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Assemblée nationale: nos élus doivent-ils être mieux payés?

Le débat pour augmenter le salaire des députés est relancé.

Photo portrait de Patrick Bellerose

Patrick Bellerose

2023-02-18T05:00:00Z

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Imaginez pouvoir voter pour augmenter votre propre salaire ! L’idée peut sembler attrayante, mais à Québec, elle est plutôt devenue une patate chaude dont personne ne veut la responsabilité. Devant l’impasse, un nouveau comité tentera de trancher une fois pour toutes : les élus provinciaux sont-ils suffisamment payés ? 

• À lire aussi: Québec veut hausser le salaire des députés

« Les députés ont toujours peur de porter l’odieux de dire : “j’ai décidé de mes propres conditions salariales”. Mais il n’y a pas de volonté de se donner un mécanisme pour se sortir de là », explique l’ex-députée péquiste Carole Poirier. 

Autrefois membre du Bureau de l’Assemblée nationale, où le sujet est débattu, elle a été aux premières loges pour observer l’éternel débat sur la rémunération des élus. 

« J’ai l’impression de revoir un vieux film », dit-elle devant la création, cette semaine, d’un nouveau comité chargé d’étudier la question.  

Avec un revenu de base de 101 561 $ et de généreux avantages sociaux, les députés se comparent favorablement à la moyenne québécoise (seulement 8 % de la population gagnait plus de 100 000 $ en 2019).

Mais pour certains candidats-vedettes, la décote peut faire mal. « Le salaire des députés, c’est un frein pour trouver des candidats dans certains comtés », confie une ancienne organisatrice politique qui ne souhaite pas être nommée pour des raisons professionnelles.  

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  • Écoutez la rencontre Montpetit-Fortin avec Marie Montpetit, analyste politique et Steve E. Fortin, chroniqueur-blogueur au Journal de Montréal Journal de Québec au micro de Yasmine Abdelfadel sur QUB radio :

7 jours sur 7

C’est pire encore quand vient le temps d’approcher quelqu’un en début de carrière.

« Un jeune comptable agréé, déjà il fait ce salaire-là, il est en train de bâtir sa carrière. Il ne viendra pas comme député quand tu lui expliques qu’il va travailler les soirs et les fins de semaine », poursuit cette organisatrice d’expérience. 

Carole Poirier rappelle elle aussi que les députés travaillent souvent « sept jours par semaine ».

En plus de dormir loin de la maison lorsqu’ils sont à Québec, ils doivent étudier leurs dossiers en vue des commissions parlementaires, s’occuper des cas de comtés, participer à des événements sociaux, etc. 

« Tu vas faire ton épicerie, tu rencontres tes citoyens », illustre-t-elle.

Comme à Ottawa

Pour Mme Poirier, Québec devrait prendre exemple sur Ottawa, où la hausse est établie en fonction de l’augmentation moyenne dans les entreprises privées.

« Le salaire est indexé et ce n’est plus dans les mains des députés », souligne-t-elle. 

Mais le sujet fait souvent l’objet de luttes partisanes. En 2015, la volonté du gouvernement Couillard d’augmenter les salaires, sur la recommandation du rapport L’Heureux-Dubé déposé deux ans plus tôt, s’était heurtée à l’opposition... de la CAQ, qui y voyait une contradiction avec l’austérité imposée par les libéraux. 

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Cette fois, Québec solidaire conteste la révision uniquement du salaire, estimant qu’il faut revoir l’ensemble de la rémunération, qui inclut une allocation de dépenses, un généreux fonds de pension, etc. 

  • Écoutez la chronique politique provinciale et fédérale avec Antoine Robitaille et Philippe-Vincent Foisy, animateurs à QUB radio au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio :

Dépolitiser le processus

Tout comme Carole Poirier, la professeure de science politique à l’Université d’Ottawa Geneviève Tellier plaide pour dépolitiser le processus, après que certaines provinces s’en sont carrément servi pour envoyer un message politique. 

En Ontario, par exemple, les salaires sont gelés depuis la crise financière de 2008. La Colombie-Britannique, elle, impose une pénalité de 10 % sur la prime des ministres si l’équilibre budgétaire n’est pas atteint. 

La rémunération des élus, dit Mme Tellier, devrait tout simplement être « comparable » à celle des hauts responsables dans la fonction publique. Présentement, le recteur de son université gagne plus que le premier ministre du Canada, souligne-t-elle. 

Mais le rôle politique des députés et la pression de l’opinion publique font qu’il est parfois difficile de justifier une telle remise à niveau. « Pourtant, si on compare avec ce qui se fait ailleurs, ce ne sont pas des salaires qui sont exorbitants », affirme Mme Tellier 

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COMPARAISON DU SALAIRE DES ÉLUS  

Justin Trudeau
379 000 $

Photo d’archives, AFP
Photo d’archives, AFP

OTTAWA

  • Premier ministre 379 000 $  
  • Ministre 279 900 $ 
  • Députés
    Indemnité de base 189 500 $
    + remboursement de dépenses liées à leur fonction 

François Legault
208 200 $

Photo d’archives, Stevens LeBlanc
Photo d’archives, Stevens LeBlanc

QUÉBEC

  • Premier ministre 208 200 $ 
  • Ministre 177 732 $ 
  • Députés
    Indemnité de base 101 561 $
    + allocation de dépenses 19 052 $ 

David Eby
218 586 $

Photo tirée du site web du NPD
Photo tirée du site web du NPD

COLOMBIE-BRITANNIQUE

  • Premier ministre 218 586 $ 
  • Ministre 172 567 $ 
  • Députés
    Indemnité de base 115 045 $
    + per diem : 61 $ par jour pour des dépenses liées au travail 

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Doug Ford
208 974 $​

Photo d’archives, courtoisie
Photo d’archives, courtoisie

ONTARIO

  • Premier ministre 208 974 $ 
  • Ministre 165 850 $  
  • Députés
    Indemnité de base 116 550 $
    pas d’allocation de dépenses

SALAIRE DES HAUTS FONCTIONNAIRES AU QUÉBEC (EN 2022)  

  • SECRÉTAIRE GÉNÉRAL
    325 810 $ + 4830 $ par année en frais de fonction 
  • SOUS-MINISTRE
    Salaire le plus bas 196 627 $
    Salaire le plus élevé 276 109 $ 
  • SOUS-MINISTRE ADJOINT
    Salaire le plus bas 152 330 $
    Salaire le plus élevé 360 525 $  
  • CADRE SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX
    Salaire le plus bas 152 034 $
    Salaire le plus élevé 311 812 $ 
  • DIRIGEANTS ET MEMBRES D’ORGANISMES GOUVERNEMENTAUX
    Salaire le plus bas 101 851 $
    Salaire le plus élevé 210 212 $

DANS NOS HÔPITAUX ET NOS ÉCOLES

  • Enseignants
    De 52 954 $ à 92 027 $
  • Infirmières
    De 49 016 $ à 79 405 $
  • Infirmières bachelières
    De 51 423 $ à 92 045 $

— Gabriel Côté, Agence QMI

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