracture dans le vestiaire. Sous ses ordres, les Giants ont perdu six matchs par au moins 14 points cette saison, ce qui devient franchement embarrassant. Face aux équipes de leur division depuis l’an dernier, leur fiche est de 2-7-1, mais les deux victoires et le verdict nul sont justement survenus face aux adversaires du week-end, les Commanders. Sauf qu’avec Tommy DeVito, on se met en boule et on pleure. Commanders par 7
Buccaneers de Tampa Bay (4-5) vs 49ers de San Francisco (6-3)
LES VRAIS NINERS

Les 49ers ont accueilli avec bonheur le retour de Deebo Samuel et Trent Williams à l’attaque la semaine dernière, mais aussi celui de Brock Purdy. Le quart-arrière n’avait pas raté d’action, mais ne semblait plus lui-même dernièrement. Il est bien en vie et les Buccaneers sont 31e contre la passe. Ils viennent de faire du bon boulot à ce chapitre face aux Titans, mais comparer le jeu aérien des Titans à celui des Niners, c’est blasphématoire. Baker Mayfield ne joue pas mal, mais n’aura pas le temps de réfléchir. 49ers par 9
Jets de New York (4-5) vs Bills de Buffalo (5-5)
ÉQUIPES EN PANNE

Les Jets ont limité leurs rivaux à 18 points en moyenne lors des sept dernières semaines et leur fiche durant cette période est de 3-4, ce qui témoigne de l’atrocité de l’unité offensive. Prenez le temps de digérer ceci: à leurs 55 dernières séquences offensives, les Jets ont inscrit deux touchés. C’est donc dire que même si les Bills en arrachent en ce moment, même s’ils ont congédié leur coordonnateur offensif, même si Josh Allen multiplie les revirements, leur attaque ne peut être plus crasseuse que celle des Jets. Non? Bills par 6
Seahawks de Seattle (6-3) vs Rams de Los Angeles (3-6)
SURPRISE POSSIBLE

Quand les Seahawks affrontent les Rams, il se passe souvent de drôles de choses. Rappelez-vous que les Rams l’ont emporté aisément par 30-13 en début de saison. D’ailleurs, les Rams ont gagné six des neuf derniers duels entre les deux rivaux de division et les deux dernières victoires des Seahawks sont survenues lorsque Matthew Stafford était K.-O. Stafford retrouve son poste cette semaine après un match d’absence. Le porteur Kenneth Walker va quand même prendre le contrôle face à la défense poreuse des Rams contre la course. Seahawks par 4
Vikings du Minnesota (6-4) vs Broncos de Denver (4-5)
DUEL CORSÉ

La meilleure façon de battre les Broncos cette saison, c’est de leur piler dans la face au sol. Ils ont déjà donné cinq fois plus de 135 verges au sol. Les Vikings sont l’une des histoires de l’heure dans la ligue, mais leur attaque au sol n’en mène pas large. C’est toutefois mieux à ce chapitre depuis que Josh Dobbs est le quart-arrière, car il ajoute une dimension terrestre, ce qui n’est pas peu dire pour un astronaute. La défense des Broncos contre la passe s’est resserrée et les Vikings espèrent renouer avec Justin Jefferson... Vikings par 2
Eagles de Philadelphie (8-1) vs Chiefs de Kansas City (7-2)
REVANCHE DU SUPER BOWL

Eagles et Chiefs lundi soir, que demander de plus? Les deux équipes sont probablement au sommet du circuit. Les deux équipes ont battu trois équipes dotées de fiches gagnantes. Les deux équipes peuvent gagner des matchs de toutes les façons possibles. La ligne à l’attaque des Chiefs en aura plein les bras et les receveurs sont un éternel point d’interrogation, mais difficile, toujours, d’écarter l’impact de Patrick Mahomes. Et bien sûr du pilote Andy Reid, qui est 4-0 contre son ancienne équipe et 21-3 après une semaine de congé. Chiefs par 4