Le plus vite au monde par un poil


Jean-Nicolas Blanchet
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PARIS | Pour continuer de se proclamer l’homme le plus rapide au monde, l’Américain Noah Lyles devait réaliser la course de sa vie... C’est ce qu’il a fait.
Avec un temps de 9,79 secondes, il a abaissé de deux centièmes son meilleur temps en carrière. Il s’agit du 12e temps le plus rapide de l’histoire.
Avec sa grosse chaîne, Lyles s’est présenté en finale de façon flamboyante, courant sur des dizaines de mètres en sautant pour allumer la foule, qui était déjà complètement survoltée lorsqu’il a été présenté. Il ne faut pas manquer de confiance.

Et il n’en manque pas. La vedette américaine déjà multimillionnaire ne manquait pas d’ambition, d’autant moins qu’il avait révélé, dans un documentaire sur Netflix, qu’il voulait quatre médailles d’or, dont celle du 100 mètres.
En fait, il est tellement populaire que plusieurs Américains ignorent s’il est plus rapide ou non qu’Usain Bolt l’a été. Évidemment, Lyles n’est même pas proche, mais ça démontre à quel point une aura et un mythe ont été créés autour de Lyles. Et ça ne semble pas le froisser, au contraire.
Le duel
Visage, notamment, de Coca-Cola, d’Adidas et de Visa, Lyles pouvait être le favori et y croire beaucoup. Il martelait qu’il était l’homme le plus rapide au monde, car il a remporté les derniers championnats du monde. Néanmoins, un autre coureur le remettait en doute et avec justesse. C’est Kishane Thompson, qui, en juin, a réalisé un temps de 9,77 secondes dans sa Jamaïque natale. Lyles n’a jamais été aussi vite.

Tout se dessinait ainsi pour un duel entre Lyles et Thompson. C’est exactement ce qui s’est produit.
C’était plus que serré. Personne n’arrivait à célébrer au fil d’arrivée. Ç’a pris la photo pour les sept premières places. La tête de Thompson était à un poil de la ligne quand l’orteil de Lyles la touchait. Et voilà, Lyles peut continuer de crier haut et fort qu’il est l’homme le plus vite au monde. Il l’a, sa première médaille d’or olympique. Le temps officiel pour les deux: 9,79. Lyles a fait le tour du stade en brandissant la pancarte affichant son nom.
Moins de 9 millièmes de seconde ont fait la différence entre l’Américain et le Jamaïcain. Seulement quatre centièmes de seconde séparent la première de la quatrième place.
L’attente de la photo
Entre la fin de la course et l’annonce des résultats, les quelques secondes ont paru très longues pour la foule. Imaginez pour les sprinteurs.
«J’ai dit [à Kishane], je pense que tu as gagné. Et mon nom est sorti [...] C’était fou», a réagi Lyles après sa course.
Sur la pression, il ne s’en cache pas. Il y en avait beaucoup. «Il y a tellement de publicités ou des gens comme Snoop Dog qui est ici et qui disaient que je serais le meilleur», a-t-il relaté.
«Je ne dirai pas que ce n’est pas de la pression, ce l’est. [...] Ce moment était significatif pour moi alors que je disais constamment que c’était ce dont j’avais besoin, que ce moment était le mien».
De son côté, Thompson s’est dit «heureux » et «déçu» à la fois. L’«heureux» ne paraissait pas beaucoup par contre devant les médias. «Honnêtement, je vais très bien [...] Je ne suis pas du type expressif».

Est-ce que la médaille d’or devrait être partagée parce qu’ils ont partagé le même temps au centième près?
«Ce sport est trop compétitif. Je ne veux pas insulter les autres sports, mais c’est trop compétitif pour nous pour qu’on partage une médaille d’or».
Et, à titre indicatif, mentionnons que le record d’Usain Bolt n’a pas été frôlé.