Nicolás Maduro comparaîtra lundi devant un juge de New York
AFP
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Le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro comparaîtra lundi à midi devant un juge de New York, a indiqué dimanche le tribunal, où il se verra officiellement signifier les charges retenues contre lui.
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Inculpé par la justice américaine notamment pour «narcoterrorisme» et importation de cocaïne aux États-Unis, le chef d’État capturé samedi lors d’une opération de l’armée américaine sera présenté devant le tribunal fédéral du Southern District à Manhattan.
Donald Trump a menacé dimanche la dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, d’un sort pire que celui réservé à Nicolás Maduro, le président déchu, capturé et emmené la veille par les forces américaines pour être traduit en justice à New York où il a passé la nuit en prison.
«Si elle ne fait pas ce qu’il faut, elle va payer un prix très cher, probablement plus élevé que Maduro», a déclaré le président américain au journal The Atlantic, au sujet de la vice-présidente vénézuélienne à qui la Cour suprême de son pays a confié le pouvoir par intérim. «Le pays est totalement en faillite», a-t-il jugé.
Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafic de drogue, les États-Unis ont mené samedi une spectaculaire opération d’enlèvement de Nicolás Maduro, 63 ans, et de son épouse Cilia Flores, 69 ans, accusés de «narcoterrorisme».
Commentant cette opération minutieusement préparée, Donald Trump avait déclaré samedi que les États-Unis allaient désormais «diriger» le pays de 30 millions d’habitants, ajoutant qu’il serait prêt à y dépêcher des troupes au sol et à y lancer une «seconde vague» d’attaques.
Mais son chef de la diplomatie Marco Rubio s’est employé dimanche à tempérer ces propos, soulignant que Washington comptait sur Mme Rodriguez et d’autres dirigeants en place pour satisfaire aux exigences américaines.
«S’ils ne prennent pas de bonnes décisions, les États-Unis conserveront de nombreux leviers d’influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l’embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l’avenir, nous allons juger tout ce qu’ils font», a-t-il averti.
Au Venezuela, l’armée reconnaît Delcy Rodriguez comme présidente par intérim, a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino López, qui a appelé ses compatriotes à reprendre une vie normale.
L’or noir vénézuélien
Le ministre vénézuélien a également exhorté la population «à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer», accusant les États-Unis d’avoir commis un «enlèvement lâche».
Dans les rues peu fréquentées de Caracas, on ne voyait plus les patrouilles de policiers masqués et lourdement armés aperçues la veille. Des habitants patientaient devant les magasins d’alimentation, dont certains faisaient entrer les clients un par un pour éviter les pillages, selon des journalistes de l’AFP.
Si les États-Unis ne veulent plus s’impliquer, d’après Marco Rubio, dans les affaires politiques de pays tiers, comme en Irak ou en Afghanistan, Donald Trump n’a pas fait mystère de son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.
Le président américain a affirmé samedi qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l’or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.
Le Venezuela «n’a pas la capacité de relancer cette industrie», a déclaré Marco Rubio à CBS. «Nous sommes presque certains que les entreprises occidentales manifesteront un vif intérêt. Les entreprises non russes et non chinoises seront très intéressées.»
Après la diffusion par Donald Trump de la première photo de Nicolás Maduro, les menottes aux poignets et les yeux bandés à bord d’un navire de guerre américain, la Maison-Blanche a publié samedi une vidéo du président déchu, les mains entravées et en sandales, escorté dans les locaux de la Drug Enforcement Administration (DEA), l’agence fédérale antidrogue.
L’héritier de Hugo Chavez, qui a dirigé le Venezuela d’une main de fer pendant plus de dix ans après des élections générales entachées d’irrégularités, comparaîtra lundi devant la justice américaine.
«Respect de la volonté du peuple»
De son côté, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi à la demande de Caracas alors que les critiques ont fusé dans plusieurs capitales contre «une violation du droit international».
L’UE a exigé dimanche le «respect de la volonté du peuple vénézuélien», «seul moyen [...] de rétablir la démocratie et de résoudre la crise actuelle».
Mais Marco Rubio a jugé dimanche qu’il était trop tôt pour évoquer l’organisation d’élections au Venezuela.
«C’est prématuré à ce stade», a-t-il dit à NBC. «Nous attachons de l’importance aux élections et à la démocratie. [...] Mais ce qui nous importe avant tout, c’est la sécurité, le bien-être et la prospérité des États-Unis.»
Si des manifestants pro-Maduro ont dénoncé l’interventionnisme américain, des milliers de Vénézuéliens exilés, sur les huit millions qui ont fui leur pays miné par la pauvreté, ont célébré dans plusieurs villes du monde la chute de l’ancien homme fort.
«Enfin, nous allons avoir un pays libre. Enfin, nous allons pouvoir rentrer chez nous», a dit à l’AFP Yurimar Rojas, vendeur ambulant à Santiago du Chili.