Non, l'Amérique n'est pas de retour avec ça

Jean-Nicolas Blanchet
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«Ils ont hué notre hymne national», «on s’est battu trois fois» et «on les a explosés dans LEUR PROPRE STADE». «L’AMÉRIQUE EST DE RETOUR.»
Si ici, au Québec, beaucoup de monde semble marcher sur des œufs quand on mélange la politique avec le duel Canada et États-Unis à la Confrontation des 4 nations, du côté américain, plusieurs s’en torchent, de casser des œufs.
Parlez-en au politicien Byron Donalds. C’est un membre du Congrès américain et représentant de la Floride. Il est membre du Parti républicain. C’est lui qui avait dit que «papa est de retour» quand Donald Trump a été réélu.
C’est Byron Donalds qui a écrit les mots plus haut sur la plateforme X, de son nouveau collègue Elon Musk. C’était sa réaction sur le premier match entre le Canada et les États-Unis au Centre Bell samedi. Avec des lettres majuscules en plus!
La fierté américaine
Au Canada, on se fait menacer économiquement et nos politiciens au pouvoir appellent les citoyens à ne pas huer l’hymne national américain. On invite les spectateurs à faire preuve de respect envers les joueurs qui défendent fièrement leur pays.
Et aux États-Unis, tu as un politicien, du même parti politique du gars qui menace le Canada, qui est bien heureux que trois joueurs américains aient essayé de casser la gueule à nos joueurs.

Et il lance fièrement que l’Amérique est de retour, notamment grâce à tout ça. Rappelons qu’un des trois qui s’est battu chez les Américains racontait aussi sur X comment il avait été honoré de rencontrer Donald Trump la même journée que ce dernier lançait la guerre commerciale avec le Canada.
Il racontait aussi à quel point, cette même journée, il était fier d’être Américain.
Non, on ne peut pas le blâmer, ce joueur. Mais on ne peut pas non plus blâmer les spectateurs qui vont continuer de huer l’hymne national américain quand un politicien américain continue de nous mépriser comme ça. Ça peut couler sur votre dos comme sur celui d’un canard. Mais je trouve qu’il commence à manquer de colonne, ce canard. Ça va prendre un peu de fierté et qu’on arrête d’être intimidés.
J’y vais avec le Canada sans hésiter
Je suis convaincu que le Canada va gagner la finale. Et ce serait ma prédiction, même si Charlie McAvoy y était ou que Matthew Tkachuk était en pleine forme.
Plusieurs experts redoutaient terriblement la puissante attaque américaine. C’était loin d’être si redoutable. Les Américains ont en fait eu moins de chances de qualité que le Canada.

Le site de statistiques MoneyPuck calcule qui méritait le plus la victoire en se fiant à l’ensemble des occasions de marquer. Selon ses estimations, le Canada aurait gagné 76% du temps.
La différence a été devant le filet. Ce sera la même chose en finale, vous me direz?
Peut-être, mais je ne gagerais pas là-dessus. Jordan Binnington n’a pas été bon, mais il doit être l’individu sur terre le plus fâché de tout ça. Et c’est un compétiteur plutôt féroce, un peu fou, à la limite. Il va se battre (pas littéralement, là, du moins je crois).
De son côté, Connor Hellebuyck est effectivement le meilleur gardien au monde. Mais vous demanderez aux partisans des Jets comment ils l’ont trouvé depuis deux ans, dans les gros matchs en séries. C’est deux victoires et huit défaites, avec une moyenne de buts alloués de 4,36.
Les défenseurs américains ont réussi à contenir l’attaque canadienne. Mais disons qu’ils ne faisaient pas trop peur pour la relance. Ils ont passé la partie de samedi dernier à lober la rondelle en zone neutre, comme si Hal Gill avait pris le contrôle de leur âme.
Avant de graver le visage des frères Tkachuk sur les pièces de monnaie américaine, comme le suggère le responsable des réseaux sociaux des Panthers, je pense qu’on devra attendre de voir ce que Sidney Crosby, Connor McDavid et Nathan MacKinnon auront à dire jeudi soir avec leur talent.
Et le commentaire le plus sensé de la semaine revient à Jimmy Murphy, qui couvre les activités des Bruins de Boston comme journaliste.
«Les Américains sont offensés [par le fait que l’hymne national soit hué], mais comment est-ce que vous vous sentiriez si les rôles étaient inversés et que le premier ministre du Canada vous menaçait?»
Bon match!