Non, l'expérience Patrik Laine n'est pas un échec

Jean-Charles Lajoie
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Mon collègue Jean-Nicolas Blanchet en a poussé une «capable» dans sa colonne mardi en clamant que l’expérience Patrik Laine avait assez duré chez le Canadien.
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Jean-Nic brasse de la soupe et il s’y plait bien. C’est un bon «brasseur», je dois l’admettre. Il n’a pas froid aux yeux et il appuie ses opinions solidement, respect pour ça.
Je dois toutefois assurer la réplique et m’inscrire en faux à la fronde envers Laine.
Universitaire renseigné, Jean-Nic appuie toujours son propos sur des faits et des statistiques. En prenant évidemment bien soin d’utiliser celles qui servent ledit propos, la marque d’un vrai chroniqueur. L’affaire, c’est que dans les faits, on ne gagne ni ne perd des matchs de hockey devant un écran d’ordinateur ouvert sur le site moneypuck.
Si c’était le cas, il y aurait des Jean-Nic directeurs généraux aux quatre coins de la Ligue nationale de hockey (LNH). Heureusement, on continue de gagner et/ou de perdre des matchs de hockey sur la glace.
Ce qui me ramène à Laine. Invariablement, c’est certain que le plus haut salarié de l’histoire du Canadien en attaque va retenir l’attention dans un marché comme Montréal.
Ici, on adule des joueurs qui gagnent 3 millions $ par saison, mais on condamne et on pardonne peu ceux qui touchent en haut de 7 millions $. Imaginez à 8,7 millions $. Pas chanceux dans sa chance, Laine n’avait pas trois vies comme dans Donkey Kong.
C’est un peu pour ça que le mois dernier, j’écrivais au sujet de Laine. Je trouve injuste que l’on s’abatte sur un joueur en raison principalement de son chèque de paye. En même temps, le talent brut et pur, je fais de l’adoration de ça et je suis de ceux qui croient qu’on n’en a jamais assez.
Cela écrit, Laine est un pur-sang, un vrai. Avec ce que ça comporte et ce que ça implique. Sa Majesté Patrik a besoin d’être bien servi. Il a besoin qu’on l’emballe dans du papier bulle au moment de prendre la route. C’est le genre de superstar qui peut devenir une équipe dans l’équipe. C’est donc souvent le genre de profil qui peut inconsciemment anéantir un projet collectif.
Laine est un humain de grande valeur, un homme de goût, un individu bien au-dessus de la moyenne au niveau de l’intelligence et de la sensibilité. C’est un spécimen rare et particulier.
Je me suis demandé pendant plusieurs semaines pourquoi Kent Hughes avait avalé son luxuriant contrat l’été dernier. Je trouvais que ce risque évident avait été mal calculé.
On ne saura jamais la réelle motivation de l’état-major du CH pour procéder à cette acquisition, mais je peux affirmer ici qu’ils ne se sont absolument pas trompés.
Il y a eu un effet Laine hyper positif. Le taciturne Finlandais a excité les partisans et aidé à mousser l’intérêt pour des billets de match autant qu’il a surexcité les jeunes joueurs de l’organisation, Cole Caufield en tête.
Ce dernier a d’ailleurs l’exemple parfait sous ses yeux afin de choisir de réussir ou échouer dans un projet collectif, alors que ta qualité première est de scorer des buts. À date, il a saisi à merveille le message, car son match sur 200 par 85 pieds est à un niveau que je ne l’aurais jamais cru capable d’atteindre. Caufield est sensationnel, rien de moins.
Laine, lui, a eu deux grippes qui l’ont tenu à l’écart chaque fois pour trois matchs. Indécent en soi, surtout sa dernière en lice alors que son équipe lutte pour sa survie tous les soirs.
Heureusement - et c’est là la grande réussite de Kent Hughes dans le cas de Laine - à l’épreuve de caractère, le groupe de joueurs gagne haut la main. Les jeunes sont unis, engagés et ils démontrent qu’ils ne dépendent pas des humeurs et virus de Sa Majesté Laine. La plus belle victoire, elle est là.
Pour le reste, seuls les résultats comptent. Au-delà de tout le mauvais que moneypuck peut révéler à Jean-Nic au sujet de Laine, les résultats sont cinglants.
- Fiche de 19-12-3 ; 41 points sur 68 avec Laine
- Fiche de 12-15-6 ; 30 points sur 66 sans Laine