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NFL: un commissaire sous pression

Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2022-02-10T12:50:29Z

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Les minorités qui sont encore trop peu présentes parmi les entraîneurs, l’enquête concernant les allégations de harcèlement sexuel à Washington et la poursuite de Brian Flores qui fait état de potentiels cas de racisme et de manque d’intégrité... Les dossiers chauds se sont accumulés lors du traditionnel point de presse du commissaire Roger Goodell en marge du Super Bowl.

Si vous pensez que Gary Bettman est sous pression parce qu’il se fait huer à chacune de ses présences dans un aréna de la LNH, c’est de la petite bière en comparaison des questions de plus en plus embarrassantes qui sont balancées à Goodell lors de ses rares apparitions médiatiques.

Si son message est louable, il offre bien peu de concret. Il est facile de comprendre que même si Goodell gère une ligue de football et non de hockey, il est très habile dans l’art de patiner.

«Nous croyons en la diversité. Il faut continuer d’observer et de se poser des questions pour trouver des façons de faire mieux. On ne fait pas assez bien notre travail», a mentionné le grand patron.

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Faible proportion

Des neuf entraîneurs en chef embauchés depuis la fin de la saison, deux sont issus de minorités, soit Mike McDaniel (Dolphins) et Lovie Smith (Texans). Ils joignent donc Mike Tomlin (Steelers), Robert Saleh (Jets) et Ron Rivera (Commanders).

La proportion demeure bien faible sur 32 équipes. À cet effet, le commissaire n’exclut pas une refonte complète de la «règle Rooney», qui donne l’obligation aux équipes d’organiser au moins deux entrevues avec des candidats de minorités.

«Comment on fera évoluer cette règle? On travaillera sans répit jusqu’à ce qu’on trouve des solutions pour réellement devenir une ligue inclusive», a souligné Goodell.

Le cas Flores

Justement, dans les dernières semaines, Brian Flores a été démis de ses fonctions à Miami. Il a contre-attaqué avec une poursuite contre la NFL, voulant qu’il aurait été impliqué dans des processus d’entrevues biaisées.

Il estime aussi avoir été victime de traitement raciste et assure que l’intégrité de la NFL est en jeu puisque le propriétaire des Dolphins Stephen Ross lui aurait offert 100 000 $ par défaite afin de s’assurer d’obtenir le premier choix au repêchage, en 2019.

«Ces allégations sont très perturbantes. Nous étudierons le tout très sérieusement et s’il y a eu des violations, elles ne seront pas tolérées», a martelé Goodell. La situation des Commanders de Washington, où des dizaines d’ex-employées affirment avoir vécu des situations de harcèlement sexuel, sera réévaluée dans le cadre d’une nouvelle enquête de la ligue. Goodell aurait certainement préféré parler des festivités, ce qu’il a fait en partie. Mais à chacun de ses exercices annuels, la tension continue de monter.

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Un ancien Alouettes aux anges

Andrew Hawkins a toujours été de tout cœur avec les Bengals. Après avoir obtenu sa première chance au football professionnel à Montréal, le receveur a passé trois saisons avec eux, mais l’objectif ultime du Super Bowl lui a toujours échappé. Aujourd’hui, il vit le rêve par procuration.

C’est dans une chaleur estivale, sur la terrasse d’un chic hôtel du centre-ville de Los Angeles, que la rencontre avec Hawkins a eu lieu. Le soleil, malgré tous ses efforts bien sentis, n’aurait jamais pu être aussi radieux que le sourire de celui qui a capté 86 passes pour 995 verges et quatre touchés en 35 matchs avec les Bengals, de 2011 à 2013.

«Je me souviens que, tout jeune, je priais seulement pour que les Bengals connaissent une saison gagnante. Les voilà au Super Bowl, c’est fou ! Avant la saison, il y avait 0 % des gens qui auraient prédit un tel scénario, même les plus grands fans des Bengals au monde. J’étais très émotif quand ils ont battu les Chiefs», a raconté celui qui est désormais analyste à NFL Network.

Son frère Artrell avait été demi de coin pour les Bengals de 1998 à 2003, ce qui explique la partisanerie qui s’est développée.

Une poignée de recruteurs

Pour avoir vécu à l’intérieur de l’organisation, Andrew Hawkins a toujours compris que les Bengals faisaient bande à part dans leur petit marché.

À travers la NFL, pas une équipe ne compte moins de recruteurs que les six qui sont à l’emploi des Bengals, en incluant le directeur du personnel des joueurs, Duke Tobin. À titre comparatif, les Rams, leurs adversaires au Super Bowl, en comptent 26. À part les Bengals, pas une équipe n’emploie moins que 15 recruteurs.

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«Les Bengals, pour la majeure partie des dernières années, ont été solides pour repérer le talent. Je me souviens encore de mon essai devant Duke Tobin et il a vu quelque chose en moi, même si je mesurais 5 pi 7 po et que je jouais au Canada. C’est un microcosme de leur manière d’évaluer des joueurs. Ils ont tiré le meilleur de moi, comme ils l’ont fait avec d’autres», a-t-il indiqué.

«J’ai moi-même travaillé un peu dans le monde du recrutement et la chose la plus importante est de croire en ses évaluations. Tu ne peux pas te permettre de te laisser influencer et je crois que les Bengals s’en tiennent à leurs convictions plus que n’importe quelle autre équipe», a-t-il fait valoir.

De l’amour pour Montréal

Ce n’est pas parce que ses Bengals sont au Super Bowl et qu’il vit confortablement à Los Angeles que Hawkins a oublié le bon temps passé à Montréal, où il a contribué à deux conquêtes de la coupe Grey en 2009 et 2010.

«Ce serait clairement ma ville préférée en Amérique du Nord... si les hivers n’étaient pas si longs ! Je vivrais là à longueur d’année si ce n’était pas de ça. J’ai adoré mes années à Montréal et je pense que la Ligue canadienne ne reçoit clairement pas le crédit qu’elle mérite», s’est-il exprimé.

«À mon premier entraînement à Cincinnati, mon entraîneur de position m’a demandé où j’avais joué avant. Je lui ai répondu que j’avais joué à Montréal. Il a vu tout de suite que je ne sortais pas de l’université. Mon jeu était poli et je comprenais la game quand je suis arrivé à Cincinnati. J’étais un homme.»

Un homme, oui, mais qui a gardé son cœur d’enfant à l’approche du Super Bowl.

«Il faut être stupide pour penser que les Bengals n’ont aucune chance. Je sais que je ne suis pas objectif, mais il y a un esprit de famille quand on joue à Cincinnati. C’est l’un des plus petits marchés de la NFL, qui fonctionne avec de petites ressources. Même quand on a joué pour d’autres équipes, quand tout est fini, on se sent toujours membre des Bengals.»

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