Neuf choses surprenantes à savoir sur le comedy club le plus populaire au Québec
Pour célébrer les 10 ans du Bordel, ses fondateurs viennent de lancer un livre


Raphaël Gendron-Martin
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Ouvert depuis avril 2015, le Bordel Comédie Club a révolutionné le milieu de l’humour au Québec. À l’occasion de la parution d’un livre qui relate la première décennie de cet établissement déjà mythique, Le Journal s’est entretenu avec trois des fondateurs du Bordel: François Bellefeuille, Charles Deschamps et Laurent Paquin. Voici neuf choses à savoir sur le comedy club le plus populaire au Québec.
1. Inspiration à New York
Grand amateur d’humour, François Bellefeuille a montré à sa copine le célèbre comedy club new-yorkais, Comedy Cellar, en juin 2014. Il adorait l’intimité des lieux et le fait que de grands comiques américains puissent y débarquer à tout moment. «Pourquoi on n’a pas ça au Québec?» raconte-t-il dans le livre. Une graine était semée.
2. Des discussions pendant Juste pour rire
Cet été-là, alors qu’il tournait une capsule publicitaire pour les Galas Juste pour rire, Bellefeuille a fait part à Mike Ward de son idée d’ouvrir un comedy club à Montréal. Ward y avait déjà pensé et s’est montré très intéressé. Laurent Paquin, qui entendait les deux humoristes discuter, leur a dit qu’il aimerait aussi se joindre à eux. «On dirait qu’on était dû pour ça», mentionne François.
3. Le refus de Sugar Sammy et Martin Matte
En cherchant d’autres humoristes comme copropriétaires, François Bellefeuille a approché Sugar Sammy et Martin Matte, qui ont décliné. «Sugar est venu écouter le projet. Il était très sérieux et il m’a répondu après y avoir pensé, se souvient François. Ce n’est pas quelqu’un qui est venu souvent au Bordel, finalement, donc je crois que ce n’était pas pour lui. À l’époque, Martin [Matte] ne savait pas s’il reviendrait vers l’humour. Il avait des projets télé.»

4. La recherche exhaustive du bon endroit
Embarqué lui aussi comme copropriétaire, en plus de Martin Petit et de Louis-José Houde, le jeune Charles Deschamps, qui possédait le bar Le Jockey, s’est mis à la recherche de l’endroit parfait pour ouvrir un comedy club à Montréal. «J’allais voir tous les bars à vendre qui avaient un permis de bar à spectacles. J’ai dû voir une dizaine d’endroits», dit Charles. Les copropriétaires ont envisagé acheter La boîte à Marius et Le Petit Medley. Un autre bar sur Masson a aussi été sérieusement considéré, mais l’absence de métro à proximité a joué contre lui.
5. Un vrai bordel en plein cœur du Red Light
Les copropriétaires ont finalement jeté leur dévolu sur le Pub Quartier Latin et ont convaincu son propriétaire, Luc Bélisle, d’y faire des travaux pour installer un véritable comedy club. En cherchant un nom pour le nouveau club, Laurent Paquin a suggéré Le Bordel. Pourquoi? Car l’établissement a déjà été un véritable bordel, en plein cœur du Red Light, de 1920 à 1953.
6. À l’écoute des femmes
Étant tous des hommes, les six copropriétaires du Bordel laissent aujourd’hui beaucoup de place aux femmes dans leur comedy club. C’était moins le cas il y a dix ans. «On a appris à être à l’écoute des femmes, dit Charles. Au début, on n’avait pas de poubelle pour les serviettes sanitaires sur la toilette. Dans la loge, il n’y avait que de la bière. On a ajouté du cidre et d’autres produits. On s’est aussi rendu compte que pour les filles, c’est plus le fun d’être au moins deux par spectacle, parce qu’elles ne se voient jamais. Ça crée un esprit de communauté.»

7. Le coût exorbitant du Bordel 2
Victime de son succès, le Bordel était complet des mois à l’avance pendant des années. Les humoristes-fondateurs ont décidé d’ouvrir une deuxième salle juste à côté, au printemps 2022. Mais alors qu’ils avaient mis 150 000$ pour construire le Bordel 1, la deuxième salle a nécessité un investissement approchant les deux millions, mentionne Bellefeuille. «Ç’a été quelque chose d’énorme, mais on est chanceux parce que les gens sont au rendez-vous. On va finir par se payer, c’est correct.»
8. Un million en cachets par année
En combinant les deux Bordel, ce sont environ 30 spectacles qui sont présentés au public, chaque semaine. Charles Deschamps a calculé que chaque année, un million de dollars ont été remis en cachets aux humoristes invités et aux animateurs. «Il y a des gens qui paient leur loyer avec le Bordel», dit-il.
9. Des offres d’expansion et de documentaire
Le succès instantané du Bordel, en 2015, a suscité de l’intérêt ailleurs au Québec et même outremer. Mais les copropriétaires ont toujours refusé les propositions d’expansion. «Si on avait voulu capitaliser, on aurait déjà créé un [autre Bordel] à Paris, dit François. Les portes étaient ouvertes un peu partout. Mais on aurait perdu le contrôle.» C’est aussi pour ne pas perdre le contrôle qu’ils ont refusé les nombreuses offres de documentaire.
Le livre Le Bordel Comédie Club – Dix ans de rodage est sur le marché.