«Nécessaire de briser la loi»: le militant Jacob Pirro qui a gravi le pont Jacques-Cartier défend son geste

Andrea Lubeck
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Grimper sur un pont et bloquer un pipeline sont-ils des moyens efficaces d'inciter les politiciens à agir à propos de la crise climatique? C’est la question au cœur d’un débat qui a opposé un militant écologiste et un analyste politique sur QUB radio, lundi.
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Le militant du Collectif Antigone Jacob Pirro, qui a récemment escaladé le pont Jacques-Cartier, assure que la désobéissance civile est nécessaire pour faire avancer la cause environnementale.
«On a essayé tous les moyens qui sont légaux. Ça fait des années et des années qu’on essaie de pousser ça au sein des institutions et on remarque que la situation est pire que jamais. On est rendus là. C’est rendu nécessaire de briser la loi quand on se rend compte que la loi protège plus les infrastructures et les industries qui nous empoisonnent que son propre peuple», affirme-t-il au micro de Richard Martineau.
Et pourquoi ne pas faire de la politique pour faire changer les choses?
Parce qu'il y a urgence d'agir, dit-il.
«Le consensus scientifique nous dit qu’on doit agir ici et maintenant. D’ici 2030, il faut qu’on ait réduit nos GES de 45%», insiste Jacob Pirro.
«Une prime au méfait»
Aussi invité à l'émission de Richard Martineau, l’analyste politique Nic Payne a déploré l’attention médiatique accordée aux militants qui brisent la loi.
«Ça donne une prime au méfait. Si tu veux faire parler de toi, casse quelque chose, dérange beaucoup de monde et on va t’inviter», dit-il.
Pour lui, il ne s’agit pas de la meilleure façon de faire parler de la crise climatique.
«La cause environnementale est confisquée par un certain militantisme qui la rend infréquentable pour beaucoup de monde», argue-t-il.
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Un moyen parmi d'autres
Les actions de désobéissance civile ne sont qu’un élément parmi d’autres dans le militantisme environnemental, rappelle Jacob Pirro.
«Je ne pense pas que la désobéissance civile, en soi, soit la seule tactique qui nous permette d’avancer [...] En ce moment, nous, on est un ingrédient et on nous critique de ne pas être la recette au complet», souligne-t-il.
Il fait également valoir que des actions comme barrer des ponts ou un des pipelines gagnent du terrain, même dans la communauté scientifique.
«Ce qu’on perçoit, c’est que même les scientifiques climatiques, qui ont passé des années et des années et des années à étudier la situation, finissent à faire comme nous et commencent à désobéir pour la justice climatique», ajoute-t-il.