New York, Fillier et la French Connection


Patric Laprade
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«Disons que quand je vais jouer contre eux, je vais être encore plus motivée!»
Ce sont les paroles que l’attaquante Emmy Fecteau m’avait dites le soir du repêchage de la LPHF en juin dernier. Eux, c’est l’équipe de la Victoire de Montréal, qui n’avait pas repêché la capitaine des Stingers de Concordia. C’est plutôt New York qui a choisi la seule Québécoise de ce deuxième repêchage de la ligue.
Et même si Emmy ne s’est pas inscrite au pointage hier à la Place Bell, son équipe s’est occupée d’elle en remportant une victoire convaincante face à Montréal de 4 à 1.
Fecteau fait partie de la «French Connection» des Sirens de New York, en compagnie des Québécoises Jade Downie-Landry et Elizabeth Giguère.
«Oui c’est sûr qu’on est là pour elle, a mentionné Giguère après le match. Emmy c’est quelqu’un qui est tellement drôle, elle veut tout apprendre, elle veut travailler. Je la connaissais déjà du Cégep, on a joué ensemble. Jade la connaissait et là elles habitent ensemble. Alors c’est sûr qu’on est souvent ensemble. C’est tout le temps le fun d’avoir des Québécoises et de se retrouver. T’es à New York, t’es loin de ta famille, alors c’est sûr qu’on est là pour Emmy. Je pense qu’elle aime ça et elle continue à travailler fort sur la glace.»
Et cette «French Connection» ne serait pas complète sans mentionner les noms du directeur général Pascal Daoust, le directeur du recrutement et des statistiques avancées Christophe Perreault, la responsable des services à l’équipe, Katia Clément-Heydra, de même que la Française et attaquante, Chloé Aurard.
Bref, ça parle français dans la Grosse Pomme!
New York au premier rang
Lors du dernier épisode de mon tout nouveau balado sur le hockey féminin, Sans Restriction Avantage Numérique, que j'anime en compagnie des hockeyeuses Ann-Sophie Bettez et Kim Deschênes, j'ai prédit que les Sirens de New York termineraient au premier rang du classement en saison régulière. Et ce, même si l'équipe avait terminé en dernière position l'an dernier.
C'est que pour moi, plusieurs choses ont changé depuis la saison dernière.
L'équipe a un nouveau personnel d’entraîneurs, dont un nouvel entraîneur-chef, Greg Fargo. La saison dernière, le message d'Howie Draper n'a jamais réellement passé. On faisait jouer les mêmes quelques joueuses au détriment de d'autres qui auraient pu être bénéfiques à l'équipe.
De plus, l'équipe a maintenant un domicile fixe, le Prudential Center à Newark, au New Jersey. L’an dernier, l'équipe a voyagé entre le Connecticut, Long Island et le New Jersey. Entre autres, il n'y avait eu qu'un peu plus de 700 personnes à l'avant-dernière partie de l'équipe au Connecticut. Rien pour motiver les troupes.
Sur papier, l'équipe est encore meilleure cette année. Devant le filet, Corrine Schroeder est très solide. À la défense, cinq défenseuses représentent leur équipe nationale respective (Canada, États-Unis et Suède). À l'attaque, l'équipe a perdu Emma Woods au profit de Toronto, mais a gagné Emmy Fecteau, de même que la Finlandaise et meilleure pointeuse de la ligue féminine de Suède (SDHL), deuxième meilleure ligue féminine au monde, Noora Tulus.
L’influence Sarah Fillier
De plus, à part une gardienne de but, toutes les autres joueuses repêchées, incluant Fecteau, ont été capitaines dans le passé, amenant plus de leadership à l'équipe.
Mais le plus gros changement vient avec l'ajout du choix de première ronde, une autre ancienne capitaine, Sarah Fillier. Si elle avait été disponible lors de la première saison, elle aurait été prise parmi les 18 premières agentes libres.
Sa réputation n'est plus à faire.
Trois championnats mondiaux, une participation aux Jeux olympiques où elle a remporté l'or, en plus d'avoir été nommée la joueuse la plus utile aux championnats mondiaux de 2023.
Si on dit qu'il y a une marche entre le hockey universitaire et le professionnel, cette marche n'existe pas pour Fillier. Jumelée à l'Américaine Alex Carpenter, elle a déjà cinq points en deux rencontres. À ce rythme – et je ne suis pas en train de dire qu'elle va garder une moyenne de 2,5 points par match – mais à ce rythme, elle terminerait la saison avec 75 points.
La saison dernière, Natalie Spooner a remporté le championnat des pointeuses avec 27 points! Seulement deux joueuses, ayant joué au moins 20 matchs, ont maintenu une moyenne d'un point par match ou plus : Spooner (1,13) et Marie-Philip Poulin (1,10).
Même en soustrayant un point par match à Fillier, elle serait bien en avance.
Dans une classe à part
La saison dernière, les meilleures recrues ont été Grace Zumwinkle du Minnesota et Emma Maltais de Toronto, toutes deux avec 19 points en 24 rencontres, soit une moyenne de point par match de 0,79. Quatre recrues plus tard et la moyenne de point par match dégringole à un demi-point par match et moins.
Fillier, 24 ans, est dans une classe à part. Certains voient en elle la prochaine Marie-Philip Poulin. Elle a marqué ses deux premiers buts hier contre Montréal et a été dominante sur la glace. Elle et Carpenter (3 buts et 1 aide) sont le meilleur duo de la LPHF jusqu'à présent. Et je ne pense pas me tromper en disant qu'on va avoir le même discours au quart de la saison, à la mi-saison et à la fin du calendrier régulier.
Sarah Fillier va amener New York en séries éliminatoires... et même plus!
Plus de peur que de mal
Hier soir, la chanteuse des hymnes nationaux, Samantha Neves, une artiste de Gatineau qui a fait les demi-finales de La Voix en 2019, venait de terminer l'hymne américain, lorsqu'au début du penchant canadien, elle a semblé chambranlante. Quelques secondes plus tard, elle a perdu connaissance, faisant quelques pas par en avant, quittant le tapis et tombant sur la patinoire.
L'équipe médicale est immédiatement venue à son secours et Neves a quitté la patinoire en marchant. Elle est correcte. Une chute de pression aurait causé le tout.
Un incident qui aurait pu être bien plus dramatique et une scène qui a fait réagir tout le monde à la Place Bell.
D’ailleurs, je tiens à saluer les 5400 spectateurs sur place. Voyant que la chanteuse ne reprendrait pas sa performance, la foule a continué l’hymne, là où elle l'avait laissé, et l'a mené à terme.
On a déjà vu des chanteurs ou chanteuses faire des chutes et on a déjà vu des foules fredonner un hymne national. Mais les deux, un à la suite de l’autre, de cette façon, je n'ai honnêtement jamais rien vu de tel.
J’espère sincèrement qu’on réinvitera Samantha Neves pour un match de la Victoire. Elle mérite une deuxième chance.