«J'étais assez mauvais» - Nick Suzuki

Jean-François Chaumont
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Nick Suzuki restera toujours un immense morceau du casse-tête de l’équipe, avec ou sans Kirby Dach. Au deuxième match sans Dach, le capitaine a transporté une grande portion de l’attaque sur ses épaules dans un gain de 3 à 2 en prolongation contre les Capitals de Washington.
Suzuki a donné le ton à cette rencontre en première période. En supériorité numérique, il a repéré Sean Monahan avec une passe parfaite. Monahan n’avait qu’à garder son bâton sur la glace pour déjouer Darcy Kuemper. C’était un jeu typique du numéro 14.
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Il est à son sommet en avantage numérique quand il peut contrôler la rondelle en haut du cercle des mises en jeu du côté droit. Il a marqué plusieurs buts dans le passé en décochant un bon tir des poignets de cet endroit. Kuemper s’attendait probablement à un tir de sa part, mais il a choisi l’autre option avec la passe à Monahan qui avait les deux patins devant le grand gardien des Caps.
Puis en prolongation, Suzuki a obtenu la passe sur le but vainqueur, celui de Cole Caufield. Il a profité d’une sortie de zone rapide du défenseur Mike Matheson pour ensuite servir une jolie passe à son fidèle complice.
Caufield a battu Kuemper d’un bon tir. Pour le CH, c’était un soupir de soulagement. Avec ce but, on pouvait oublier la remontée des Capitals dans les dix dernières minutes du match.
À l’image du premier match de la saison à Toronto, le Tricolore venait de gaspiller une avance de deux buts en fin de rencontre. Mais le dénouement a été plus joyeux que celui contre la bande à Auston Matthews.
Répondre à son entraîneur
Dans le vestiaire après le match contre les Caps, Suzuki a offert une analyse très juste de son propre rendement en ce début de saison.
« J’étais assez mauvais dans les deux matchs précédents, a-t-il dit aux collègues de La Presse et The Athletic. Je savais que je devais mieux jouer pour voir l’équipe connaître du succès. Contre Chicago, je tournais en rond sans que ça mène à quoi que ce soit et c’était la même chose contre le Minnesota. »
Martin St-Louis avait également lancé un message à son capitaine jeudi dernier.
« C’est sûr qu’il doit être meilleur. Avec le nombre de minutes qu’il joue, il faut qu’il nous en donne plus. »
S’il n’a pas tendance à critiquer souvent ses joueurs sur la place publique, St-Louis avait parfaitement choisi ses mots dans ce cas précis.
En conférence de presse samedi soir, St-Louis a répondu à une question intéressante d’un collègue qui lui a demandé s’il avait fait cette sortie dans les médias afin de fouetter son capitaine.
« Je ne veux pas mentir quand je vous parle, a répondu St-Louis. Parfois, vous me posez des questions difficiles. Et je ne veux pas mentir. J’avais eu des conversations avec Suzie avant de dire ça. Il m’avait dit qu’il devait mieux jouer. Ce n’est pas comme si je disais des choses qu’il ne savait pas. Je ne cherchais pas à créer une étincelle avec Suzie. Je n’utiliserai jamais les médias pour créer une étincelle avec un joueur. »
Oublier les bruits
Le CH regagnera un rythme plus traditionnel avec quatre matchs cette semaine, contre les Sabres à Buffalo et ensuite face aux Devils, aux Blue Jackets et aux Jets à Montréal.
Il y aura donc moins de journées creuses entre les rencontres, laissant moins de place à la suranalyse comme c’était le cas après la visite du Wild du Minnesota.
Auteur de son premier but de la saison contre les Capitals, Brendan Gallagher a souri quand on lui a parlé des analyses parfois trop abondantes dans un marché bouillant comme Montréal.
« Quand tu joues ici, tu connais cette réalité, a dit Gallagher. C’est important de contrôler l’ambiance dans notre vestiaire. Nous nous présentons à l’aréna tous les jours et nous devons oublier ce qu’il se dit à l’extérieur. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut agir comme des professionnels et avec de la maturité. »